La traditionnelle rencontre annuelle gouvernement-secteur privé s’est tenue le lundi 19 juillet 2010 à Bobo-Dioulasso. La clôture de la Xe édition de ce cadre de concertation autour de l’« Etat des lieux de l’investissement privé au Burkina Faso, quelles stratégies de relance ? », a rencontré un sentiment de satisfecit des deux parties après les échanges en vue de conforter la place de maillon incontournable qu’est le secteur privé pour une économie prospère au Burkina Faso.
Au-delà de cette tradition entretenue depuis une décennie, entre le gouvernement burkinabè et les animateurs de l’économie nationale, cette rencontre s’est focalisée sur les perspectives d’une relance de l’investissement privé au Burkina Faso. Cette tribune d’expression a permis aux opérateurs économiques dans leur diversité (secteurs d’activités) de poser au gouvernement les problèmes qui freinent l’essor de leurs entreprises.
Ainsi les problèmes de la fiscalité, des transports, du respect des engagements pris par le gouvernement, de la formation professionnelle adaptée aux besoins des entreprises, de la réduction des coûts des facteurs de productions et l’épineuse question de la disponibilité de l’énergie doublée de son accessibilité, ont été évoquées.
En outre, le renforcement des capacités des micro, petites et moyennes entreprises et industries, la constitution d’un fonds de garantie, le soutien aux entreprises en difficulté, la lutte contre la fraude et la corruption, ont entre autres été soumis au Premier ministre et son équipe.
Tour à tour au créneau, les ministres, chacun selon les questions qui l’interpellent, ont apporté des réponses aux préoccupations du secteur privé. En somme, ils ont détaillé les efforts déjà consentis par le gouvernement pour alléger leur fardeau, mais aussi les mesures en cours pour leur venir en aide. Tertius Zongo qui a apprécié la franchise dans les débats, a rappelé les efforts de son gouvernement pour assainir le climat des affaires en vue d’attirer le maximum d’investisseurs et de faire de l’économie burkinabè, une économie émergente.
A l’entendre, la rencontre gouvernement-secteur privé, interface entre les deux partenaires, participe de cette volonté de trouver les stratégies de relance des investissements. Dans ce but, a-t-il dit, les stratégies devront se bâtir autour du renforcement des compétences des ressources humaines par le développement de l’enseignement technique et professionnel, l’amélioration continue du climat des affaires, l’instauration d’une gouvernance fortement orientée aux résultats et la mise en place d’un dispositif institutionnel approprié de coordination et de promotion de l’investissement privé étranger.
« La décision que nous avons prise, d’organiser d’une part, une réunion de validation et de priorisation de la mise en œuvre des recommandations issues de nos travaux et d’autre part, une revue à mi-parcours, donnera l’impulsion nécessaire à la réalisation pleine et entière de ces recommandations », a précisé Tertius Zongo.
Il a cependant appelé toutes les parties prenantes à la mise en place du Fonds de lutte contre la fraude et à s’y impliquer véritablement. Au nom de Oumarou Kanazoé, président de la CCI-BF, Lassiné Diawara, le vice-président a traduit au gouvernement la satisfaction des opérateurs économiques.
« Le secteur privé salue les efforts multiformes déployés jusque-là par le gouvernement, pour assainir l’environnement des affaires et améliorer la compétitivité des entreprises », a-t-il soutenu. Toutefois, il convient de souligner selon lui, que les défis de l’énergie et du financement de l’économie demeurent ,et devront être relevés impérativement, afin que le secteur privé joue pleinement son rôle.
Moustapha SYLLA
Jean-Marie TOE
Des participants à propos de la rencontre
Bakary Sanou, vice-président de la Fédération nationale des petites et moyennes entreprises (FN/PME) : « Nous sommes à notre dixième participation et nous constatons qu’à chaque rencontre, il y a une évolution. On ne peut pas dire que tous les problèmes du secteur privé ont été résolus, mais, il y a un grand progrès.
Notre principale préoccupation, c’est la concurrence sur le marché. On vient de nous dire qu’il faut qu’on soit au diapason, c’est-à-dire nous conformer aux différents documents, pour pouvoir compétir au même titre que les autres. Nous avons bien compris et nous allons tout faire pour avoir les papiers demandés ».
