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Youépéné Hermann NAGALO : Une vie d’entreprenariat au service des autres

«Parlez-nous» de votre parcours et formations ?

Youépéné Hermann NAGALO à l’état civil, j’aime me présenter comme conseiller d’entreprise et parfois comme économiste. J’ai une formation en économie et organisation des entreprises et j’ai suivi également des formations professionnelles pour approfondir certaines de mes connaissances, notamment dans le domaine de l’informatique et de la gestion de projets. Je continue toujours à me former chaque fois que l’occasion se présente à moi.

Coté association, j’ai milité dans plusieurs associations de développement dont l’Association Professionnelle des TIC ou j’occupe le poste de secrétaire général. Je suis également président de l’Association Jeunesse & Développement. En 2000, afin d’apporter ma contribution au développement de mon pays, des amis et moi avons créé le Club d’Entrepreneurs Étudiants du Burkina, devenu aujourd’hui l’Association des Clubs d’Entrepreneurs Étudiants du Burkina. A travers cette association, nous avons contribué à la sensibilisation et à la formation des jeunes entrepreneurs et nous avons pu organiser le premier forum sous régional sur l’entrepreneuriat jeunesse qui a regroupé en 2003 les 8 pays de l’UEMOA.

Coté entreprise, j’ai effectué des stages et travailler au sein d’entreprises avant de créer ma première entreprise en 2005 dénommée LANVOL. Depuis 2008, je dirige le cabinet panafricain PILOTES SARL, cabinet spécialisé en organisation des entreprises.

Présentez nous l’entreprise que vous dirigez ainsi que ses réalisations ?

PILOTES SARL est une société à responsabilité limitée qui intervient dans plusieurs pays de la sous-région et dont l’objectif est d’accompagner les entreprises dans leur gestion quotidienne dans des domaines variés tels l’assistance pour monter des projets et réaliser diverses études, le développement des modules de formations adaptés aux petites et moyennes entreprises, l’externalisation des services et surtout le webmarketing.

L’un des volets réussi du webmarketing de notre cabinet est le portail Burkinapmepmi.com. C’est un portail web offrant information, éducation, formation, promotion et visibilité sur internet aux PMEs au Burkina Faso qui est devenu incontestablement un centre d’affaires virtuel dont rêvaient les burkinabè. C’est un portail à la fois pour les travailleurs, les chercheurs d’emplois, les étudiants et élèves et aussi pour les hommes d’affaires nationaux et internationaux. Je vous invite à le visiter régulièrement à l’adresse www.burkinapmepmi.com.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous établir à votre propre compte ? avez-vous contracté le virus de l’entreprenariat ?

Je dirai plutôt que c’est l’amour de l’entrepreneuriat et non un virus. Entreprendre pour moi est aussi passionnant, captivant, motivant et à la fois épuisant que tout ce que l’univers nous a offert jusqu’à présent. Entreprendre demande une meilleure organisation, un savoir être et un savoir faire, plus de travail et de concentration, beaucoup de sacrifice et cela amène forcement à se montrer plus responsable pour affronter la vie. Nos aînés aiment nous dire : « Attention ! On ne vie qu’une seule fois et il faut savoir choisir ses priorités ».

Ces mots ont tout leur sens lorsqu’on décide de créer sa propre entreprise.

J’ajouterai qu’entreprendre pour moi est aussi une façon d’ouvrir la voie à mes jeunes frères car au Burkina Faso, nous n’avons pas d’écoles ou l’on peut apprendre l’entrepreneuriat.

Parler nous des difficultés, et des contraintes que vous avez du surmonter pour concrétiser votre idée d’affaire concernant la création de votre entreprise ?

Dans la vie, « on enfante toujours dans la douleur » pour dire que dans la vie, tout début est difficile. Ma première difficulté fut la peur et la crainte. Nous avons souvent peur d’échouer et crainte de ne pas être à la hauteur de tel ou tel enjeu. On se demande continuellement ce que l’avenir nous réserve. Ce sont de véritables obstacles à l’entrepreneuriat.

Au delà de la peur et de la crainte, il y a les difficultés classiques comme le manque de financement adéquat pour lancer son entreprise, le manque d’opportunités d’affaires et surtout le manque crucial de mentor et de coach d’entreprise. Un jeune qui surpasse son courage et sa crainte pour créer son entreprise à besoin forcement d’un mentor ou d’un coach d’entreprise pour le guider, le galvaniser et surtout le relever dans les moments difficiles qu’il traversera. Nous avons tous besoins de plus fort que nous comme étant une référence.

Burkinapmepmi.com à initié les « Trophées des banques et établissements financiers des PME/PMI au Burkina Faso ». Pouvez-vous nous en parler ?

