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Sites miniers au Burkina : Les femmes victimes de discrimination

Ceci est un cri de détresse du Syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures (SYNTRAGMIH), section de Taparko. Ledit syndicat ne supporte pas les discriminations subies par les femmes sur les sites miniers. Aussi s’en remet-il aux bons offices de la ministre de la Promotion de la femme.

Le secteur minier connaît de nos jours une expansion sans pareille dans notre pays. Etant un pôle attractif pour les investisseurs étrangers, l’or est devenu le premier produit d’exportation au Burkina. En sus de son apport financier, il a grandement contribué à la lutte contre le chômage et partant, contre la pauvreté. Toute chose qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs du secteur en particulier, et de la population en général. Madame la ministre, en dépit de l’immense contribution qu’apporte le secteur minier dans le développement social et économique de notre pays, les sociétés minières sont, par excellence, des foyers de discrimination du genre. En ce moment même où un de vos programmes consiste à promouvoir l’égalité entre la femme et l’homme, nous profitons, Madame la ministre de la Promotion de la femme, vous soumettre nos préoccupations au regard du traitement qui est réservé à nos mères, épouses, filles et sœurs dans les compagnies minières au Burkina Faso. Cette fracture que nous observons dans le traitement entre l’homme et la femme nous interpelle sur le devenir de la femme spécifiquement dans ces sociétés. Dans toutes les collectivités, les femmes constituent un groupe important et ont leurs propres préoccupations. Par contre, les femmes représentent moins de cinq pour cent (5%) de l’effectif des travailleurs sur tous les sites en exploitation. Les femmes se sentent souvent exclues, du fait de leur nombre très minoritaire ; elles sont victimes de clivage lorsqu’elles viennent à enfanter : « expulsion des camps, interdiction d’emprunter les véhicules de la société (quel que soit leur statut au sein de la compagnie car l’enfant n’y a pas droit), contrainte à la démission, etc. » les privant ainsi d’une meilleure vie familiale et d’un avenir certain. Est-ce pour autant qu’il faut laisser ces femmes elles-mêmes se préoccuper de leurs perspectives d’emploi sur les sites miniers ? Est-ce pour autant qu’il ne faut pas leur donner la même chance que les hommes d’accéder aux emplois non traditionnels, d’occuper ces emplois et de travailler dans un lieu exempt de différenciation du genre ? En tant que leaders d’opinions, nous n’avons de cesse de porter la réflexion sur le devenir du genre féminin dans les mines, l’utilité des conventions ratifiées par notre pays, le rôle de l’Etat face à la discrimination faite aux femmes, etc. Madame la ministre, depuis le 3 juillet 2011, notre syndicat a introduit une demande d’audience auprès du cabinet du ministre des Mines, des carrières et de l’énergie, dont un point de l’ordre du jour devait justement traiter de la situation des femmes dans les mines. Malheureusement, le ministre n’a toujours pas inscrit les points de notre demande d’audience dans son calendrier, dans « ses priorités de l’heure ». Madame la ministre, nous avons l’obligation de saisir cette opportunité qui nous est offerte pour que ces réflexions apportent notre modeste contribution à votre programme qui nous parait très excellent, et le serait davantage si tous les secteurs étaient pris en considération dans cette lutte. Recevez, Madame la ministre, l’expression de notre haute considération.

Fait à Taparko, le 7 septembre 2011

Le SG du Syntragmih/Taparko

Honoré SAWADOGO

Le Pays

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