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Zone UEMOA : réforme et concentration du système bancaire attendue, selon Standard & Poor’s

Les réformes et la concentration du secteur bancaire dans les pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) devraient améliorer le profil de risques des banques, aujourd’hui élevé.

Standard & Poor’s a publié le 17 mai une étude sur le secteur bancaire des pays de l’UEMOA. Intitulée “Banking in the Western Africa Economic and Monetary Union is high risk but banks are likely to consolidate for the better”, cette étude plutôt sévère préconise pour les 8 pays de l’UEMOA : une augmentation significative du taux de bancarisation à moyen terme et une transformation du paysage bancaire, sous l’effet de l’intensification de la concurrence et de la concentration du secteur. Selon l’agence de notation, les réformes en cours devraient encourager les banques à renforcer leur gouvernance et leur gestion des risques et renforcer la confiance des épargnants et des investisseurs.

Bâle II pas encore appliqué

Plutôt sévère, l’agence considère que « les conditions d’exercice de l’activité bancaire restent difficiles dans les pays de l’UEMOA, notamment en raison la non-application de normes financières internationales et rappelle qu’alors que ces dernières requièrent, par exemple, le passage à Bale III, les banques des pays de l’UEMOA n’ont pas encore mis en œuvre les normes Bale II ».

Le taux de bancarisation reste faible, puisque moins de 5 % de la population de ces 8 pays disposent d’un compte bancaire selon le FMI. Cela devrait s’améliorer avec une augmentation de l’offre et de la demande, notamment grâce à la campagne de sensibilisation menée par la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) auprès des populations rurales.

Concurrence et concentration

Du côté des aspects positifs, Standard & Poor’s note tout de même que le paysage bancaire a fortement évolué depuis 1980. « Aujourd’hui, le secteur est largement dominé par des groupes bancaires panafricains, principalement marocains et nigérians. Les banques de l’UEMOA tentent d’accroître le niveau d’intermédiation financière et d’élargir leur clientèle. Nous estimons que le secteur devrait se concentrer davantage, en particulier par l’intensification de la concurrence entre grands acteurs du secteur, en quête d’une taille suffisante pour assurer le financement et soutenir le développement économique de la région », souligne l’agence.

Des risques élevés

« Nous considérons que les risques liés aux systèmes bancaires de l’UEMOA sont élevés », s’inquiète Standard & Poor’s qui pointe un taux de créances douteuses important et le modeste taux de couverture. Côté positif, la BCEAO et la Commission bancaire, en charge de la supervision des établissements financiers, collaborent afin d’améliorer la stabilité du système financier. « Par ailleurs, les réformes amorcées, dont le premier volet a relevé le niveau de capital minimum des banques, devraient non seulement contribuer à un mouvement de consolidation, mais aussi encourager les banques à renforcer leur gouvernance et leur système de gestion des risques », selon l’étude de Standard & Poor’s.

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