La circulation automobile ne cesse de se densifier dans les villes africaines au point qu’un grand nombre d’entre-elles étouffent sous les embouteillages. Cependant jusqu’à maintenant, très peu des véhicules qui roulent en Afrique sortent des usines locales.
Mais la situation évolue. De la conception à l’assemblage des pièces détachées, de plus en plus de pays se lancent dans l’aventure de l’industrie automobile.Des politiques d’industrialisation pour appuyer la croissance économique
Les pays africains devraient dès maintenant se doter de politiques industrielles nationales pour appuyer leurs décollages économiques. Actuellement, l’Afrique sort de ses rares usines moins de 1 % de la production manufacturière mondiale. Alors que de nombreux pays voient leur économie bénéficier des retombées de l’exploitation des ressources naturelles, de leurs réformes et des investissements étrangers directs, il incombe aux gouvernements de faire naître ou renaître le secteur industriel, promesse de richesse, d’indépendance, et de lutte contre un chômage qui est un des handicaps du continent.
A l’instar des pays d’Asie qui favorisèrent des plans industriels ambitieux, il est donc urgent pour l’Afrique de faire de même.
L’Afrique abrite surtout des usines d’assemblage
L’Ethiopie a lancé sa marque nationale: Holland Car est le fruit d’un projet éthiopien, mené par Tadesse Tessema, qui avait commencé dans l’import-export de véhicules avant de tenter l’aventure de l’assemblage sur un mode international. Aidé par les Pays-Bas qui a investi massivement dans ce projet, les modèles de voitures ont été conçus en Chine, d’où viennent aussi les pièces. A ce stade, la Holland Car n’est donc pas encore totalement “made in Africa” sur toute la ligne de fabrication et de conception, les usines éthiopiennes abritent surtout des chaînes d’assemblage qui produisent six véhicules par jour, en attendant mieux.
Les usines d’assemblage ne sont d’ailleurs pas si rares sur le continent. Peugeot a longtemps sorti la célèbre 504 de sept usines africaines, dont celle de Kaduna, au Nigéria, qui a produit jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires par an dans les années 1980. En revanche, les tentatives pour créer des voitures de toutes pièces ont été rares. Juste avant que le vent du « printemps arabe » ne souffle en tempête en Libye, Mouammar Kadhafi avait lancé une voiture baptisée « Missile » ou « Fusée », dont l’allure agressive n’a pas dépassé le stade du prototype. Elle avait été mise au point par des concepteurs italiens.
Des voitures africaines sur le marché international
Malgré tout, l’Afrique du Sud est l’un des seuls pays qui conçoit et développe des voitures. Le secteur automobile est un géant qui contribue à environ 7,5% au PIB du pays et qui emploi environ 36 000 personnes. Pour le gouvernement, le secteur automobile constitue une part essentielle de la croissance. L’Afrique du Sud exporte actuellement des véhicules vers plus de 70 pays, principalement le Japon, l’Australie, le Royaume-Uni et les USA. Les destinations africaines d’exportation comprennent l’Algérie, le Zimbabwe et le Nigeria.
Dans les années 1980, une voiture 100% africaine a également failli voir le jour. La Nyayo avait été exigée par l’ex-président, Daniel Arap Moi, en 1986. Cette voiture s’inscrivait dans un ensemble de créations destinées à appuyer le contenu idéologique du pouvoir présidentiel. Les ateliers de la Compagnie nationale de chemins de fer, mais aussi de l’armée, furent mis à contribution pour fabriquer les pièces destinées à monter les prototypes très aboutis de la Nyayo, qui firent des pointes à plus de 120 km/heure sur la route de Mombasa. Mais le projet n’aboutit jamais. Cependant, les ouvriers kenyans ont continué de monter des Land Rover, des Mitsubishi et des Peugeot.
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