Le président du Faso, Blaise Compaoré, a procédé, ce lundi 13 février 2012 à Ouagadougou, à l’ouverture officielle de la triennale de l’éducation et de la formation. La rencontre ayant pour thème : « Promouvoir des connaissances et qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique : comment édifier et concevoir une réponse efficace des systèmes d’éducation et de formation ? », regroupe dans la capitale burkinabè, l’ensemble des acteurs de l’éducation.
C’est en présence des chefs d’Etat du Burkina Faso, Blaise Compaoré, du Niger, Mahamadou Issoufou, du Mali, Amadou Toumani Touré, de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara et des représentants des présidents béninois et rwandais ainsi que de nombreuses personnalités que s’est ouverte la triennale 2012 de l’éducation et de la formation.
Ainsi, jusqu’au 17 février prochain, les acteurs du système éducatif sous, l’égide de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et le ministère burkinabè de l’Education nationale vont mener des réflexions sur la nécessité d’entreprendre des réformes afin de faire de l’Education et de la formation, des éléments-clés du développement de l’Afrique. « L’éducation est l’arme la plus puissante que nous pouvons utiliser pour changer la société ». Cette assertion de l’ex-président sud-africain, Nelson Mandela, trouve tout son sens, selon le président du Faso pour qui, l’importance de l’éducation dans l’évolution des Etats africains n’est plus à démontrer. « Dans un contexte de mondialisation marqué par une compétition farouche d’économies basées sur le savoir (…), les pays africains doivent opérer les ruptures qui s’imposent et inventer de nouvelles plages d’interventions fertiles pour la mise en œuvre effective de leurs politiques de développement », a affirmé le président du Faso, Blaise Compaoré.
Il a indiqué que c’est ce à quoi s’attelle le « pays des Hommes intègres » en adoptant la vision prospective Burkina 2025 ainsi que la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) pour la période 2011-2015. La Ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA), Koumba Boly/Barry, a situé l’enjeu de cette triennale, celui de savoir comment les pays africains doivent concevoir et mettre en œuvre, dans les contextes actuels et futurs, des réformes et des innovations transformant les systèmes d’éducation et de formation en vue de produire des compétences pour un développement durable. Selon elle, si l’être humain a pu conquérir la science et la technologie, améliorer considérablement son existence grâce au savoir, savoir-faire, savoir-être et au savoir-vivre ensemble qui ont progressivement transformé les sociétés, « c’est dire que l’éducation et la formation participent de manière indéniable à l’autonomisation et au développement durable des peuples et des individus ». Elle a indiqué que depuis 1995, il y a un accroissement des taux bruts de scolarisation dans la majorité des Etats africains, mais que des défis persistent : parmi lesquels, le faible niveau d’instruction de la majorité des adultes, la faible maîtrise des apprentissages par plus de la moitié des apprenants et apprenantes et l’inadéquation des contenus éducatifs et de formations aux besoins évolutifs des sociétés et aux attentes des individus. Or, a-t-elle souligné, la mondialisation n’est plus une simple option mais un impératif exigeant une société de savoir, d’apprentissage et d’innovation technologique, pour être compétitif voire pour survivre. Ainsi pour la sous-directrice générale au département Afrique a l’UNESCO, Lalla Ben Barka, l’explosion du nombre de jeunes en Afrique rend plus urgente la nécessité d’allier éducation, formation et emploi. Si pour elle, l’Afrique a fait un certain nombre de progrès dans le domaine de l’éducation tels que la progression des taux de scolarisation dans le primaire d’un tiers, la réduction des écarts entre les sexes et un nombre croissant d’enfants passés de l’enseignement primaire au secondaire, « c’est la preuve que le changement est possible ».
Mais qu’à cela ne tienne, les défis sont considérables, « nous sommes encore loin d’atteindre les objectifs fixés et nous devons combler plusieurs déficits », a affirmé Lalla Ben Barka. Entre autres, un déficit d’accès à l’école étant donné que 43% des enfants non scolarisés dans le monde vivent en Afrique subsaharienne, 2/3 des enfants d’Afrique n’ont pas accès à l’enseignement secondaire, les filles souffrent d’inégalités massives et l’impact des conflits armés qui sont un obstacle majeur à la réalisation de l’éducation pour tous. Et de confier que « nous devons faire face à un deuxième déficit, celui de la qualité de l’éducation ». Parmi les éléments liés à ce facteur, il y a que nombre d’enfants quittent l’école avec un bagage insuffisant ou des compétences qui ne leur permettent pas d’intégrer la vie active. Le manque de financements est par ailleurs l’un des éléments essentiels pour un meilleur système éducatif. « Il nous manque 16 milliards de dollars par an pour espérer obtenir les objectifs de l’éducation pour tous dans le primaire », a indiqué Lalla Ben Barka. Et d’ajouter que la communauté internationale se doit d’agir et de respecter ses engagements.
