La grogne est montée hier dimanche à Bruxelles parmi les dix Etats de l’UE non membres de la zone euro, Grande-Bretagne en tête, qui se plaignent de la volonté croissante des Etats utilisant la monnaie commune de prendre des décisions sans les consulter. Le président français Nicolas Sarkozy s’en est pris au Premier ministre britannique David Cameron, lui déclarant qu’il « en avait assez de l’entendre dire ce que nous avons à faire », a rapporté la presse britannique.
Les pays qui ne font pas partie de l’union monétaire comme la Suède, la Pologne qui préside actuellement l’UE et surtout le Royaume-Uni n’apprécient pas vraiment cette Europe à deux vitesses qui est en train de se mettre en place. Il faut dire que l’on a assisté à une première hier avec l’organisation de deux sommets en une seule journée.
Ces pays estiment en effet que la crise affecte aussi leurs économies et que les dix-sept ne peuvent pas prendre dans leur coin des décisions comme celles qui concernent les services financiers, des décisions qui touchent l’ensemble du marché unique.
Une critique qui n’a pas été du goût de Nicolas Sarkozy qui a eu des mots très durs à l’égard de David Cameron, accusé de bloquer les travaux en réclamant plus de coordination entre les deux groupes de pays.
« Si nous ne trouvons pas des solutions nous allons tous couler et nous ne reviendrons pas dans cette salle de réunion, ni les pays de la zone euro, ni les pays non membres de cette zone », a lancé le chef d’Etat. C’est dire la tension qui régnait hier à Bruxelles. Toujours est-il qu’un sommet des 27 précèdera bien mercredi la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro.
| « Une victoire britannique », selon la presse anglaise Avec notre correspondant à Londres, Adrien Moss « J’en ai assez de vos conseils ! » dit un Sarko ricanant et méprisant, titre le Daily Mail, ce 24 octobre 2011. Sarko dit à Cameron : « Boucle-la sur l’euro ! », titre le Daily Express. Le dialogue musclé entre le président Sarkozy et le Premier ministre britannique est rapporté en détails par les journaux populaires anti-européens. « Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire », aurait dit Nicolas Sarkozy à son ami David Cameron. « Vous dites que vous haïssez l’euro et maintenant vous voulez interférer dans nos discussions ! ». « Les relations personnelles entre les leaders européens sont au plus bas », jubile le Sun. Le Guardian écrit : « Le Merkozy, le moteur à deux temps de l’intégration européenne, comme l’appellent les diplomates, n’existe plus. Sarkozy et Merkel n’ont été d’accord que pour donner une leçon à Silvio Berlusconi. Sarkozy parle d’une voix, mais il parle allemand. » Pour le Daily Telegraph, « le président français a bataillé dur, pour exclure Cameron des discussions sur l’euro ». Mais les 27 pays de l’Union européenne, et pas seulement les 17 qui ont adopté l’euro, seront à Bruxelles mercredi pour la réunion finale. David Cameron va annuler des visites au Japon et en Nouvelle-Zélande pour être là. Pour le journal conservateur, « c’est une victoire britannique ». |
RFI




