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un collectif d’ONG condamne le contrat pétrolier sino-nigérien

Alors que le Niger s’apprête à inaugurer sa première raffinerie le 28 novembre prochain, le groupe de réflexion sur les industries extractives (GREN) et le réseau d’organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB) ont exhorté, jeudi 17 novembre, le gouvernement de réviser le contrat conclu en 2008 avec la Chine.

Suite au putsch de 2010, les autorités militaires, au sommet de l’Etat nigérien, ont procédé à la révision des contrats signés entre l’ancien régime et les multinationales dont, entre autre, le contrat sino-nigérien de construction de la raffinerie de Zinder et d’installation des oléoducs.

Les ONG dénoncent une surfacturation des infrastructures pétrolières situées dans la région de Diffa à Agadem construites par la Compagnie nationale du pétrole de Chine (CNPC). Ali Idrissa, coordinateur du réseau ROTAB évoque lors d’un entretien avec RFI, « des implications graves, des commissions qui ont été rétrocédées dans le cadre de la signature de ce contrat ». Il déclare qu’aujourd’hui « la raffinerie coute 980 millions de dollars, au lieu de 600 millions comme prévu », ce qui était déjà plus élevé que d’autres raffineries comportant pourtant plus d’options. C’est le cas de la raffinerie du Tchad dont la valeur n’excède pas 535 millions de dollars.

Or, ces coûts ont des conséquences importantes sur les prix du pétrole, jugés encore trop élevés, même si le litre d’essence est récemment passe de 670 FCFA à 570 FCFA et le gasoil, de 679 à 577 FCFA, selon les prix à la pompe publiés par le ministre nigérien du Pétrole et de l’Energie, Pierre Foumakoye Gado.

Les ONG mettent notamment l’accent sur les graves difficultés financières déjà subies par les Nigériens avec une forte hausse du prix des céréales ainsi qu’une crise alimentaire. Elles ajoutent d’ailleurs que les prix de l’essence sont inférieurs dans les pays voisins.

Eu égard à ces constatations, Ali Idrissa déclare que les ONG réclament « un audit indépendant de tous les coûts de réalisation des infrastructures surfacturées par la CNPC et aussi le respect des engagements vis-à-vis des populations, en les indemnisant par rapport à l’expropriation de leurs terres.» Il avance deux hypothèses quant à l’implication de l’Etat dans ce contrat réellement déséquilibré : « ou bien le gouvernement est complice, ou le gouvernement doit dénoncer ce contrat et ramener les Chinois autour de la table pour une renégociation, pour un partenariat gagnant-gagnant ».

Agence Ecofin

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