lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéQuand deux affaires se suivent...

Quand deux affaires se suivent…

Placez, donnez-vous de la peine, c’est l’épargne qui marche le plus! Et les apprentis Madoff n’ont jamais été plus ingénieux. «ICC Services» a su montrer à tous, au pays du vaudou, qu’il ne sait rendre service qu’à lui. Tant pis pour les épargnants boiteux…

L’affaire continue de faire grand bruit dans les “vons” de Cotonou, les rues de Porto-Novo, toujours en chantier pour le cinquantenaire de l’indépendance, le 1er août prochain, et partout ailleurs dans le pays. Désormais, il y aura donc une affaire dite «ICC Services» au Bénin et elle est déjà calée posée pour empoisonner l’atmosphère politique en cette veillée d’armes électoraliste. Une escroquerie du tonnerre, qui a coûté son poste au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Armand Zinzindohoué. Limogé du gouvernement, il a ensuite été arrêté, le 13 juillet dernier, et se trouve sous les verrous, de même que l’ancien procureur général, Georges Constant Amoussou. Thomas Yayi Boni, le chef de l’Etat béninois, sort donc ses muscles, tape du poing sur la table et cherche, sans doute, une bonne porte de sortie de cette sale affaire!
Une affaire tellement grosse qu’il n’y a pas de place à l’impunité pour les personnes impliquées. ICC Services, un établissement de placement d’argent, a orchestré une vaste escroquerie, qui rappelle celle opérée par l’Américain Bernard Madoff de triste et célèbre mémoire. On parle au bas mot de… 100 milliards de francs CFA! Et on comprend que cette affaire, qui agite les milieux politiques, économiques et sociaux du Bénin, déferle hors des frontières pour retenir l’attention de tous, ici et là. Du pain béni pour l’opposition béninoise, en cette période où s’affinent les stratégies dans la perspective de l’élection présidentielle de 2011. L’occasion était ainsi belle pour l’opposant Adrien Houngbédji, candidat de l’Union fait la nation, pour fustiger le fait que le chef de l’Etat soit au moins «moralement responsable» de cette situation.
«Nous avons élu le chef de l’Etat pour qu’il protège le peuple, pour qu’il travaille dans l’intérêt du peuple et non pas pour qu’il protège les escrocs. Ce faisant, il a violé son serment. Il a violé la Constitution et il doit être poursuivi devant la Haute Cour de Justice», a-t-il notamment affirmé, dénonçant la «caution» du chef de l’Etat béninois. Les milliards des Madoff béninois ont servi à la campagne de Yayi Boni, avec du matériel fabriqué à son effigie par ICC, notamment «des pagnes, des calendriers, du vin et du champagne». Sans compter «les nombreuses manifestations organisées par la mouvance présidentielle et prises en charge par ICC Services».

Fumé, l’opposant! Mais bon, on ne fait pas moins bien en Occident et, notamment en France. L’«affaire Woerth-Bettencourt» n’a pas encore craché tous ses secrets. Et puis quoi? C’est la politique, man! La politique des affaires et les affaires de la politique, où l’on montre aux peuples, un peu plus chaque jour, sous toutes les latitudes, que rien n’est vraiment propre, que rien n’est décidément gratuit.

Mais les blanchisseurs d’argent n’ont qu’à bien se tenir. En Afrique de l’Ouest, la riposte se prépare. Avec un fer à repasser gros comme ça! A la manœuvre, le Groupe intergouvernemental de l’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba). Toute cette semaine, en effet, ces chantres de l’argent propre tiennent leur woba-woba de séminaire pour mettre du sable dans le couscous des délinquants financiers. D’après qu’ils veulent «outiller les participants, venus des 15 pays de l’espace Cedeao, en technique d’enquêtes pour détecter et suivre les activités de blanchiment d’argent». Chiche! Au moins comme ça, on est rassurés. L’argent sale et les affaires louches ne passeront pas par la Cedeao. Même pas par le Bénin des Madoff en puissance.

Même pas dans la vie…

Source : journaldujeudi.com

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular