Le West Africa Trade Hub a conduit une étude intitulée « Coût de transport et de logistique sur le corridor Tema- Ouagadougou ». Dans le cadre du lancement du rapport de cette étude, le Réseau des journalistes économiques de l’UEMOA (RJE/UEMOA), en partenariat avec le maître d’oeuvre a organisé une conférence de presse le 8 juin 2010 à l’Hôtel Amiso. Cette conférence de presse présidée par Niels Rasmussen directeur des transport du Centre pour le commerce, et par madame Christel Annequin, chef de l’équipe des études de transport, a connu la participation des acteurs de l’industrie et du transport et des hommes de médias.
La conférence de presse organisée par le RJE/UEMOA à l’Hôtel Amiso le 8 juin était une conférence spéciale. En effet, elle a visé les acteurs de l’industrie et du transport et les médias et avait pour objectif de susciter une interaction entre ces acteurs sur la problématique des coûts élevés de transport dus aux nombreux goulots d’étranglement depuis le port de Tema (Ghana) jusqu’à Ouagarinter (Burkina Faso). Un résumé exécutif du rapport de l’étude a d’abord été présenté par Niels Rasmussen. Ainsi, les études ont montré que le transport maritime à destination et en provenance de l’Afrique de l’Ouest est long et coûteux en particulier, par rapport à la situation des pays développés. Une parallèle effectuée avec le transport aux Etats-Unis souligne l’ampleur du handicap du transport et de la logistique en Afrique de l’Ouest du fait des coûts élevés, des longs délais de transit, de l’incertitude des coûts et de la corruption. Par exemple, le transport des marchandises du port de Tema vers Ouagadougou coûte environ 5 fois plus cher que l’acheminement de marchandises sur une même distance de Newak à Chicago. Dans le cas de l’exportation, l’étape Ouagadougou-Tema côute deux fois plus cher que l’acheminement de marchandises de Chicago à Newak, et prend entre 6-9 jours en comparaison de 2,5 jours aux Etats-Unis. En ce qui concerne la corruption, l’étude a montré qu’elle représente en moyenne 8,2% du coût total du transport et de la logistique sur le corridor Tema-Ouaga pour les importations et 2,9% pour les exportations. L’étude a également constaté que l’importation des marchandises vers le Burkina Faso via le port de Tema au Ghana coûte beaucoup plus cher, prend plus de temps, implique plus d’incertitudes et encourt plus de pots de vin que pour l’exportation.
L’exportation coûte moins cher principalement parce qu’elle est soumise à peu voire aucun droits de douane et taxes. Selon le résumé exécutif, les actions les plus importantes qui permettraient de réduire les coûts du transport et de la logistique, les temps de transit, les retards et l’incertitude sur les corridors de transport Tema-Ouagadougou sont entre autres, la création d’un marché unique dans la région de la CEDEAO, la déréglementation du marché du transport routier en Afrique de l’Ouest, l’automatisation et la rationalisation des procédures douanières , la lutte contre la corruption. A la suite de cette présentation générale du résumé exécutif du rapport de l’étude, madame Christel Annequin a exposé les 23 recommandations nécessaires pour la réduction des coûts de transport pour le Burkina Faso. Parmi ces recommandations, on peut citer entre autres l’application de la charge à l’essieu, la baisse des taux de douane au niveau des importations des véhicules neufs (renouvellement du parc) l’amélioration du temps de dédouanement à Ouagarinter, la lutte contre la corruption aux postes de dédouanement, l’amélioration de la gestion des équipements de manutention, la mise en place d’un suivi GPS de Paga à Tema, le remplacement des frais de caution de conteneur par un régime d’assurance garantie. Selon madame Christel Annequin, si toutes les recommandations de ce rapport étaient mises en oeuvre, le total des économies potentielles pour le Burkina pouvait être 24,7 millions de dollars US sur les importations et 5,9 millions de dollars US pour les exportations. Pour la mise en oeuvre effective de ces recommandations, un atelier sur les coûts de transport est prévu en septembre 2010 qui va regrouper les acteurs du domaine du transport, de l’industrie ainsi que les hommes de médias.
Yannick SANKARA
Source : lepays.bf




