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SOMITA.SA : Langage de sourd entre direction et ouvriers

Le 08 avril dernier, comme la plupart des couches socioprofessionnelles, les employés de la mine de Taparko ont décidé d’observer le mot d’ordre de grève lancé par la coalition contre la vie chère et l’impunité. Le 06 avril, une note de service demandait « à ceux qui ne sont pas disposés à se présenter au travail de prendre les dispositions appropriées pour libérer leur chambre pendant la période sus-indiquée et ils ne seront pas pris en compte ce jour pour la restauration? ». La même note signifiait clairement qu' »?en dehors des résidents réquisitionnés, les autres travailleurs qui sont disposés à occuper leur poste de travail normal ce jour doivent communiquer leur nom à leur superviseur au plus tard le jeudi 07 avril à 12 heures ». Les représentants des travailleurs disent ne rien comprendre dans cette affaire. Comment alors cautionner l’existence d’espace d’expression et faire semblant de l’ignorer?? Pourquoi empêcher les travailleurs d’aller en grève alors que le droit leur est reconnu?? De même, ils dénoncent les conditions de travail et le temps qui leur est disposé pour se restaurer. En effet, une heure leur donnée pour tout le trajet. Quitter le site, aller manger et se reposer pendant seulement ce laps de temps. Ils manquent de distraction et aucun jeu de société n’y est disponible. Pour clairement nous faire part de la confiscation de leur liberté, ils témoignent l’existence d’une caméra de surveillance dressée dans le campement. Après donc le repas du soir aux environs de 19 heures, chacun retourne dans sa cellule pour dormir. « Nous digérons cela amèrement », ont-ils témoigné. Et de poursuivre en disant qu’? »étant des hommes mariés, il est difficile d’être apprivoisés jusqu’à ce point.? ». Le champ des libertés est alors restreint et seule la volonté de l’employeur compte.

En effet, la violation des textes dans cette société par les autorités n’est un secret pour personne. Les dispositions prévues par le code du travail ne sont guère appliquées au grand désarroi des travailleurs. La loi dispose qu’une société d’exploitation qui emploie environ 200 travailleurs se doit de créer des services sociaux (écoles, dispensaires, forages, etc.). Cependant à Taparko, cela est loin d’être une réalité. Aucune infirmerie n’est disponible pour le moment et seulement une école de trois classes a été inaugurée il y a de cela quelque temps. Pas de personnels de santé pour suivre de près l’état de santé des travailleurs, encore moins une ambulance pour une quelconque évacuation. Au total, la société emploie 600 personnes. Aussi, SOMITA.SA aurait vendu la majorité de ses actions à Seversal. Les heures supplémentaires ne sont pas prises en compte. Et depuis décembre 2009, un différend opposait les travailleurs à la société. Après plusieurs tentatives de dialogue sans issue, la solution a été de recourir à la justice. Le verdict condamnait la société à payer les heures supplémentaires aux travailleurs et à se conformer à la loi. Mais rien n’a été fait depuis et les travailleurs continuent à vaquer à contre courant.

Selon le délégué du personnel et les deux délégués syndicaux, l’existence de syndicats a été imposée par un inspecteur du travail. Depuis lors, il n’y a jamais eu de concertations entre la direction et les représentants des travailleurs. Ils auraient même tenté de rencontrer la direction, mais sans succès. De leur avis, tout est fait pour qu’ils ne puissent jamais avoir gain de cause. Et une complicité semble régner entre le directeur général et celui des ressources humaines pour, disent-ils, les rouler. Il y a à chaque fois une réquisition unilatérale du personnel par la direction. Ils en veulent pour preuve la journée du 08 avril. Le délégué du personnel et les délégués syndicaux veulent alors attirer l’attention de l’opinion publique sur leurs conditions de vie et de travail. Aussi, ils entendent mettre l’accent sur des revendications corporatistes.

Toua Ladji Traoré

Evenement-bf.net

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