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Retombées des Journées de l’entreprenariat burkinabé : Deux anciens lauréats de la « Nuit du mérite » témoignent leur joie

Le clou des activités inscrites aux Journées de l’entreprenariat burkinabé (JEB) reste sans conteste, la « Nuit du mérite ». C’est à cette occasion que la Maison de l’entreprise et ses partenaires récompensent les meilleurs plans d’affaires présentés par les promoteurs nantis d’un projet dans divers domaines. Deux d’entre eux qui ont vu leur rêve se réaliser et leur propre entreprise se réaliser à l’édition 2008 témoignent de toute la portée d’un tel tremplin.

Adama--Ouena-dfda0.jpgAdama Ouéna, lauréat JEB 2008, promoteur de « Générale des Viandes » :

« En tant que boucher-charcutier de formation, j’ai présenté un plan d’affaires aux JEB 2008 qui a reçu le prix du Projet d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP). J’ai connu la Maison de l’entreprise par le biais du Programme de formation de 5 000 jeunes en entreprenariat. Je me suis inscrit pour pouvoir bénéficier des sessions en gestion. Après cette étape, je me suis mis à courir de gauche à droite pour rechercher des financements pour ouvrir mon entreprise.

Je disposais d’un projet vieux de plus de quatre ans. Mais par manque de moyens, je ne pouvais pas le réaliser. Au Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ), l’on m’a informé qu’il y a un concours ouvert lors des JEB de la MEBF pour primer les meilleurs plans d’affaires avec des financements. J’ai postulé et obtenu le prix d’une valeur de cinq (5) millions F CFA sur un besoin de financement estimé à dix millions (10 000 000) F CFA.

Cet appui m’a permis de lancer aussitôt mes activités. Je suis aujourd’hui promoteur et gérant de la « Générale des Viandes » à Ouagadougou. Après avoir acquis la formation et l’expérience auprès de grands maîtres européens et nationaux ici au Burkina Faso où j’ai commencé par l’hôtellerie et ensuite par la boucherie-charcuterie de plusieurs sociétés de la capitale. Ma petite entreprise mène des activités de transformation de la viande en produits de boucherie-charcuterie.

Elle est animée par une équipe expérimentée d’au moins quinze ans d’expérience. Elle est le résultat d’une idée que j’ai émise de regrouper des camarades dans ce domaine afin d’améliorer nos rendements dans ce métier. Grâce à ce prix obtenu aux JEB, divers partenaires m’ont fait confiance et décidé de m’accompagner pour mettre l’entreprise en place.

La MEBF m’a aidé à monter l’entreprise et depuis, celle-ci bénéficie de son appui dans le cadre de la gestion notamment. Malgré la jeunesse de la « Générale des viandes », sa particularité tient au fait que la plupart de ses employés se connaissent pour avoir exercé ailleurs ensemble pendant longtemps. Cela a facilité la tâche. Actuellement, l’entreprise compte douze (12) personnes dont moi-même, un chiffre d’affaires mensuel oscillant entre cinq à sept millions F CFA.

Quoique ce soit un début, grâce à la qualité des produits, l’entreprise commence à être connue de clients issus d’horizons divers. Par ailleurs, le chemin parcouru pour arriver là n’a pas été facile. J’ai été primé en novembre 2008 alors que j’avais déjà pris dès décembre 2008 un local dont je devais payer mensuellement le loyer. Pendant tout ce temps, il a fallu honorer des frais sans exercer la moindre activité. J’ai aussi garanti le matériel pendant un an.

Ce n’est qu’au bout de ce temps que la première partie du financement m’a été versée. Maintenant, je comprends et je ne me plains pas de ce retard. Toutes les dispositions devraient être prises au niveau de la MEBF et du PAFASP pour montrer tout le sérieux du projet. Ainsi, il faut reconnaître que ce prix a ouvert des portes à mon entreprise. Et à toutes les étapes, la Maison de l’entreprise a été toujours présente pour veiller à ce que tout se passe bien.

