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Tertius ZONGO, Premier Ministre : « Le temps presse, nous devons passer à la vitesse supérieure ».

Le Premier ministre, Tertius Zongo, a animé une conférence de presse le 19 janvier 2011 à la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères et de la coopération régionale. Cette conférence a porté essentiellement sur le nouveau gouvernement qu’il vient de mettre en place.

L’action du gouvernement ne se résume pas seulement à celle des ministres et autres secrétaires généraux et directeurs de départements. L’Etat fonctionne surtout grâce au concours et à l’engagement permanent des milliers des agents des différents services publics. C’est le sentiment du Premier ministre, Tertius Zongo. Pour lui, aucun service public ne serait opérationnel si chaque jour des enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur ne laissent de côté leurs revendications de tous ordres parfois justifiés, pour éduquer et former la force de travail qualifiée dont l’économie burkinabè a besoin. Il en est de même pour les autres corps. C’est pourquoi, il convient de saluer les efforts de l’ensemble des travailleurs du public comme du privé pour l’édification de la nation. Pour le Premier ministre, le temps presse et nous devons passer à la vitesse supérieure. Aussi a-t-il demandé à chacun d’accélérer le rythme de travail et de production.

Les défis

« Les défis qui nous interpellent tous sont nombreux », a-t-il indiqué. Il a précisé qu’ils sont consignés dans le programme sur lequel le président du Faso a été élu. Au nombre de ces défis, on peut citer le rôle et le fonctionnement de l’Etat dans un pays libre, l’accroissement des richesses et de la redistribution des fruits de la croissance, la lutte contre la corruption, la création d’emplois pour les jeunes, etc.

Les progrès

Selon le Premier ministre, des progrès importants ont été réalisés au cours de la dernière décennie sur les plans politique, économique et social. Ainsi, on note une croissance régulière de l’économie avec un taux moyen annuel de plus de 5% sur la période 2000-2009 contre 3% au cours de la décennie 1990, une progression du taux de scolarisation qui est passé de 46% en 2000-2001 à 74,8% en 2009-2010. On note également, a-t-il ajouté, une amélioration du taux de vaccination, de l’accès à l’eau potable et aux formations sanitaires et un léger recule de la pauvreté. Ces progrès sont louables mais insuffisants pour que le pays avance au rythme de l’ambition commune qui est de bâtir une nation solidaire, juste et prospère, a soutenu Tertius Zongo. Avec un taux de croissance démographique se situant à plus de 3% et un taux de croissance du produit intérieur brut par habitant de moins de 2%, il faudrait 35 ans pour doubler les revenus et sentir le recul de la pauvreté. Cela est inacceptable.

Les objectifs

C’est pourquoi le gouvernement, a-t-il révélé, se fixe comme objectif de mettre en oeuvre pas progressivement la nouvelle Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) et de donner une réalité humaine aux statistiques macro-économiques. Le chef du gouvernement a dit avoir instruit ses collaborateurs à prendre à bras le corps les difficultés qui se posent au pays. Il a fait savoir que les résultats de leurs actions seront constamment mesurés à travers d’indicateurs quantitatifs mais aussi et surtout à travers la qualité de l’évaluation et du « feedback » que le peuple ne manquera pas de leur faire parvenir. Apportant des éléments de réponse aux différentes questions des journalistes, le Premier ministre a justifié l’accroissement du nombre de sa nouvelle équipe par la nature des objectifs visés. Il a également justifié la création des nouveaux départements ministériels par l’efficacité des actions que recherche le gouvernement. Prenant le cas du ministre d’Etat près la présidence du Faso, chargé des réformes politiques, que certains qualifient du ministre de l’article 37, il a confié qu’il fallait un interlocuteur entre les différents acteurs politiques et le gouvernement. Et d’ajouter que celui-ci n’est pas un ministre de l’article 37, car il est chargé des réformes politiques et non d’un article. « Nous voulons des critiques mais des critiques positives », a-t-il renchéri. Certains ministres à l’image de Jérôme Bougouma qui avaient quitté le gouvernement font encore partie de la nouvelle équipe. Comme justification, le Premier ministre a soutenu que toute personne qui se repent mérite le pardon. C’est ce qui justifie le retour de celui-ci. Y a-t-il un secteur dans lequel Tertius Zongo estime avoir échoué ? « Le mot échoué est fort, mais insuffisance. C’est le manque de courage de certains responsables. Ceux-ci ne veulent pas que leurs noms soient mêlés dans une affaire délicate. Ils ne veulent pas assumer leurs responsabilités », a signifié le chef du gouvernement. Répondant à une question relative à la crise ivoirienne, il a relevé que celle-ci a des répercussions sur les affaires au Burkina. A titre d’exemple, il y a une hausse de 50 F CFA sur chaque litre d’essence qu’on n’a pas répercutés. Mais le maintien des prix en l’état, entraîne une perte de 2 200 000 000 F CFA pour ce seul mois de janvier, a-t-il précisé.

Dabadi ZOUMBARA

Lepays

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