« Je vous propose d’attendre la conférence de presse de ce matin à laquelle vous êtes conviés », disait H. Bruno Bessin aux journalistes qui voulaient en savoir davantage sur le contenu du rapport qu’il venait de remettre au président du Faso. Et les détails, les hommes de médias en ont eu pour leur curiosité lors de cette conférence de presse tenue hier 16 juin au Service d’information du gouvernement (SIG).
En recevant à leur tour le fameux rapport, ils ont compris que l’ASCE n’a pas du tout dormi sur ses lauriers au cours de l’année 2009. Après avoir contrôlé plusieurs structures, et exploité les rapports des inspections techniques, l’institution de M. Bessin a mis le grappin sur 9 d’entre elles (voir encadré).
Ces organes publics devront répondre de leur « forfait » à la justice, où sont en traitement leurs dossiers de « détournement de fonds et/ou manquants de caisse », d’ »absence de pièces justificatives de dépenses » ou d’ »autres malversations ».
La sommation des montants absents des coffres-forts de l’Etat donne un manque à gagner de 2 321 666 609 F CFA. Si l’ASCE est arrivée à un tel résultat, c’est pour répondre à sa mission première qui est de veiller à l’application des règles de bonne gouvernance au Burkina.
Et en la matière, notre pays, à entendre M. Bruno Bessin, fait des progrès, puisque classé respectivement 79e pays le moins corrompu sur les 180 au monde, 3e pays au niveau de la CEDEAO, et premier dans la sous-région UEMOA.
Ces statistiques réalisées par Transparency International encouragent le contrôleur général d’Etat et ses collaborateurs à poursuivre leurs efforts et à jouer leur rôle de garant de la transparence au Burkina.
Notamment en prenant avec célérité les sanctions administratives idoines à l’encontre des agents fautifs ; en invitant les responsables des services et des inspections techniques à multiplier les contrôles, en interpellant les responsables des services sur les règles de déontologie et d’éthique administratives.
Toujours dans la rubrique des perspectives, l’ASCE entend, entre autres, promouvoir et renforcer les mesures visant à prévenir et combattre la corruption, parapher la cartographie des risques, renforcer le système de suivi de la mise en œuvre des recommandations des rapports de contrôle et des actions en justice, renforcer les capacités professionnelles des contrôleurs d’Etat, des inspecteurs techniques et du personnel de soutien, etc.
Comme on le voit, l’ASCE vient de faire son travail. La séparation des pouvoirs l’obligeant à ne pas interférer dans les affaires judiciaires, il ne reste plus qu’à cette dernière institution de jouer sa partition pour que les résultats de M. Bessin et ses collaborateurs soient suivis d’effet.
Par Nankoita Dofini et Esther Konsimbo (stagiaire)
Source : L’observateur.bf
Liste des structures épinglées par l’ASCE, les montants compromis et les infractions présumées