En effet, la première édition des « Trophée des banques et établissements financiers » initiée par Burkinapmepmi.com, en partenariat avec de nombreuses structures d’accompagnement des entreprises a permis de récompenser les meilleurs banques et établissements financiers qui ont connu des performances exceptionnelles et qui ont su développer des stratégies pour accompagner le développement des pme/pmi au Burkina Faso au cours de l’année 2010. PXR_SDC15116-2.jpg

Comme je l’ai dit tantôt, la croissance et la promotion des entreprises de petites et moyennes tailles (environ 90% des entreprises au Burkina Faso sont des pme/pmi) conditionnent naturellement le développement de toute économie. Or, les objectifs de Burkinapmepmi.com sont de favoriser l’émergence, la promotion et le développement des pme/pmi.

Pour nous, il est donc clair qu’encourager les banques et établissements financiers à travers ces Trophées, revient forcement à leur signifier les attentes des PME/PMI qui sont de plus en plus forte en ces temps de crises économique et financière mondiales.

Il est bien beau de constater que les entreprises les mieux organisées et les plus performantes sont très souvent accompagnées par les banques et établissements financiers. Mais qu’en est-il de ces multiples pme/pmi qui se créent chaque année et qui meurent prématurément par manque d’accompagnement de tout niveau dont l’accompagnement financier. Pour un pays qui se veut émergent d’ici quelques années, il est temps de parfaire le partenariat entre les pme/pmi et les banques & établissements financiers.

Les arguments fusent de part et d’autre pour fustiger ce partenariat entre pme/pmi et banques & établissements financiers.

Les banques et établissements de crédit vous parleront de réglementation bancaire, du manque de fiabilité des documents financiers remis par les entreprises et bien d’autres dysfonctionnements et les pme/pmi vous répondront que les banques sont frileuses, manquent d’expertise pour examiner la fiabilité des projets, et surtout qu’elles refusent des crédits d’investissement, notamment de long terme. Or, ce sont ces derniers qui permettent les financements d’investissements durables et laissent le temps au débiteur de dégager une rentabilité suffisante pour assurer le remboursement du crédit sans puiser dans la trésorerie.

La question : avons-nous vraiment le choix si nous aspirons à un Burkina Faso meilleur ou il faudra développer l’économie, créer de l’emploi, former la population ?

Je le répète, les pme/pmi constituent pour le Burkina Faso et le reste de l’Afrique, la chance de sortir du sous-développement.
Les banques et établissements financiers et les pme/pmi devraient davantage se soutenir, dialoguer et rechercher ensemble les opportunités. Sans cette complicité notre économie sera à la traîne et c’est notre avenir qui sera compliqué.

On aime dire que « ce n’est pas parce que les dents mordent souvent la langue que la bouche doit arrêter d’avaler la nourriture. »

Quelle solution proposeriez-vous pour lutter contre le chômage ?

Pour moi la problématique du chômage doit se poser en terme de réduction et non de lutte du chômage. Je serai tenté de dire que développer les pme/pmi qui sont plus créatrices d’emplois et de richesse permettrait de créer plus d’emplois et réduire ainsi le taux chômage.

Le chômage reste l’un des fléaux majeur du 21ème siècle et l’une des causes des crises à répétition dans certains pays. L’exemple palpable est le cas de la Tunisie et de l’Egypte ou le chômage a atteint un taux record et a fini par contribuer à la révolution arabe. On ne peut réduire efficacement le taux de chômage que lorsqu’on travaille véritablement à promouvoir l’emploi. Promouvoir l’emploi dans un pays voudrait que le Gouvernement définisse une bonne politique économique capable d’inciter plus d’investissement, plus de création d’entreprises, plus d’opportunités d’affaires. Cette politique suppose une bonne formation des jeunes, notamment à l’esprit et à la culture d’entreprise et surtout l’adéquation de la formation aux différents métiers de l’emploi.

Beaucoup d’entreprises se créent chaque année, mais elles meurent instantanément, or si ces entreprises perduraient, elles contribueraient à augmenter le taux d’employabilité.

Alors, pour résumer ma réponse, réduire le taux de chômage au Burkina Faso nécessite que :

  1. Le Gouvernement adopte une bonne politique économique ;
  2. La jeunesse soit suffisamment former à l’auto emploi à travers la création de centres de métier ;
  3. Les jeunes diplômés soient sensibiliser à l’esprit et à la culture d’entreprise et éviter surtout la bureaucratie.

    Cela demande l’implication de tous ; des associations, de la société civile, des universités et écoles, du gouvernement et l’ensemble de ses partenaires.

Quelle analyse faites-vous des initiatives du gouvernement pour promouvoir l’entreprenariat des jeunes et des opportunités d’affaires pour ces jeunes ?

Comme un adage le dit : « Une seule main ne peut ramasser la farine. » Je dirai donc que les initiatives du Gouvernement en matière de promotion d’entrepreneuriat sont tout à fait louables mais il faudra une plus grande synergie d’actions entre le secteur public et le secteur privé.

