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SN SOSUCO : Après le chômage technique, l’usine temporairement fermée

La direction générale de la SN/SOSUCO vient de prendre la décision de fermer temporairement l’usine de Bérégadougou. Cette décision fait suite à celle prise le 10 juin 2011 qui mettait les ouvriers en congé puis en chômage technique. Pour savoir les raisons qui ont motivé ces différentes décisions, nous avons joint la direction générale de l’entreprise. Selon elle, les raisons sont d’ordre sécuritaire.

Le vendredi 10 juin 2011, la direction générale de la SN/ SOSUCO a annoncé par une note d’information qu’elle mettait l’ensemble de son personnel en congé puis en chômage technique à l’exception de quelques agents qui devraient être saisis directement. A l’affiche de cette note, les ouvriers, qui étaient rassemblés à l’usine, ont réagi vigoureusement en incendiant la moto de celui qui a affiché la note et en le molestant. Le malheureux, du nom de Aboudramane Kamagaté, doit sa vie sauve, selon certains ouvriers, à l’interposition de trois d’entre eux. Ceux-ci ont obtenu que Abdoulaye Tiala, délégué syndical CGTB de la SN/SOSUCO, l’embarque dans sa voiture et le conduise à Banfora. Aboudramane Kamagaté est présentement hors de danger. Après avoir incendié la moto, les ouvriers, mus par la colère, se sont dirigés vers la cité des cadres de Bérégadougou. Là-bas, ils ont mis le feu à la villa du directeur de l’usine et à celle du directeur de la maintenance, a-t-on appris. Pendant que les ouvriers étaient en train de se pencher sur leur sort suite à cette décision de mise en chômage technique, la direction générale, que nous avons jointe le lundi 13 juin 2011, a sorti une autre note d’information décidant cette fois de la fermeture temporaire de l’usine. Selon le directeur général Didier Vandenbon, cette décision est motivée par l’insécurité et l’impossibilité pour les décideurs de l’entreprise d’intégrer leur bureau. « Nous avons décidé de fermer l’usine parce que la direction et le personnel ne peuvent pas aller travailler en toute quiétude sur le site de Bérégadougou », a-t-il dit avant d’ajouter que « tant qu’on ne pourra pas aller travailler en toute sécurité, il n’y aura pas de reprise. Et si la direction ne peut pas aller travailler, personne ne travaillera », a martelé le DG qui précise, par ailleurs, qu’il a été en mesure de mettre en place un chômage technique parce qu’il y a tout une préparation légale en la matière. « Etant donné que nous n’avons pas accès à l’usine, il nous est impossible de les mettre en congé, ni en chômage technique ». Pour plus d’un ouvrier, cette fermeture a longtemps été le vœu secret de la direction générale. Mais selon Didier Vandenbon, la direction générale, malgré la détérioration du climat social au sein de l’entreprise, ne perd pas de vue la campagne 2011-2012. « Actuellement, nous sommes animés par le souci de préserver la prochaine campagne sucrière. Il faut donc assurer l’irrigation de la canne et nous allons prendre les mesures nécessaires pour que cette activité se poursuive jusqu’à l’installation définitive de la saison des pluies », a fait savoir le DG. Faut-il s’attendre à une chasse aux sorcières ? Didier Vandenbon répond par la négative mais il précise cependant que ceux qui ont accompli des actes illégaux devront partir de l’entreprise. « Le travail à la SN/SOSUCO ne reprendra que lorsque les grévistes et les meneurs de la grève auront quitté définitivement les effectifs de la SN/SOSUCO », a conclu le DG.

Mamoudou TRAORE

Lepays

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