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Secteur minier du Burkina : L’appel de Mana

Le 15 juillet 2011, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a visité l’une des plus grandes mines d’or du Burkina, exploitée par l’entreprise canadienne SEMAFO Burkina Faso SA. Il s’agit de celle de Mana, dans la commune rurale de Bana dans la province des Balé, à près de 200 km de la capitale burkinabè. Avec sa prochaine exploitation souterraine et ses prévisionnels six millions d’onces d’or, la mine d’or de Mana représente un véritable espoir pour le Burkina Faso. Voilà pourquoi le Premier ministre a indiqué que les préoccupations exprimées par l’entreprise seront prises en compte par le gouvernement.

« Le secteur minier est devenu l’un des piliers de notre économie. Si nous voulons que le Burkina Faso, comme le souhaite le président du Faso, soit un pays émergent dans les années à venir, il faut que nous nous appuyions sur les mines ». Ce sont là les propos qu’a tenus le Premier ministre Luc Adolphe Tiao à l’issue de sa visite sur la mine d’or de Mana, en compagnie du ministre des Mines, des carrières et de l’énergie, Salif Kaboré.

Une mine de classe mondiale

Cette mine, à entendre Benoît La Salle, le Président directeur général (PDG) de SEMAFO, loge parmi les mines de classe mondiale. En témoignent les chiffres en seulement trois ans d’exploitation (depuis 2007) : 45 jours pour atteindre une puissance optimale (plusieurs années pour les autres mines), une teneur d’or de 3 g par tonne (en général de 1 g par tonne), une production de 6 tonnes d’or par an (17 tonnes par an d’ici à 2015), 6 millions d’onces d’or en prévision, près de 25 milliards de taxes diverses déjà dans les comptes de l’Etat en 2011, 573 employés fixes, 700 emplois directs et 5 milliards de salaires nationaux payés en 2011. Et ce n’est pas tout. La mine, selon les estimations, est partie pour avoir une longue espérance de vie. En effet, selon Benoît La Salle, « avec une mine à carrière et un gisement enraciné, c’est parti pour 60, voire 80 ans d’exploitation ». En d’autres termes, la mine n’est pas seulement exploitable en surface, comme c’est le cas jusqu’à présent au Burkina. Elle serait également souterraine, une catégorie de mine qui ne se rencontrait jusqu’à présent qu’au Ghana, en zone ashanti. « J’avais déjà eu écho de ce que faisait cette mine. Cette entreprise est un exemple », tel a été le commentaire du Premier ministre Luc Adolphe Tiao. Exemplarité qui découle aussi du climat qui règne entre employés et employeurs. « Nous devons être très vigilants pour protéger la main-d’oeuvre que nous formons afin de s’assurer qu’elle restera avec nous », a indiqué Benoît La Salle, avant d’ajouter : « Nos équipes des ressources humaines sont très attentives à ce qui se passe dans les mines ». Chose qu’a, semble-t-il, confirmée le Premier ministre en félicitant les acteurs de la mine pour le climat de travail qui n’est pas gangrené par les dérives observées dans certaines mines.

« Le gouvernement mettra tout en œuvre pour répondre aux sollicitations »

Il embouchera néanmoins la trompette du conseiller pour suggérer à employeur et employés de prôner le dialogue, et plus particulièrement aux capitaines de la mine de travailler à ce que les « travailleurs ne se sentent pas exploités ». Pour le reste, tout n’est pas totalement … doré à la mine d’or de Mana. Il y a des difficultés et des préoccupations, précisément en ce qui concerne l’eau et l’énergie. Les acteurs de la mine ont donc lancé un appel au gouvernement pour qu’il lui apporte son soutien. « Cette entreprise est un exemple (…). Le gouvernement mettra tout en œuvre pour répondre aux sollicitations de SEMAFO », a répondu Luc Adolphe Tiao. Mais l’entreprise canadienne a déjà commencé à se laver le visage, en attendant que le gouvernement lui lave le dos. En effet, elle a en projet, à travers sa branche énergie, la construction d’une centrale solaire de 20 MW extensible à 30 MW. « La construction de la centrale solaire débutera d’ici la fin de l’année, et dans 12 mois, l’électricité sera disponible », a informé le directeur national de SEMAFO Burkina, Elie Justin Ouédraogo.

La fondation SEMAFO n’oublie pas les populations

L’entreprise SEMAFO s’investit dans le développement des habitants d’une dizaine de villages riverains de la mine d’or de Mana. En effet, elle a créé un centre de transformation de beurre de karité biologique. Il comprend une unité de production qui livre 70 tonnes de beurre de karité par an et une unité de savonnerie qui produit 10 000 savons par mois, soit une création d’emplois pour 8000 femmes de la région. En plus de ces réalisations industrielles, la fondation a financé, entre autres, l’aménagement de sept écoles et réalisé quatre forages d’eau. De quoi faire plaisir au Premier ministre : « J’ai eu le plaisir de constater qu’ils (l’entreprise) ont pris en compte les préoccupations des populations en faisant des investissements sociaux ».

Abdou ZOURE

Le pays

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