Le ministre burkinabè de la Justice et des Droits de l’homme, Jérôme Traoré, a été limogé ce jeudi 23 février 2012, à la faveur d’un mini remaniement ministériel.
Il fait les frais d’un différend qui l’a opposé à un citoyen dans la soirée du 19 février dernier. Ce dernier accuse le désormais ex patron de département en charge des Droits humains de l’avoir arbitrairement fait arrêté et torturé suite à une banale altercation. Jérôme Traoré est remplacé par Salamata Sawadogo, qui avait déjà occupé le poste. Dans la foulée, Albert Ouédraogo, ministre des Enseignement secondaire et supérieur, a été nommé à la tête d’un nouveau ministère: celui des Droits humains et de la Promotion civique. Moussa Ouattara, ancien recteur de l’université polytechnique de Bobo Dioulasso, prend les commandes du ministère laissé par Albert Ouédraogo.
Sur le plateau du journal télévisé de la RTB, Alain E. Traoré, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement a expliqué que ce décret remaniant le gouvernement est dans l’air du temps. «L’opportunité nous est offerte, après la crise que nous avons vécue en 2011, de changer de gouvernance, d’améliorer notre gouvernance et de travailler à faire émerger une nouvelle citoyenneté, de nouveaux comportements qui respectent les principes démocratiques et qui mettent en avant les principes du respect humain, des procédures et règles du droit», a-t-il affirmé.
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| «Affaire Kima» # ministre de la Justice: vers un règlement de la question «par des voies légales» La tradition a été respectée ce 23 février 2012 avec l’organisation de l’hebdomadaire point de presse gouvernemental. Face aux médias ce jeudi, le ministre de la Santé, Adama Traoré, son collègue de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Gnissa Isaïe Konaté et celui de la Communication, Porte- parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré. Les grandes orientations 2012 de la politique de santé, les ambitions du département de la Recherche et le différend opposant un citoyen au désormais ex-ministre de la Justice étaient les questions au centre des échanges. On se doutait bien que l’affaire Adama Kima, du nom de ce mécanicien qui dit avoir été interpellé sur ordre de Jérôme Traoré, ministre de la Justice, malmené, toujours selon ses dires par des agents de la Garde de la sécurité pénitentiaire et placé en garde à vue par la police, reviendrait sur la table. Les faits remontent à la nuit du dimanche 19 février 2012. Un véhicule tourne pour entrer dans une cour au quartier des 1200 logements. Estimant que le conducteur a manqué de le percuter, un usager exprime son mécontentement. Le piéton, un mécano, racontera ensuite sa version à des organes de presse: «N’ayant pas apprécié que je lui donne des leçons, il m’a demandé de le suivre (…). Il a envoyé un homme en tenue me chercher en me menaçant d’un P.A (pistolet automatique, ndlr). Nous sommes retournés ensemble dans la cour. Le monsieur qui était dans la voiture en est sorti et m’a demandé de m’asseoir à même le sol. Il a ensuite appelé la police et les GSP (Garde de sécurité pénitentiaire, ndlr). Les derniers appelés ont été les premiers à arriver sur les lieux. (…) Ils ont commencé à me tabasser. (…) Mon calvaire a pris fin quand nous sommes arrivés au commissariat central. Des policiers ont signifié aux GSP que ce n’était pas dans leurs prérogatives de me mettre dans cet état et ils ont manifesté leur refus de me garder. Finalement ils se sont ravisés et ont décidé de me garder jusqu’à lundi matin, pour que le ministre vienne me faire sortir. C’est là qu’on m’a dit que le monsieur de la voiture est le ministre de la Justice.» Le récit avait évidement ému et scandalisé l’opinion publique et sur la toile, les internautes se sont déchainés, obligeant certains sites à retirer la publication. C’est un «acte regrettable», reconnait au cours du point de presse le porte-parole du gouvernement. Et d’assurer que des démarches ont été entreprises pour «apaiser les cœurs» et le régler la question par «des voies légales.» «Une mission du gouvernement est allée vers le monsieur, vers la famille du monsieur. Une chose est sûre, c’est que nous allons assumer nos responsabilités à tous les niveaux. Je dis bien nous allons assumer nos responsabilités à tous les niveaux. Ce que nous souhaitons, c’est d’apaiser tous les cœurs concernés», a commenté Alain Edouard Traoré. Dès le soir de ce point de presse, un décret présidentiel lu à la télévision nationale a limogé Jérôme Traoré de son poste de ministre de la Justice. |
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