Il est vrai que le Gouvernement œuvre à la création d’emploi mais il serait prudent de travailler aussi à pérenniser ces emplois acquis durablement et avoir un suivi rigoureux. Il est vrai aussi que beaucoup d’entreprises se créent, mais comme je l’ai dit, ces entreprises ferment également et par la même occasion mettent beaucoup de jeunes aux chômages. Il est impérieux de découvrir les causes de ces échecs et surtout quels mécanismes permettraient de relancer ces entreprises comme le font certains pays développés. Car une personne qui a déjà connu l’échec a plus de chance d’éviter à nouveau l’échec mieux qu’une personne qui n’en a jamais connu. Je voudrais dire par là que le Gouvernement pourrait travailler à relancer ces entreprises qui ont sombrées pour des raisons d’accompagnement.

Pour terminer, je dirai qu’en dépit des progrès déjà réalisés, nous attendons encore plus du Gouvernement.

On dit très souvent qu’un entrepreneur n’a pas besoin de diplômes. En vous basant sur votre propre cas, quelle a été la place des diplômes dans votre parcours et quels sont les autres aptitudes dont vous disposiez qui on fait de vous cet entrepreneur aguerrît ?

Je serai tenté de dire Oui et Non à la fois.

Oui, parce qu’on n’a pas besoin de diplôme pour avoir une bonne idée d’affaires, pour développer une idée intéressante. La création d’entreprise fait appel à une grande passion de la part de l’entrepreneur et cela ne s’acquière pas.

Non, parce que la gestion d’entreprise requiert des compétences avérées et la matérialisation des compétences ce sont les diplômes.
Dans mon cas précis, les deux situations m’ont été utiles. J’ai créé mon entreprise en partant du néant et en ma qualité d’économiste j’ai su apporter une gestion harmonisée et adéquate de l’entreprise.
Les aptitudes sont assez diverses pour un créateur d’entreprise. Dans un premier temps, il faudra avoir l’esprit d’entreprendre, le sens de l’observation afin de déceler les opportunités et avoir de l’ardeur au travail, des connaissances, de la persévérance et surtout de la conviction.

Pour ma part, j’ajouterai qu’il faut aimer ce qu’on fait, aimer le faire pour les autres et aimer Dieu.

Quels sont vos conseils à l’endroit d’un élève ou d’un étudiant désireux de se lancer dans l’entreprenariat ?

Avoir une forte volonté de vouloir entreprendre, une grande capacité à dominer l’échec et se faire suffisamment confiance.

Il devra également avoir une idée de son projet et prendre du temps pour l’étudier sérieusement.

Comme je l’ai dit plus haut, il serait nécessaire de bien se former pour mieux gérer son projet car on réussit mieux que lorsqu’on est soi-même aux commandes.

Il est bien attendu qu’il devra aussi rechercher un meilleur accompagnement tant sur le plan financier que social et avoir le sens de l’observation afin de saisir les bonnes opportunités qui se présenteront à lui

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Un mot sur le journal Jeunesse Academy ?

Je commence par remercier le journal Jeunesse Academy pour cet intérêt porté à ma personne et à ce que fait mon cabinet, et je salus cette initiative de communiquer en milieu académique car nul ne l’ignore, l’information est la clé du savoir et le savoir est le socle de tout développement durable.

Je voudrais vous encourager à persévérer dans ce que vous faites et aussi vous rassurez de mon accompagnement et celui de Burkinapmepmi.com.

La question de l’entrepreneuriat est de nos jours une priorité pour le Burkina Faso et il sied que toutes les parties prenantes contribuent à l’information, la sensibilisions et la promotion à l’entrepreneuriat.
Bon vent à Jeunesse Academy.

Un dernier mot ou un appel à lancer à la jeunesse ?

A la jeunesse de notre pays je dirai simplement que le chômage est de nos jours un fléau qui mine notre société et favorise plus de vices en notre sein. Mais il nous appartient de nous montrer digne en ce sens que nos ainés ont permis la décolonisation de l’Afrique et il nous appartient désormais de conduire l’Afrique vers son indépendance économique. Aucune idée n’est meilleure ni mauvaise, il suffit de croire en ses capacités de réussir et c’est ainsi que nous jeunes pourront contribuer au développement de notre pays. Car sans cela quel avenir pour notre génération.

J’invite tout un chacun à consulter les multiples ressources sur le portail des affaires www.burkinapmepmi.com et à partager son expérience et savoir sur cet espace de communication qui est désormais le votre.

Par Anselme MANO,

Manager Général du mensuel scolaire et universitaire « JEUNESSE ACADEMY »

jeunesse.academy@yahoo.fr

Lire aussi : Burkina Faso : les petites et moyennes entreprises courtisent les banques

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