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Séjour du ministre du Commerce à Bobo-Dioulasso : Les agents appelés à redoubler d’effort

Le nouveau ministre du Commerce, de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat, Léonce Koné, a effectué le lundi 19 avril dernier, sa première sortie à Bobo-Dioulasso. Le séjour du ministre dans la capitale économique a été ponctué de visites dans des structures à caractère économique, et d’échanges avec les agents des services déconcentrés de son département à qui il a demandé de redoubler d’effort dans le travail.

Signe de modestie, pour sa première sortie dans la ville de Sya, le ministre du Commerce, de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat s’est passé de tout protocole : pas de sirène, encore moins d’autorités de la ville pour l’accompagner. N’eût été la présence des hommes des médias invités à couvrir son séjour, la rencontre avec ses agents des services déconcentrés aurait pu se dérouler à l’abri des oreilles indiscrètes.

Pour une prise de contact, il n’en demandait pas mieux. Une façon de permettre à chacun de s’exprimer sans réserve sur son service. En clair, il s’est agi pour le ministre, de recueillir les difficultés, les préoccupations et les suggestions des agents. Pour ce qui est des difficultés, elles sont multiples et souvent spécifiques à chaque entité. Il y a eu cette question du délabrement de l’abattoir frigorifique évoquée par son directeur, Michel Nanéma.

Ce dernier déplore que l’exportation de la viande se focalise sur l’abattoir frigorifique de Ouagadougou, alors que l’abattoir de Bobo-Dioulasso regorge de potentialités en la matière. Deux employés de l’Inspection régionale des affaires économiques (IRFE) ont saisi l’occasion pour égrener un chapelet de doléances. Par exemple, leur service est limité dans le travail par le manque de serment, car seuls deux agents sur 13 sont assermentés.

Il y a aussi la construction du siège de leur direction régionale qui dure depuis quatre ans et suscite des inquiétudes. Quant au secrétariat, il ne dispose que d’un seul ordinateur de première génération. Il en est de même du seul chauffeur, un retraité réquisitionné chargé de conduire les équipes sur le terrain. Il a été évoqué également l’absence de pouvoir décisionnel des services déconcentrés, le besoin de formation, la connexion Internet à la direction régionale du Commerce, l’audit interne en cours au sein du ministère et le manque de locaux. Autant de difficultés que vivent les agents et qui freineraient leur élan.

En réaction, le ministre a d’emblée, précisé qu’il n’y a pas de « réponse immédiate à toutes les difficultés », mais que certaines d’entre elles vont trouver rapidement une solution. Par contre d’autres, qui nécessitent plus d’investissements, vont faire l’objet de concertation au cabinet. « Il faut que les personnes dévouées puissent travailler dans de bonnes conditions », a-t-il laissé entendre avant de lancer à l’endroit du personnel : « Serrez-vous les ceintures et mettez-vous au boulot ».

Du réconfort aux sinistrés des incendies

Après la rencontre avec ses agents, le ministre s’est aussitôt rendu au centre commercial où il a pu toucher du doigt l’ampleur de l’incendie qui a frappé l’immeuble Lamoussa Balima, le 3 avril dernier.

Le vaste bâtiment en ruines présente un spectacle désolant. Des employés de Naim Mohamed, un commerçant libanais, parmi les dix victimes du sinistre, essayent de faire le tri des tissus afin de récupérer ce qui peut l’être. Assis ou debout au milieu de ce qui reste comme tissus, leur tâche ne semble pas aisée. Avant de mettre le cap sur l’huilerie Lo Don, le ministre a adressé des mots d’encouragements à Naim Mohamed.

A l’huilerie Lo Don, du nom du promoteur, victime également d’un incendie le 30 mars, la réalité est plus réconfortante. Les stigmates de l’incendie sont maintenant peu visibles, mais les dégâts dus essentiellement aux pertes du coton graine sont estimés à plus de 350 millions de FCFA.

Les murs du magasin fissurés par le feu sont en train d’être repris, par endroits. Quant aux machines, elles ont été épargnées par l’incendie et bruissent de partout. Juste à la sortie de l’usine et en route pour le siège de la SOFITEX, le ministre est copté par le bureau du Groupement des transformateurs des produits oléagineux du Burkina (GTOB) et conduit en zone industrielle à leur siège.

Entouré des membres de son bureau, le président du Groupement, Mamadi Sanogo, a tout de suite félicité le ministre pour sa nomination avant de présenter sa structure dans sa vocation, son organisation et ses relations avec le ministère du Commerce. Mamadi Sanogo a confié au ministre que le GTOB est sorti blanchi d’une étude récemment diligentée par le premier ministère sur la qualité des huiles produites par les égreneurs.

Le seul grand souci demeure l’insuffisance de la graine de coton, la matière première des huileries. Sur un besoin estimé de la présente campagne à 400 000 tonnes, le GTOB n’a pu obtenir que 100 000 tonnes. Avec la relance de la production, et l’environnement jugé favorable, certains égreneurs pensent déjà à doubler leur production, la campagne à venir. En retour, le ministre, a insisté sur la saine collaboration entre son département et les acteurs privés. Puis, à 11h 30 mn, Léonce Koné et sa délégation sont accueillis par Célestin Tiendréogo, DG de la SOFITEX. En raison de l’arrêt des machines de l’usine d’égrenage Bobo III pour fin de campagne, c’est le siège de la SOFITEX, au cœur de la ville, qui été retenu pour recevoir le ministre.

Un ministre qui connaît bien le milieu et les visages à travers ses fonctions antérieures dont celle de directeur général de la BACB. Après la pluie vient le beau temps, dit-on. Durement éprouvée par une crise sans précédent, la SOFITEX est en train de sortir la tête de l’eau. En tout cas, l’état des lieux fait par le directeur général est empreint d’optimisme. Le cours mondial du coton à Wall Street est à la relance et la confiance est de retour au sein des producteurs.

En plus, la généralisation de l’introduction du coton transgénique est un bon point pour le directeur général de la SOFITEX qui planche sur une production d’environ 400 000 tonnes, la campagne prochaine. La crise cotonnière, les mesures internes et externes préconisées pour la relance de la filière, le prix d’achat au kilogramme du coton graine, les rapports de la SOFITEX avec les partenaires techniques et financiers, le changement opéré au sein de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) sont, entre autres, les points débattus.

Avant de prendre congé de l’équipe, le ministre a dit trouver un grand plaisir à écouter les initiatives prises par la direction générale de la SOFITEX pour sortir définitivement de la crise. Il a promis de faire en sorte que les engagements pris par le gouvernement pour soutenir la filière coton se concrétisent et se renforcent.

Frédéric OUEDRAOGO

Source : sidwaya.bf

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