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Société FADOUL TECHNIBOIS : Une affaire brûlante de plus de 60 millions FCFA !

Le Directeur général de CTM Industrie, Mickael Demonchy, ne sait plus à quel saint se vouer. Son entreprise, basée en France, risque de fermer, jetant ainsi de nombreux travailleurs dans le rouleau compresseur du chômage. La raison de cette descente aux enfers ? Ne cherchez pas du côté de la France, mais du Burkina: CTM Industrie a investi de gros moyens techniques, matériels et financiers pour l’installation de la centrale d’enrobée de Zagtouli au profit de la société Fadoul Technibois; mais une fois le travail terminé, Georges Fadoul, le patron de cette société, a fait un revirement spectaculaire.

Le jeu de cache-cache continue. Et à l’allure où vont les choses, CTM Industrie risque de ne jamais rentrer en possession des 91 726, 55 €. Plus de 60 millions de francs CFA ! L’homme d’affaires libanais, Georges Fadoul, a pourtant fait, à maintes reprises, des promesses mielleuses. En mars dernier, il s’était encore fermement engagé à régler une partie de la dette. Et on croyait qu’il irait jusqu’au bout. En passant donc, enfin, du discours aux actes concrets. Erreur ! Jusqu’aujourd’hui, les 30 000 € (19 678 710 FCFA) annoncés ne sont jamais arrivés à destination. D’ailleurs, cet argent n’a pas bougé d’un iota. Pourtant, le 3 mars 2011, Georges Fadoul a adressé, à ce sujet, un ordre de virement à Coris Bank. Morceau choisi: «Messieurs, vous voudriez bien par le débit de notre compte (…) en vos écritures avec frais à notre charge, effectuer le transfert suivant: Montant: 30 000 € (Trente mille euros), soit 19 678 710 FCFA. Motif: règlement factures n° 2641 du 11/01/11, n° 2551 du 08/10/10, n° 3005 du 17/02/11 et acompte sur facture n° 3002 du 16/02/11». Le Directeur général de CTM Industrie en avait été informé. Et il était fier de voir, enfin, une partie de ses factures en voie de règlement. Mais, contre toute attente, son espoir s’est défait à vive allure. Georges Fadoul, on ne sait trop pour quelle raison, a mis le pied sur l’ordre de virement. Et depuis lors, le climat est tendu entre les deux parties. Les multiples relances de CTM Industrie n’ont servi à rien. Le patron de Fadoul Technibois est resté muet. Et il semble avoir donné des consignes pour que personne ne parle de cette affaire à un journaliste. Le rendez-vous que nous avons demandé avec la direction de la société n’a jamais eu lieu. «Ce n’est pas possible», nous a sèchement déclaré l’assistante de direction. Et comme nous avons longuement insisté, elle a promis de «voir» avec son patron et de nous rappeler. Mais elle n’a jamais rappelé. Face à ce silence, nous l’avons recontacté pour savoir la suite réservée à notre demande. Là aussi, elle nous a chanté pratiquement la même chanson. Et ça se résume en une phrase: pas de rendez-vous, pas de contact téléphonique direct avec Georges Fadoul, ni aucun technicien chargé du dossier. «Je ne peux pas vous donner leurs numéros. Ce sont des numéros professionnels», a-t-elle déclaré, avec un ton de nervosité. Nous avons su, plus tard, par d’autres sources internes à la société, que des instructions avaient été données par la direction pour que cette affaire ne soit pas ébruitée.

Le hic, c’est qu’au-delà de la promesse non tenue, ce silence, savamment orchestré, risque de mettre en péril l’entreprise CTM Industrie. Et de jeter ainsi de nombreux travailleurs dans les eaux troubles du chômage. Déjà, au niveau de CTM Industrie, certains indicateurs sont au rouge. Tellement l’entreprise a investi pour satisfaire le «client Fadoul» qui, aujourd’hui, a «changé de visage».

Pourtant, tout avait bien commencé. Le matériel demandé par la société Fadoul Technibois a été acheminé sur le site de Zagtouli. CTM Industrie a même envoyé deux de ses experts au Burkina afin de s’assurer de la qualité du travail. Et comme Georges Fadoul voulait s’assurer que tout était bien fait, il a lui-même acheté les billets d’avions des experts. Une fois au Burkina, il prenait leurs passeports et ne les remettait que lorsqu’il estimait le travail terminé. Il a donc suivi, point par point, le processus. Mais il restait une dernière étape. Le câblage électrique et le démarrage de la centrale. Et c’est là que Fadoul a commencé à se séparer de son partenaire. Il a estimé que la proposition d’assistance technique de CTM Industrie était chère. Il a donc décidé de s’en passer et de jouer seul le jeu. Mais, dans son aventure solitaire, il a dû mal manœuvrer et les cartes se sont brouillées. L’une des chaudières a complètement brûlé.

Et Fadoul a commencé à durcir le ton. Avant, il promettait de payer sans toutefois payer. Cette fois, il n’écoute même plus le Directeur général de CTM Industrie. Comme si c’est ce dernier qui avait effectué le câblage électrique. Et il semble avoir juré de n’effectuer aucun règlement concernant les travaux effectués. Pourtant, CTM Industrie, qui avait engagé d’importantes dépenses dans le cadre de l’exécution du travail, connaît pratiquement une turbulence financière. Si rien n’est fait, elle pourrait mettre la clé sous le paillasson. Pour le moment, Fadoul ne dit rien, absolument rien. Ni à CTM Industrie, ni aux journalistes qui veulent qu’il s’exprime sur cette affaire. Nous avons tenté, en vain, d’avoir sa réaction, jusqu’à cette phrase, dernière de ce journal à avoir été écrite.

Par Hervé D’AFRICK

Le Reporter

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