Le président du comité exécutif de l’ADEA, Dzingai Mutumbuka a exhorté les chefs d’Etat africain à engager des réformes nécessaires pour faire de l’éducation et de la formation, le socle du développement en Afrique. La triennale de l’éducation et de la formation sera donc l’occasion pour les décideurs, les partenaires au développement et les acteurs concernés, de faire un état des lieux des progrès réalisés ces derniers années et de travailler à sortir des recommandations pertinentes pour de meilleurs systèmes éducatifs en Afrique. L’ADEA attend des chefs d’Etat, une prise en compte des recommandations et des leçons tirées de cette importante rencontre dans les politiques éducatives des pays respectifs.
Assetou BADOH | badohassetou@yahoo.fr,
Souleymane KANAZOE | kanazoe.souleymane0yhoo.fr
Le président du Faso s’exprime sur l’organisation de la Triennale 2012
« La triennale est une contribution très appréciable quand on sait que toutes nos revendications ne peuvent se reposer que sur la qualité de l’éducation et la formation sur le continent.
Que l’on se batte sur le terrain des questions économiques et des préoccupations sociales, il est certain que sans éducation, on ne peut pas résoudre les questions de santé, de sociabilité et de sécurité alimentaire. Je pense qu’aujourd’hui, nous devons nous mobiliser avec les autres pays africains pour promouvoir durablement l’éducation sur le continent. Ceci en vue de donner aux citoyens des capacités et des compétences plus fortes pour qu’ils assument au mieux leurs responsabilités tant au niveau individuel que collectif ».
Propos recueilli par S.K
Les chefs d’Etat se prononcent sur la pertinence du thème de la triennale 2012
Juste après la cérémonie d’ouverture de la triennale 2012, les chefs d’Etat présents ont, au cours d’une table ronde, exprimé leurs compréhensions du thème de la présente session.
A la question de savoir si le thème leur paraissait pertinent, le président Blaise Compaoré a indiqué que sans l’éducation et la formation, l’Afrique demeurerait dans les mêmes difficultés mais qu’avec des peuples instruits, le continent parviendrait à influencer l’histoire.Il n’y a pas de société qui progresse dans l’ignorance, a-t-il insisté. Il a proposé de réfléchir à des mécanismes de mise en œuvre et recommandé que se tienne une évaluation un an avant la prochaine triennale. Il s’est engagé à assurer le leadership auprès de ses pairs.
Le président nigérien Mahamadou Issoufou a soutenu que l’homme est le capital le plus précieux. Selon ses propos, l’histoire des peuples a démontré qu’il existe une concomittance entre le niveau d’instruction et le niveau de développement. Aussi, il a préconisé l’enseignement du savoir-faire, afin que les jeunes puissent valoriser le potentiel africain et participer au développement du continent.
Pour un pays qui sort de crise, comme la Côte d’Ivoire, l’importance de l’éducation et de la formation n’est pas à démontrer. Le président Alassane Ouattara a affirmé que son pays a énormément investi dans l’éducation les 20 premières années de son indépendance et a connu des progrès notables : 6 à 8% de taux de croissance. Depuis une douzaine d’années, a-t-il confié, la Côte d’Ivoire a misé sur l’armement, avec des conséquences certaines. Le pays s’est appauvri. Le taux de pauvreté est supérieur à 50%.Il a alors conclu que le manque d’investissements dans l’éducation conduit à un recul de la croissance.
Amadou Toumani Touré trouve qu’il faut lier l’école à la vie, ce qui, selon lui, permettrait de sortir de la logique de fabrique de chômeurs.
Assetou BADOH
Souleymane KANAZOE
Le président du Faso s’exprime sur la situation au Mali
« Comme l’a dit le président Amadou Toumani Touré, la question touarègue, il l’a trouvée lorsqu’il est arrivé à la tête du Mali. Peut-être qu’après lui, d’autres présidents auront à régler le problème. Mais cela n’empêche pas qu’aujourd’hui, nous puissions rester aux côtés des Maliens pour les soutenir dans cette situation assez difficile car lorsqu’il est question de l’unité, de l’intégrité d’un pays, nous sommes interpellés. Mais, il s’agit de problèmes entre Maliens, je crois que ce que nous pouvons souhaiter c’est qu’à l’intérieur, il y ait une dynamique de dialogue inclusif qui permette au gouvernement malien et les parties qui ont des contestations à faire, à s’asseoir ensemble et à parler ».
Propos recueillis par S.K
Sidwaya.bf