Issaka Kargougou, directeur général de la Maison de l’entreprise : « C’est un sentiment de satisfaction qui m’anime par rapport aux échanges de la dixième rencontre Gouvernement-Secteur privé, dans la mesure où l’esprit de dialogue a abouti à une meilleure compréhension des positions de chacune des parties.
Je note notamment que les deux parties se sont entendues pour un meilleur suivi des recommandations de la rencontre, en mettant l’accent sur les priorités et aussi en procédant à une revue à mi-parcours de la mise en œuvre des dites recommandations.
Il y a ensuite le processus de négociation des contrats d’objectifs qui va se poursuivre avec une amélioration du contenu de ces contrats. Nous espérons qu’avant la fin de l’année, les premiers contrats pourront être signés. Je note également l’engagement du gouvernement à accompagner les entreprises en difficulté comme Dafani, SN-GMB ou BRAFASO.
En matière de relance des investissements, il y a aussi un paquet de mesures qui visent à faire du Burkina Faso, un pays économiquement émergent. Il y a des stratégies à court, moyen et long terme qui ont été adoptées et nous espérons que tout cela pourra rapidement prendre forme à travers une loi d’orientation qui sera adoptée par les autorités.
En ce qui concerne les recommandations de l’année dernière, une bonne partie a été mise en œuvre. Celles qui souffrent de difficultés, c’est la transmission régulière des points. Il y a également l’insuffisance des ressources pour le Comité technique paritaire, mais aussi des préoccupations de fond qui sont soulevées et qui ne peuvent pas trouver de réponse, comme par baguette magique.
Tout ce qui tourne autour de la fiscalité par exemple a été bien noté par le gouvernement, mais cela devrait se faire dans un esprit de conformité avec les textes communautaires et les principes inscrits dans la Constitution, pour un esprit d’équité. Dans ce processus de dialogue, on pourra toujours revenir progressivement sur les préoccupations récurrentes, l’essentiel est que l’esprit de débats francs prévale toujours ».
Mohamed Sogli, PGD du groupe SOPAM, promoteur de BRAFASO : « C’est trop tôt de parler d’espérance. Une telle rencontre donne toujours l’espoir d’être écouté quand on pose ses problèmes. Il y a beaucoup d’espoir que le problème de mon entreprise puisse être résolu par le gouvernement dans la mesure où ils sont tous là, en l’occurrence son excellence monsieur le Premier ministre. J’ai bon espoir que BRAFASO puisse redémarrer par la volonté politique nationale surtout que le gouvernement a promis de trouver des solutions ».
Idrissa Ouédraogo, responsable du bureau d’études ESSOR, consultant pour les contrats d’objectifs : « Les contrats d’objectif ont été mis en œuvre dans le souci de pallier le fait que chaque année on débat des problèmes aux rencontres Gouvernement-Secteur privé et qu’on revenait de façon répétée discuter des mêmes problèmes les années suivantes.
Il était donc nécessaire de voir dans quelle mesure on pouvait identifier les problèmes essentiels du secteur privé et essayer de trouver une solution ou des propositions de solutions. Dans ce cadre, il fallait peut-être un nouveau type de partenariat entre le secteur privé et le gouvernement dans la mesure où le gouvernement mettrait à la disposition un certain nombre d’avantages comme d’habitude.
Mais en retour on demande au privé aussi de prendre des mesures qui permettent de favoriser la relance de l’économie. Il s’agit notamment des aspects de l’emploi, les investissements que le privé croit non rentables, etc. C’est donc un contrat gagnant-gagnant. Nous avons essayé de mettre les types d’engagements que l’Etat peut prendre aux plans financier, fiscal, réglementaire et sur le renforcement des capacités.
Le secteur privé aussi prend des engagements notamment la création d’emplois, le respect de la réglementation, le respect du paiement des impôts. Il y a donc les obligations des deux parties. On a aussi proposé des comités de pilotage ou de mise en œuvre et de suivi.
Naturellement, l’économie s’en portera mieux dans la mesure où la signature du contrat donne certaines faveurs fiscales aux investisseurs privés. Cela va booster la production qui accroîtra le Produit intérieur brut et tout naturellement il y aura une redistribution des revenus contribuant ainsi à réduire le chômage »..
Propos recueillis par MS & JMT
Source : sidwaya.bf




