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Syndicats des taxis : La crise persiste

Le torchon brûle entre les taximen du Burkina à travers leurs syndicats respectifs. En effet, après s’être quittés à couteaux tirés le samedi 13 janvier dernier à la Brouse du travail, les principaux syndicats qui s’opposent sur le mode d’élection du nouveau bureau de leur fédération nous ont rendu visite à notre rédaction par leurs secrétaires généraux. Il s’agit de Kiéma Oumarou, SG de la fédération et de Issouf Compaoré, SG du Syndicat national des taximen de Ouagadougou (SYNTAXO). Voici ce qu’ils nous ont confié.

« Le Pays » : Il y a un problème entre vous et le SYNTAXO. Qu’en est-il ?

Oumarou Kiéma : Le mandat du bureau de la fédération était à son terme. D’habitude, quand le mandat arrive à expiration, le bureau est renouvelé soit au congrès, soit à une assemblée générale ou encore sur consensus. Compte tenu du fait que je voulais être dans la légalité, je n’ai pas pris ceux qui sont dans les provinces ; on a préféré faire cela par consensus. J’ai pu contacter les uns et les autres pour avoir leurs points de vue avant de mettre le bureau en place. J’ai contacté Issouf et on a échangé. Je lui ai fait savoir que la fédération existait bien avant la création de leur syndicat. Je lui ai également parlé du statut et du règlement intérieur de la fédération qui stipulent que le président réside à Ouagadougou et le vice-président à Bobo. Partant de cela, ne peut pas être vice-président quelqu’un de Ouagadougou, à moins de modifier les textes. Quand on est allé en congrès, c’était pour présenter le bureau qu’on a mis en place par consensus. Moi je ne savais pas qu’il y avait un montage qui disait aux gens de venir voter alors que dans les textes, ce n’est pas que ceux de Ouagadougou qui doivent voter. Ce sont les congressistes qui doivent voter le bureau de la fédération. Il y avait des problèmes entre Issouf et moi, sinon la fédération elle-même n’a pas de problème en tant que tel. Mais s’il y avait lieu de modifier les textes, on allait le faire avec l’accord de tous les délégués. Je lui ai montré le récépissé qu’on a fait par consensus et il m’a dit qu’il n’était pas d’accord parce que la doléance qu’il avait posée n’avait pas été respectée. Je lui ai dit qu’on allait trancher la question au congrès. Une fois au congrès, les gens sont venus soi-disant pour voter. Je leur ai fait savoir que le congrès avait pour but de leur lire les textes et leur montrer les documents. Quant aux amendements, ils sont à la charge des congressistes.

Est-ce que le SYNTAXO a fait une demande d’affiliation à la fédération ?

C’est ce que disent les textes. Mais comme il n’y avait pas un autre syndicat à Ouagadougou, ils sont venus nous voir avec leur récépissé et ils ont demandé à faire partie de la fédération, ce que nous avons accepté.

Comment la fédération a-t-elle été créée ?

En son temps, il y avait un syndicat à Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso. Entre-temps, il y a eu des mésententes à Bobo et le syndicat s’est disloqué et trois autres syndicats sont nés. J’ai fait une démarche auprès de ceux de Bobo pour qu’on crée une coordination. C’est cette coordination qui a créé la fédération.

Le SYNTAXO vous accuse d’avoir falsifié les documents pour pouvoir obtenir un récépissé. Il dit également avoir introduit une demande de récépissé auprès du MATDS. Qu’en est-il ?

C’est faux. Aucun document n’a été falsifié. Le seul problème qui existe, c’est celui de poste.

Le SYNTAXO et un syndicat de Bobo demandent votre départ de la tête de la fédération. Quelle sera la suite de l’affaire ?

Ce sont eux qui le disent sinon, personne n’a demandé mon départ de cette fédération dont je suis membre fondateur. Il y a un syndicat qui a été créé à Bobo et qui a demandé à faire partie de la fédération. J’ai dit que ce n’était pas possible sans avoir vu leur récépissé. Et jusqu’à l’heure où je vous parle, ils n’ont pas encore apporté ledit récépissé. Comme Issouf voulait amener les gens à se révolter, il est allé les voir pour les monter contre moi. En tout cas, jusqu’à présent, on n’a jamais reçu une correspondance du MATDS nous signifiant qu’on a un quelconque problème avec notre récépissé.

Il y a un problème entre Oumarou Kiéma, Secrétaire général de la fédération des taximen et votre syndicat. Que lui reprochez-vous au juste ?

Issouf Compaoré : A un certain moment, le mandat du bureau de la fédération a expiré. M. Kiéma m’a appelé pour me signifier qu’ils ont reçu le récépissé de la fédération. Je lui ai dit que cela n’était pas normal car il fallait faire une assemblée générale ou un congrès avant d’obtenir ce récépissé. Après, je me suis rendu à Bobo pour échanger avec les syndicats qui s’y trouvent. C’est alors qu’on a fait un seul papier signé par le syndicat de Bobo et le SYNTAXO, qu’on a déposé au ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité. Ce dernier nous a convoqués et nous a signifié qu’il est vrai que ce que Kiéma a fait n’était pas normal, mais nous a demandé d’aller nous concerter pour organiser un congrès afin que tout rentre dans l’ordre. C’est ce congrès qui s’est déroulé le 14 janvier 2012. Au cours de ce congrès, les personnes qu’on a mobilisées ont dit à Kiéma de partir car il a trop duré à son poste. Et c’est là qu’on ne s’est pas entendus parce que les taximen ne sont pas d’accord avec Kiéma. Il a monté les vendeurs d’alloco et de pomme de terre qui sont venus pour gâter les choses. Sinon, tous ceux qui sont affiliés sous la bannière du SYNTAXO sont de vrais taximen car à notre niveau, nous avons exigé les permis de conduire et les cartes de membre. Nous n’avons rien contre lui ; nous disons juste que la voie qu’il a empruntée n’est pas la bonne.

Les textes de la Fédération des taximen prévoient que ce soit les sections qui élisent les membres du bureau de la fédération. Avez-vous connaissance de ces textes ?

Je ne suis pas au courant de ces textes. Tout ce que je sais, c’est que c’est lui seul qui a établi le règlement intérieur et le statut de la Fédération. On n’a jamais tenu une rencontre pour lire le règlement intérieur ou le statut.

Quelle suite entendez-vous donner à ce mouvement ?

Les deux camps vont se concerter pour trouver une solution à l’amiable.

Propos recueillis par Wilfried BAKOUAN

Lepays.bf

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