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Renault : des transactions suspectes décelées sur des comptes suisses

Un constructeur automobile chinois est-il parvenu à s’emparer de données stratégiques de son concurrent français Renault ? Telle semble être l’hypothèse la plus probable, à mesure que filtrent les informations dans l’affaire d’espionnage qui secoue la marque au losange.

Selon le quotidien Les Echos, lundi 10 janvier, « cette affaire de fuites, dont la direction de Renault a été informée à la fin d’août 2010 à la suite d’une dénonciation interne, ressemble de plus en plus à un cas d’espionnage avec versements d’argent à la clef ». Des « transactions suspectes » ont ainsi été « décelées sur des comptes bancaires suisses », précise le quotidien économique, sans livrer davantage de détails.

La piste d’une fuite vers la Chine de secrets sur les voitures électriques a été avancée par la presse et des spécialistes de l’intelligence économique, mais le groupe ne l’a pas évoquée jusqu’ici, se disant toutefois « victime d’une filière organisée internationale », selon son numéro deux Patrick Pélata. Vendredi, le site Internet de l’hebdomadaire Le Point avait affirmé que les trois cadres suspendus le 3 janvier, mis en relation avec « des interlocuteurs chinois » par un sous-traitant, avaient touché de l’argent à l’étranger contre des brevets « en attente d’être déposés » sur des batteries de véhicules électriques.

INFORMATIONS SUR LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

L’objet de ces informations porterait moins sur la technologie électrique — la nature précise des batteries, du moteur ou du chargeur — que sur l’architecture des véhicules, les coûts et le modèle économique du programme de voitures électriques, estiment Les Echos lundi. De leur côté, les trois cadres dirigeants nient toujours avoir divulgué à l’extérieur des informations confidentielles.

Dans cette affaire très sensible qui touche ses activités stratégiques, le constructeur s’apprête à saisir la justice. Selon le quotidien économique, Renault réfléchit encore avant de déposer sa plainte en justice, car il « veut encore affiner la qualification des faits pour saisir la juridiction compétente ».

Lemonde.fr

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