APA-Dakar (Sénégal) Le professeur agrégé de droit des affaires Abdoulaye Sakho de l’Université Cheikh Anta Diop a dressé un bilan mitigé de la pratique de l’OHADA en Afrique, a constaté samedi APA à l’occasion d’un colloque organisé à Dakar par l’Union internationale des avocats sur le thème « droit et pratique des affaires internationales en Afrique : l’apport de l’OHADA ».
Selon le professeur Sakho, le traité de Port Louis qui a mis en place l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) entendait mettre en place un droit des affaires harmonisé, simple, moderne afin de faciliter l’activité des entreprises. Après plus de dix ans de pratique, on peut se poser la question de savoir où est qu’on est arrivé avec cet objectif, s’est-il interrogé ?
Pour ce faire, il a abordé quelques normes juridiques produites par l’OHADA.
Concernant le cadre juridique propice à l’épanouissement de l’investissement à savoir les différents types de sociétés ainsi que le GIE (Groupement d’intérêt économique), M. Sakho estime que ce système est mitigé. Il est d’avis « qu’on n’a pas tout utilisé ».
Le professeur poursuit, affirmant qu’il y a des sociétés comme la société en commandite par action qui a été supprimée dès le départ par l’Ohada. Le principe, personne ne l’a expliqué.
M. Sakho soutient en outre que l’OHADA a essayé d’instrumentaliser le GIE dans sa forme la plus achevée possible. Mais, avance-t-il, « les GIE qu’il y a en Afrique, c’est beaucoup plus des regroupements de chômeurs que des groupements d’activités ».
A coté de cela, l’Ohada a essayé de mettre en place un système fiable d’information. C’est ce qui explique la création du registre du commerce et du crédit mobilier. Le professeur Sakho ne croit pas que ce système soit bon car « dans le projet de modification de l’acte uniforme, on va créer deux types de registre. Il y aura un registre du commerce et un registre pour recueillir les suretés.
Il y a des propositions qui sont en train d’être faites pour montrer que le système peut être amélioré ».
Par ailleurs M. Sakho s’est demandé si l’acte uniforme sur le droit comptable a permis aux opérateurs économiques, leurs partenaires ou ceux qui travaillent avec eux d’avoir la meilleure information possible pour prendre des décisions ?.
Sur un autre registre, le professeur Sakho estime que l’OHADA a essayé de régler le droit des faillites avec les actes uniformes sur les garanties et le recouvrement.
« On a de grosses difficultés concernant le recouvrement des créances aujourd’hui. Les textes sont relativement bien écrits mais du point de vue de l’application, ça pose problèmes », déplore l’agrégé de droit.
Source : afriqueavenir.org