Elle a été là pour nous conseiller, pour redresser le tir ou pour former le personnel. Des précautions ont été nécessaires à chaque fois pour éviter un éventuel échec d’un projet ayant bénéficié de la confiance d’un de ses partenaires. Elle s’est assurée que nous disposons de tous les moyens pour bien gérer notre entreprise. Aujourd’hui, je suis rentré en possession de la totalité du financement. Personnellement, cette approche m’a été très bénéfique parce qu’elle m’a permis d’avoir les rudiments nécessaires pour conduire le personnel et tenir ma comptabilité.

C’est bien vrai que je connais mon secteur d’activité mais je n’avais pas assez de notions en matière de gestion d’entreprise. Maintenant je crois avoir comblé cette lacune grâce à la Maison de l’entreprise et au PAFASP. Cette démarche m’a aidé à comprendre que pour réussir dans les affaires, il faut aimer son activité et rester rigoureux envers soi-même et ses employés ».

Mme-Marie-Josephat-8980e.jpgMme Marie Josephat Zoundi, lauréat 2008, promotrice de l’unité agro-alimentaire, « Jériel » :

« Ma micro-entreprise intervient dans le domaine agro-alimentaire en assurant la transformation des légumineuses, des oléagineux et des céréales. C’est suite au concours organisé par la Maison de l’entreprise dans le cadre des JEB que j’ai été lauréate en 2008 du prix de l’Union européenne d’un montant de trois millions (3 000 000) F CFA. En tant que biologiste et nutritionniste, je me suis investie dans la fortification des aliments dans le but de corriger les carences en vitamines et pallier les insuffisances nutritionnelles. Dans cette aventure de l’entreprenariat, la MEBF est d’un appui inestimable et ses JEB un tremplin pour les promoteurs.

A la Nuit du mérite 2008, le projet primé que j’ai présenté était intitulé : « La farine de maïs fortifiée en minéraux et en vitamines pour lutter contre les carences alimentaires dans les ménages au Burkina Faso ». Il s’est agi de renforcer cette farine essentiellement composée de glucides en nutriments et la rendre plus nourrissante. Aussitôt primée en novembre 2008, je suis rentrée en possession de la totalité du montant alloué.

Cela a été une bouffée d’oxygène pour la concrétisation du projet. Cette enveloppe a aidé à payer rapidement les équipements pour installer l’unité pour la mise en œuvre et l’écoulement. Le prix m’a même permis de présenter mes produits en mars 2009 aux Journées commerciales du Burkina Faso à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Du coup, j’ai reçu de la commande de cette farine fortifiée de la part de certaines ONG et de bien d’autres consommateurs. Ce sont de réels motifs de satisfaction devant les retombées de cette manifestation de la MEBF et des opportunités qu’elle offre. Mes relations avec cette association d’entreprises sont au beau fixe.

C’est une structure qui accomplit un travail considérable dans la promotion de l’entreprenariat. Rien que la facilitation des procédures et la réduction des délais de création des entreprises témoignent de ses missions louables. Cette avancée a été à la base de l’expression de nombreux promoteurs. En tant que banque d’idées et d’appui-conseil, la Maison de l’entreprise joue un rôle inestimable dans la création, la promotion et la croissance de nos activités. Elle a toujours répondu présente toutes les fois que le besoin s’est fait sentir.

Dans l’année, « Jériel » réalise entre dix à douze millions de chiffre d’affaires pour des emplois permanents de six (6) personnes, des dizaines d’autres temporaires rémunérés pendant la période de vannage des céréales. La transformation des produits agricoles demande de la passion pour ce secteur et de beaucoup de rigueur dans la conduite des activités.

Dieu merci, mes activités vont dans le bon sens souhaité. Seulement, je suis confrontée à un problème de marketing. La promotion de mes produits me tient énormément à cœur mais les moyens pour accéder aux médias écrits et audiovisuels pour attirer les consommateurs font défaut. Les coûts de la publicité sont hors de portée des petits promoteurs comme nous.

Les clients apprécient certes la qualité de nos produits mais leur nombre reste insuffisant et il n’y a pas une opportunité de l’accroître. Si des efforts pouvaient être consentis dans le sens d’assurer la visibilité des activités des transformateurs des produits locaux, ce serait un grand pas de franchi dans la promotion de l’entreprenariat ».

Propos recueillis par Jolivet Emmaüs

Source : sidwaya.bf

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