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Retour sur la crise de 1929

Qu’est ce que la crise de 1929 ?

C’est le jeudi 24 octobre (jeudi noir ou Black Thursday) 1929 que débute la crise. Nous sommes à Wall-Street. Les cours s’effondrent faute d’acheteurs. À midi, l’indice Dow Jones a perdu 22,6 %. Après quelques soubresauts qui font croire à un simple incident, la chute s’aggrave les 28 et 29 octobre (lundi et mardi noirs). La crise de 29 est née. En quelques semaines, le Dow Jones perd presque 40% de sa valeur.

Cette crise survient après une longue hausse boursière, facilitée par des conditions de crédits faciles et une croissance économique soutenue après la guerre de 14. La spéculation battait son plein sans voir que deux phénomènes allaient casser cette belle mécanique : un ralentissement de la croissance…et une légère hausse des taux.

Parmi les effondrements spectaculaires, la banque Goldman Sachs passe de 104 dollars en 1929 à 1,75 en 1932; le géant de l’acier U.S. Steel tombe de 262 dollars à 22 le 8 juillet 1932; le constructeur General Motors chute de 1075 dollars à 40 en 32.

Parmi les perdants célèbres, la famille Rockefeller voit fondre environ 80 % de son patrimoine, Winston Churchill est appauvri de 500 000 et même Marx -tendance Groucho- perd 240 000 dollars.

Très rapidement, la crise financière gagne l’économie réelle qui faute de crédits, puis de consommateurs s’effondre à son tour. Les investisseurs qui ont spéculé en empruntant ne peuvent plus rembourser et causent des pertes sèches, ce qui conduit les banques à restreindre leur crédit. Les grandes entreprises connaissent alors des difficultés de trésorerie croissantes. Les plus faibles font faillite, ce qui accroît la fragilité des banques. Les épargnants paniquent et se précipitent auprès de leur banque pour retirer leur argent. Les politiques menées alors aggravent les effets déflationnistes.

La crise de 1929

Après la Première Guerre Mondiale, dès les années 1920, les États-Unis connaissent un formidable boom économique. La production industrielle bondit de plus de cinquante pour cent. C’est une véritable euphorie des milieux financiers.

Mais les évènements qui vont déclencher la crise se mettent en place dès 1926. C’est l’année où l’on autorise l’achat d’actions à crédit. Les investisseurs potentiels n’ont en fait qu’à couvrir 10 % du prix du titre, le reste pouvant être financé par un emprunt à court terme. Cette réglementation crée très rapidement, dès 1927, une bulle spéculative sur le marché des actions. Ainsi très vite le cours des actions augmente bien plus vite que les profits des entreprises. Les investisseurs ne recherchent plus du tout les dividendes, mais uniquement la possibilité de faire un profit à la revente des titres. Malheureusement, dans le même temps, l’économie commence doucement à ralentir ; ainsi la production industrielle commence à baisser dès le début 1929.

Les choses commencent à changer dès la mi-octobre 1929 ; les ventes de prises de bénéfices commencent à faire chuter les cours. Donc très rapidement les acheteurs à crédit se retrouvent en difficulté. Et, le 24 octobre au matin, les cours s’effondrent, plus personne ne souhaite acheter, quel que soit le prix. En à peine quatre heures, le Dow Jones perd 22 %. Mais les investisseurs institutionnels arrivent très vite à contrôler la situation. Et les cours remontent rapidement, la journée se terminant légèrement en négatif à -2 %. Mais la pause ne sera que de courte durée car, dès le lundi 28, les prix recommencent à chuter, et cette fois-ci les banques n’interviennent pas. Le Dow Jones termine ainsi la journée à -13 %, un record historique. Le mardi, la situation empire encore, et le Dow Jones perd encore 12 %. La situation va continuer les jours suivants. En à peine vingt jours, ce seront plus de 30 milliards de dollars qui seront ainsi perdus.

Mais, même si ce sont ces événements que la plupart des gens retiennent, l’année 1929 n’a pas été la pire, bien au contraire. Les choses continuent à s’empirer, et les cours atteignent leur point le plus bas en 1932. C’est même à ce moment que la crise commence à toucher les institutions bancaires. En 1933, plus de 9000 banques ont disparu du fait du défaut de paiement de leurs emprunteurs. Et bien sûr, par effet domino, comme il ne restait plus assez de liquidités, ce fut toute l’activité économique qui s’effondra à son tour. Ainsi la production industrielle chuta de plus de 50 %, le chômage augmenta de 25 % et le PIB chuta d’un tiers.

La crise se répandit aussi très rapidement en Europe, les banques en faillite étant en effet nombreuses à avoir des investissements sur le vieux continent. De plus, pour ne rien arranger, le gouvernement américain mit en place, dès 1931, des mesures protectionnistes, notamment au niveau des droits de douane. Ce qui toucha lourdement les exportations européennes. La France est, elle, touchée dès 1931 et aggrave même sa situation en dévaluant sa monnaie.

Même si la situation s’améliora aux États-Unis en 1933 grâce à la mise en place du New Deal, toute une série de réformes interventionnistes qui furent mises en place par le président Roosevelt, il faudra attendre 1941, avec l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre Mondiale ,pour que la dépression économique cesse enfin.

Source : Extrait des Archives de France2.fr et du portail de l’éducation financière

Lire aussi :

– Qui contrôle réellement l’or américain ?
– Les Accords de Bretton Woods
– 1971 la fin des accords de Brettons Woods
– La folie de l’argent des frères Hunt
– La crise de confiance du marché envers les monnaies fiduciaires

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