La justice iranienne a ouvert samedi le procès du plus important scandale financier de l’histoire de la République islamique, dans lequel certains des 32 accusés pourraient risquer la peine de mort.
La plupart sont accusés notamment de corruption, active ou passive, en vue d’un enrichissement personnel, selon l’acte d’accusation lu par le président du tribunal révolutionnaire de Téhéran à l’ouverture de la première audience.
Au moins l’un d’eux, identifié par ses seules initiales M.A. et présenté comme l’un des cerveaux de l’affaire, est également accusé de « corruption sur terre », un chef passible de la peine de mort, selon les divers compte-rendus
publiés samedi par les médias iraniens.
Le scandale, d’une ampleur sans précédent sous la République islamique selon le Parlement, a vu un petit groupe privé obtenir, grâce à de fausses lettres de crédit obtenues par corruption ou trafic d’influence, d’énormes prêts des banques d’Etat pour racheter plusieurs grandes entreprises.
Le montant total de l’escroquerie aux dépens de plusieurs grandes banques iraniennes a été estimé à 2,6 milliards de dollars par le Parlement.
Cette affaire révélée en septembre a alimenté pendant plusieurs semaines une bataille politique entre le courant ultra-conservateur du régime, dominant le Parlement et le système judiciaire, et le gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad.
Le ministre de l’Economie Shamseddin Hosseini, menacé de destitution par le Majlis, n’a sauvé sa tête que de justesse en novembre, tandis que parlementaires et médias hostiles à M. Ahmadinejad ont accusé à mots couverts son principal conseiller, M. Rahim Esfandiar Machaie, d’être mouillé dans le scandale.
Le Guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président du Parlement Ali Larijani ont toutefois fini par intervenir pour calmer le jeu et demander l’arrêt d’une polémique « contraire à l’intérêt du pays ».
Aucune indication n’a été donnée sur la durée du procès.
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