Pratique très ancienne si je ne m’abuse, la tontine est en train de prendre des proportions croissantes dans le Yatenga et se pratique sans document officiel délivré par une autorité compétente. Plusieurs procédés sont utilisés pour son fonctionnement. La tontine peut se pratiquer entre un groupe ou une association de personnes. Sa règle d’or consiste à cotiser une même somme d’argent et rassembler pour une personne du groupe ou de l’association. Tour à tour on boucle la boucle et le jeu est joué. Elle est renouvelable à volonté. La plus connue des tontines et pratiquée de nos jours à Ouahigouya est appelée « corridor ».
Le corridor est dirigé par une seule personne. A Ouahigouya on dénombre plus d’une vingtaine qui se sont modernisées en excluant le mode « tour à tour ». Généralement pratiquée par des femmes, la tontine améliorée est l’initiative d’une personne à collecter quotidiennement de l’argent auprès des gens, soit disant les membres et le garder dans une caisse d’épargne locale. Le montant quotidien à collecter est laissé à la volonté du membre et ne concerne que les travailleurs du secteur informel exerçant le petit commerce. Un système financier où on note zéro fonctionnaire. Chaque membre du corridor a un carnet de versement et de retrait estampillé de l’adresse du réseau du collecteur. En échangeant avec certains membres on s’étonne d’apprendre que parmi eux il y en a qui ont adhéré sans chercher à comprendre. Pour eux, il faut y être parce que les autres y sont.
« A la fin du mois je retire ce que j’ai pu verser et puis reprends à zéro », nous a confié une des membres. Une des responsables d’un corridor a laissé entendre que l’activité qu’elle mène aide ses membres qui n’ont pas toujours assez d’argent ou de temps pour aller en banque. Sa collecte journalière varie entre quatre cent à cinq cent mille francs CFA. Sur cette question de tontine les points de vue des économistes sont divers. Faut-il la radier, ou l’organiser ? Quand on sait que tout ce qui entre dans la transaction financière doit être dans la légalité.
Avant que les spécialistes ne réagissent, je répondrai qu’il serait nécessaire et utile pour tous, d’assainir l’environnement financier et économique. Toute personne pratiquant cette activité doit se soucier de l’article 477 du code pénal qui dit que : « est puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amande de trois cent mille à un million cinq cent mille francs ou et de l’une de ces deux peines seulement, quiconque soit en faisant usage de faux nom ou de fausse qualité, soit en employant des manœuvres frauduleuses pour persuader l’existence de fausse entreprise en l’espèce d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire ou pour faire naître l’espérance ou la crainte d’un succès, d’un accident ou de tout autre évènement cimérique se fait remettre ou délivrer des fonds, des meubles ou des obligations, dispositions, billets, promesses, quittances ou décharges et par un de ses moyens escroque ou tente d’escroquer la totalité ou partie de la fortune d’autrui ».
Sambologo
L’Express du Faso




