L’arrivée de la canicule donne de sérieux soucis aux populations. Avec l’interconnexion avec la Côte d’Ivoire les burkinabè avaient cru leur calvaire terminé. C’était sans compter avec les aléas de la politique ivoirienne.
Le proverbe africain de la natte d’autrui n’a jamais été aussi vrai qu’avec l’affaire de l’interconnexion électrique avec la Côte d’Ivoire. Par deux fois les burkinabè l’ont amèrement expérimenté. L’année dernière vers le mois de juin, des avaries techniques dans la production de l’électricité avait conduit les ivoiriens à nous supprimer le courant. Le gouvernement ivoirien, à juste raison, avait alors tenu à satisfaire d’abord les siens, avant de penser à nous. Puis récemment avec les effets des sanctions sur son régime, Gbagbo a décidé de punir les partisans de Alassane Ouattara et nous avec, puisque nous sommes considérés, à travers notre président, comme les principaux soutiens du « pestiféré » du Gbagboland. Depuis quelques jours donc c’est la galère dans les principales villes du Burkina Faso. La chaleur est arrivée cette année, assez précocement, et le jus de la SONABEL se fait rare. Alors le quotidien est entrain de devenir infernal.
Le nouveau ministre de l’Energie et ancien directeur général de la SONABEL a donné une conférence de presse pour s’excuser et annoncer des mesures conservatoires. Selon le ministre, la récente coupure de jus à la SONABEL par la Côte d’Ivoire a été faite de façon pirate. Des personnes étrangères à la compagnie ivoirienne de l’électricité (CIE) ont fait irruption dans ses installations et ont ordonné « la mise hors tension des lignes allant vers le nord et l’ouest ». Une intrusion qui a fait suite à la « réquisition du 19 janvier » de Laurent Gbagbo. Un Gbagbo qui réquisitionne tout en ce moment et qui pourrait, selon les mots d’un humoriste ivoirien, se réquisitionner lui-même bientôt.
Cette décision de Gbagbo, semble avoir pris de court, les responsables burkinabè. On peut penser quand même qu’ils devaient s’y attendre. Depuis que la pression se fait forte sur lui, Gbagbo a bien montré qu’il ne se donnait aucune limite. Ce qui nous arrive actuellement était donc prévisible.
Le coup d’humeur de Gbagbo occasionne un manque à gagner en jus de 35 MW qui représente environ 25% de nos besoins actuels. On peut penser que ce n’est pas excessif. La location des groupes électrogènes, annoncée par le ministre, devrait permettre de pallier largement ce déficit. Les deux groupes loués ont une puissance de 61 MW. A eux devraient s’ajouter des centrales de la SONABEL en révision. Dans l’absolu donc, le délestage devrait être un mauvais souvenir très bientôt. Alors est-ce par mesure de précaution que le programme de délestage est prévu pour durer jusqu’en début avril? Il faut le souhaiter.
NAB
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