lundi, octobre 5, 2026
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Trouver des financements

A ce stade de votre projet, vous devez réunir les capitaux nécessaires au financement des besoins durables que vous avez identifiés dans les étapes précédentes. Le financement correct d’un projet est une des conditions de pérennité de votre future entreprise !
Il est donc pour vous désormais essentiel d’identifier les différentes ressources financières adaptées à chaque type de besoins.

I. Quelques explications préalables sur les besoins et ressources durables

– Qu’appelle-t-on « besoins durables de financement » ?

Il s’agit :

  • des frais d’établissement : honoraires de conseil juridique, de fiscaliste, de conseil en brevet, frais de constitution de l’entreprise, éventuellement frais de première publicité, etc.
  • des investissements : achat ou la construction d’un local, frais d’installation, acquisition de machines, de matériels, de véhicule, d’un ordinateur, d’un pas de porte ou droit au bail, etc.
  • des dépôts et cautionnements à verser : par exemple les loyers versés en garantie pour le local,
  • du Besoin en fonds de roulement (BFR).

Cette dernière notion (BFR) n’est pas simple à appréhender… Elle est pourtant fondamentale car il s’agit du montant d’argent que vous utilisez en permanence :

  • pour l’achat et la détention du stock nécessaire (à tout moment) au fonctionnement normal de votre entreprise (montant diminué des facilités de paiement consenties en permanence par les fournisseurs),
  • et pour pouvoir accorder des délais de paiement à vos clients.

En effet :

  • si vous devez avoir en permanence un choix important à proposer à votre clientèle,
  • si vous devez travailler pendant plusieurs jours (voire plusieurs semaines) avant de pouvoir émettre des factures,
  • ou encore, si vous devez consentir, pour chaque vente, un délai de paiement à votre client, la notion de BFR prend une importance cruciale pour la pérennité de votre entreprise.
    Une sous-estimation du BFR ou un mauvais financement préalable de celui-ci entraînera obligatoirement des problèmes de trésorerie à court terme.

– Qu’appelle-t-on « ressources financières durables »

On distingue deux catégories de ressources durables :

  • les capitaux propres, composés de vos apports personnels et de ceux de vos associés, complétés par les primes ou subventions d’investissement éventuelles,
  • les emprunts à moyen ou long terme.

Remarque : les opérations de crédit-bail, consistant à mettre à la disposition de l’entreprise un bien nécessaire à son activité sous forme d’une location, suppriment le besoin durable et donc la ressource financière nécessaire pour l’acquérir.

II. Panorama des moyens de financement

Types de financements Sources de financements
Épargne personnelle vous ; vos associés
Aides ou subventions à la personne l’Etat : prêt sans intérêt ; les collectivités locales ; les fondations
Prêt d’honneur, c’est à dire sans garanties, et crédit solidaire les plates-formes d’initiative locale ; le réseau Entreprendre ; les collectivités locales ; les autres organismes de prêts d’honneur ou de développement économique, les fondations ; certains employeurs, dans le cadre de l’essaimage …
Prêt bancaire personnel certaines banques commerciales
Participation dans le capital Organismes de capital risque ; Clubs d’investisseurs ; Investisseurs individuels ..
Primes, subventions à l’entreprise l’Etat ; les Collectivités locales
Prêts à moyen/long terme à l’entreprise les établissements de crédit (banques) ; les Sociétés de reconversion
Crédit-bail les banques ; les organismes spécialisés

– Votre épargne personnelle

L’apport personnel est indispensable pour :

  • inspirer confiance aux tiers, en particulier lors d’une demande de crédit,
  • autofinancer certains besoins durables écartés par les banques : frais d’établissement, investissements incorporels autres que le fonds de commerce, 30 % du prix des investissements physiques, et souvent le Besoin en fonds de roulement.
  • Votre apport personnel peut être constitué, au préalable, progressivement en souscrivant dans une banque, qui vous permettra ultérieurement de solliciter un prêt pour créer votre entreprise.

– Les aides et subventions « au créateur »

Elles sont essentiellement distribuées par l’Etat ou par les collectivités locales.
Cependant, certaines fondations, associations ou autres organismes aident des créateurs sélectionnés (lauréats) en leur accordant un don ou une bourse.

– Les prêts d’honneur

Ils permettent de compléter l’apport personnel. Certains organismes extra-bancaires attribuent des prêts d’honneur sans exiger de garanties. Ces prêts sont généralement accordés à taux nul ou à taux réduit.
De même, quelques banques accordent des prêts à des conditions minorées, souvent à l’occasion d’accords passés avec des structures s’occupant de créations d’entreprise : clubs de créateurs d’entreprise, boutiques de gestion, organismes de développement économique local, ….
Enfin, certains employeurs accordent des prêts aux salariés souhaitant quitter leur emploi pour créer une entreprise (essaimage).

– Les prises de participation au capital

Si vous créez une société, vos proches (parents et amis) peuvent souscrire au capital.
De même, les clubs d’investisseurs ou les associations, peuvent prendre une participation au capital de votre société pour des montants généralement modestes.

En dehors de ces deux cas, il faut savoir que ce type de financement ne concerne que les sociétés créées dans certains types d’activités.
Très peu d’entreprises peuvent recourir au capital-risque, qui consiste en une prise de participation temporaire et minoritaire par un organisme spécialisé dans ce type d’interventions et dont la rémunération correspondra la plus-value dégagée lors de la revente des titres souscrits. En effet, la sélection des projets par les sociétés de capital-risque est extrêmement rigoureuse.

