La Xe rencontre gouvernement /secteur privé se tient ce lundi 19 juillet 2010 à Bobo-Dioulasso sous le thème : « Etat des lieux de l’investissement privé au Burkina Faso : quelles stratégies de relance ? ». Cet important face-à-face nous a permis de rencontrer certains opérateurs économiques exerçant dans la cité de Sya. Ils évoquent les changements constatés dans le milieu des affaires depuis l’année dernière et expriment leurs attentes pour les échanges en vue.
El Hadj Djandjinaba Barro, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bobo-Dioulasso (CCIB) :
« Je ne cesserai de le dire, la rencontre gouvernement/secteur privé est une opportunité pour nous les opérateurs économiques. Depuis la dernière rencontre gouvernement/ secteur privé de 2009, j’ai constaté que l’Etat a fait des efforts pour diminuer les charges fiscales des entreprises, même si beaucoup reste à faire. Pour les échanges de cette année, je souhaiterai en savoir plus sur le barrage de Samendéni dont la construction a démarré. J’espère que la question de la construction des routes sera suffisamment abordée quand on sait que c’est un aspect important dans le développement des affaires ».
Isabelle Garango, directrice générale adjointe de SAP Olympic :
« A mon avis, l’Etat a, depuis la dernière rencontre gouvernement/secteur privé, fait des efforts en faveur des industries. J’en veux pour preuve la mise en place d’un programme de restructuration et de mise à niveau des entreprises en difficulté. Cette initiative est à saluer à sa juste valeur dans la mesure où nos sociétés sont confrontées actuellement à la hausse des prix des matières premières, à la fraude et à la contrefaçon. Il y a aussi de l’amélioration dans le domaine de la fiscalité.
Les acomptes sur le Bénéfice industriel et commercial (BIC) ont été supprimés. Il y a certes, des efforts qui sont faits mais l’Etat gagnerait surtout à assainir le milieu des affaires en évoluant carrément vers le secteur formel même si l’informel permet d’avoir un bon Produit intérieur brut (PIB). Un pays ne peut pas se développer sur la base d’une activité qui n’est pas formalisée.
Pour la rencontre gouvernement/secteur privé de cette année, je m’attends à ce que la question de la normalisation du secteur informel soit abordée dans la perspective d’une concurrence loyale ».
Mamadi Camara, président du Groupement des transformateurs de produits oléagineux du Burkina (GTPOB) :
« Depuis l’année dernière, je n’ai pas constaté de grands changements, allant dans le sens de nos aspirations surtout en matière de fiscalité. Seulement je me réjouis d’une action du gouvernement concernant le secteur de l’huilerie. Etant donné que nos unités ont été interpellées parce que nos huiles contiendraient du gossypol, une substance nocive présente dans l’huile de coton, l’Inspection générale des affaires économiques, a prélevé des échantillons de nos produits, pour des examens.
Le résultat a montré que nos produits ne contiennent pas ladite substance. Nous en sommes blanchis et c’est tout à notre honneur. Cette satisfaction seule nous suffit comme grosse action issue de la rencontre de l’année dernière. Pour le face-à-face en vue, nous attendons de l’Etat qu’il renforce ce cadre de concentration entre le gouvernement et le secteur privé ».
Abdoulaye Nabolé, Directeur général de la Filature du Sahel (FILSHA) :
« Le constat est que depuis l’année écoulée, l’économie burkinabè a connu beaucoup de réformes, notamment en termes de création et de soutien aux entreprises et de fiscalité. Toutefois, il y a encore fort à faire. Je pense à la réduction du coût de l’énergie qui est insupportable pour les entreprises et au respect des textes juridiques. Je nourris l’espoir que ces deux questions qui me sont chères seront abordées ».
Souleymane Guira, DG de la Société universelle de commercialisation et de transformation des produits oléagineux (SUCOTROP) :
« A ma connaissance, il y a eu de grands changements depuis la rencontre gouvernement/secteur privé de 2009. Il y a eu des abattements fiscaux. Par exemple, pour l’augmentation du capital, il fallait payer des taxes, ce qui ne se fait plus maintenant. En ce qui concerne la rencontre de cette année, je voudrais que l’Etat consente à poursuivre ses efforts en faveur de l’industrie.
Un secteur qui est pourvoyeur d’emplois. Je souhaiterai aussi que le gouvernement fasse des concessions sur l’importante question de la réduction du coût de l’énergie. Toute chose qui nous permettra d’être compétitifs vis-à-vis de l’extérieur ».
Dr Harouna Sanon, président du Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens de Bobo-Dioulasso :
« Au niveau du secteur pharmaceutique, l’éternel problème auquel nous sommes confrontés c’est la vente illicite des médicaments de rue. A la rencontre gouvernement/Secteur privé de l’année dernière, nous en avons parlé, mais grand chose n’a pas changé. Malgré les efforts de l’Etat, on a l’impression que ce phénomène prend de l’ampleur. De fait, nous nous attendons à ce que le gouvernement revienne encore sur la question du circuit parallèle de médicaments, dans l’espoir qu’une solution soit trouvée.
Il y a une autre préoccupation que nous venons de noter avec le récent lancement de la campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées par le ministère de la Santé. Ces moustiquaires étaient disponibles au niveau des officines, qui s’étaient déjà approvisionnées dans l’optique de satisfaire les populations pendant l’hivernage. Ce qui cause du coup un problème. Il aurait fallu que le secteur privé soit consulté avant le lancement de la campagne. Nous interpellerons le gouvernement là-dessus ».
Propos recueillis par Kader Patrick KARANTAO
Source : sidwaya.bf




