Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a visité l’usine de production de bière et de boissons fruitées réalisées par la société les Brasseries du Faso (BRAFASO) à Silmissin (Komsilga), le mardi 13 septembre 2011. Le chef du gouvernement a promis le soutien du gouvernement au promoteur, Pangueba Mohamed Sogli, dont la société est sous le coup d’une liquidation judiciaire.
« Je suis étonné de voir qu’on n’ait pas pu empêcher la liquidation judiciaire de BRAFASO ». Ce sont les premiers mots du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, à l’issue de la visite des installations. Sans faire fi de cette décision de justice intervenue en appel le 12 août dernier, le chef du gouvernement a sa conviction : aucun développement dans un pays n’est possible sans l’industrialisation. Et c’est cette vision du promoteur qu’il a saluée, estimant que contrairement à nombre d’opérateurs économiques qui prospèrent dans le commerce général ou l’import-export, Pangueba Mohamed Sogli a pris des risques. Au regard de tout cela, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement est prêt à le soutenir. Faut-il comprendre une entrée dans le capital de la société ? Si l’homme d’affaires arrive à trouver un terrain d’entente avec ses créanciers (à qui il doit 20 milliards de F CFA), il lui faudra encore trouver 6 milliards de F CFA pour acheter les matières premières de démarrage et pourvoir aux autres postes de fonds de roulement (salaires, fournitures diverses et frais de lancement). C’est donc le nerf de la guerre qui fait gravement défaut ; sinon, la brasserie est techniquement prête à entrer en activité, selon son patron. Sa capacité de production, qui est 500 000 hl/an de bière de 21 variétés et de 58 millions de bouteilles de boissons gazeuses, devrait même en faire l’une des brasseries les plus grandes de la sous-région. Si le promoteur compte sur l’Etat pour le sortir de cette mauvaise passe, c’est parce qu’il estime que son initiative « est avant tout une contribution majeure à la densification de notre tissu industriel et à la création d’emplois ». En effet, BRAFASO a des perspectives d’emplois directs de 600 personnes et de 30 000 emplois indirects. Qu’en est-il de la procédure judiciaire ? Selon l’avocat de l’homme d’affaires, Me Jean Charles Tougma que nous avons rencontré sur les lieux, la Cour de cassation a été saisie pour surseoir à la décision de liquidation judiciaire. En attendant, il a relevé que les banques savaient que la BRAFASO ne pourrait rembourser ses prêts qu’après son entrée en production. Ce qui est incompréhensible, selon lui, c’est le fait que le chef de file du pool bancaire, la BIB/UBA, décide de retirer son soutien au promoteur en ignorant la convention de restructuration.
La fiche d’identité de BRAFASO S. A
– Date de création : 2002
– Capital : 6 milliards de F CFA
– Investissement réalisé : 35 milliards de F CFA
– Activités : production, distribution et commercialisation d’eau minérale, de boissons gazeuses, de bière en sachets, en bouteilles en PET et en verre ; production, distribution et commercialisation de glaces alimentaires ; distribution et commercialisation d’aliments de bétail (drêche).
– Financement : banques= 20 milliards de F CFA ; fonds propres= 20 milliards de F CFA ; besoins pour démarrage= 6 milliards de F CFA.
Dayang-ne-Wendé P. SILGA
Le Pays