Les « leveurs de fonds » facilitent cette recherche de capitaux : ce sont des professionnels qui, moyennant rémunération, basée en général sur un pourcentage des fonds obtenus, aident au montage des plans d’affaires (business plans) et les présentent à des investisseurs, avec qui ils ont des contacts très suivis (sociétés de capital-risque, business-angels, …).

D’autres opérateurs organisent périodiquement des rencontres (évènements médiatiques) entre des porteurs de projets qu’ils sélectionnent et des investisseurs.

– Les primes et subventions « à l’entreprise »

La plupart de ces aides financières concernent la création d’entreprises innovantes.

Les subventions ne peuvent être prises en compte pour financer les premiers besoins durables de la nouvelle entreprise. En effet, elles ne sont généralement perçues que plusieurs mois après le commencement de l’activité et souvent une partie du paiement de la subvention est conditionnée à la réalisation préalable de certains engagements (investissements, embauches, …).
Il est toujours possible d’essayer d’obtenir un crédit-relais bancaire pour disposer des fonds dès la notification de l’attribution de la subvention ou bien de tenter de caler le paiement de certains investissements de départ sur la date probable de perception de ladite subvention, mais l’exercice est dans le premier cas difficile et risqué dans le second !

– Les prêts à moyen et long terme

Ce que vous devez savoir :

  • Sans qu’il y ait de règle absolue, les banques habituellement ne financent qu’à hauteur de 70 % du montant HT les investissements physiques, le fonds de commerce s’il y a lieu et, éventuellement mais souvent avec réticence, le Besoin en fonds de roulement.
  • Par ailleurs, le banquier limite fréquemment son engagement à hauteur de la mise du créateur : il considère que les fonds propres doivent au moins égaler l’emprunt sollicité.
  • La durée maximale des prêts est fonction de la durée fiscale d’amortissement des biens financés.

– Le crédit-bail

Mobilier ou immobilier, le crédit-bail permet de financer à 100 % un bien professionnel.
Juridiquement c’est une location assortie de la possibilité de devenir propriétaire du bien loué au plus tard en fin de contrat pour un prix fixé d’avance tenant compte pour partie des loyers versés.

Pendant la durée du contrat de crédit-bail, le bien financé n’est pas inscrit au bilan de l’entreprise.
Cette formule, sécurisante pour les crédit-bailleurs qui restent propriétaires des biens financés, permet une certaine souplesse.
Ce type de financement est un peu plus cher que le crédit classique et moins intéressant depuis que les crédit-bailleurs imposent le versement d’un dépôt de garantie ou un premier loyer important dans le barème de location.

Toutefois, le crédit-bail présente l’avantage important d’éviter le problème de la récupération de la TVA payée sur les investissements de départ.

– Les dispositifs de cautionnement en faveur du créateur d’entreprise

En principe, les banques ne prêtent pas sans exiger des garanties : d’abord sur les biens financés (hypothèque, nantissement, gage), ensuite, selon le cas, par des cautions personnelles.
Si, après analyse de votre dossier, les garanties présentées sont jugées insuffisantes, votre dossier risque d’être refusé sauf à prévoir d’autres sûretés.
Exemple : la prise en charge partielle du risque de la banque par un organisme tiers : fonds de garantie ou société de caution mutuelle.

Malheureusement, il arrive que les banquiers connaissent mal les dispositifs de garantie, ne pensent pas toujours à les utiliser et donc refusent un dossier qui aurait pu être financé grâce à une minoration du risque de celui-ci.

III. Recommandations

Les banques ayant actuellement une attitude réservée envers les créateurs, pour espérer convaincre un banquier, vous devrez :

  • avoir un bon dossier : complet, précis, concis, clair, soigné et vendeur. Utilisez pour cela des cabinets spécialisés.
  • être crédible en maîtrisant toutes les notions du dossier, en particulier les concepts essentiels de la partie financière : savoir ce que représente un BFR, ce qu’est un compte de résultat, un plan de financement, un plan de trésorerie, etc.
  • avoir préparé la négociation,
  • vous être entraîné plusieurs fois à bien présenter oralement votre projet.
  • En cas de crainte sur l’obtention d’un crédit à cause de garanties trop faibles, il ne faut pas hésiter à prendre l’initiative de rechercher une prise en charge du risque auprès d’un dispositif de garantie.

Le point de vue du banquier

Il n’existe pas de normes prédéfinies. Mais, à la Banque, nous sommes très attachés au principe d’un apport minimal. En effet, en apportant des fonds personnels, même minimes, la créatrice ou le créateur d’entreprise prouve sa capacité à croire en son projet, à convaincre son entourage du bien-fondé de ce dernier, ou encore a anticiper son financement par de l’épargne. C’est un élément qui ponctue un comportement, une volonté, et donc qui crédibilise le projet.
Concernant le montant de cet apport personnel, tout dépend naturellement du projet et de sa solidité. Un apport faible pourra être compensé par un engagement en garantie qui témoigne également d’une implication personnelle.
Bien entendu, un ratio de 30 % d’apport personnel sera très apprécié car c’est aussi une réserve pour l’entreprise. Mais cela ne doit pas faire reculer les personnes qui ont très peu d’apport mais un bon projet, et qui ont la capacité et la détermination de le mener à bien.

Extrait de apce.com

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