Du 11 au 12 juillet 2011 s’est tenu, à Ouagadougou, le forum de réflexion sur la production et la commercialisation du niébé. Organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’hydraulique, ce forum vise le développement de la production du niébé par sa promotion.
Le niébé est considéré comme une culture secondaire permettant de couvrir les besoins alimentaires en période de soudure. Dans l’optique d’inverser cette tendance, le ministère de l’Agriculture et de l’hydraulique a tenu un forum de réflexion sur la production et la commercialisation du niébé les 11 et 12 juillet à Ouagadougou. Ce cadre de concertation a regroupé tous les acteurs de la filière que sont les producteurs, les transformateurs et commerçants sans oublier les chercheurs et les décideurs. Deuxième du genre, ce forum a eu pour ambition d’anticiper sur les problèmes qui sont susceptibles de survenir pendant cette campagne agricole 2011/2012 sur la production du niébé. « Le niébé est cultivé dans toutes les régions du Burkina et il est essentiellement l’oeuvre de petits producteurs et productrices qui l’associent à la culture céréalière et dont les récoltes familiales dépassent rarement 300 kg ». Tel est le tableau peint par le ministre de l’Agriculture et de l’hydraulique, Laurent Sédogo. Cependant, de nombreuses raisons militent pour le développement de la filière niébé. Il s’agit essentiellement, pour le responsable du département de l’agriculture, d’une culture qui peut jouer un rôle dans l’autosuffisance alimentaire. C’est ce qui a motivé le ministère à initier un projet pilote de promotion de la filière niébé par les femmes rurales au cours de la campagne agricole 2010, a expliqué Laurent Sédogo. Au regard du succès enregistré par ce projet lors de la campagne écoulée, il est apparu opportun pour ses promoteurs de le reconduire cette année. Cette seconde phase, d’après le ministre, vise à apporter un appui à 45 000 femmes, soit 1000 femmes par province, pour l’ensemble des 13 régions du pays.
La campagne 2010-2011, excédante de 30% par rapport aux prévisions
Ce qui constituera une évolution comparativement à la première phase. En effet, ce premier projet pilote a touché plus de 12 000 femmes rurales de 20 provinces dans 8 régions à travers leurs groupements. Mais Laurent Sédogo a souligné que toutes ces actions n’auront d’impact qu’avec l’implication des opérateurs privés nationaux à tous les niveaux (production, transformation et commercialisation) ainsi qu’une meilleure organisation de la filière et de l’interprofession. Il a, de ce fait, invité les producteurs et les opérateurs économiques à s’engager dans un partenariat gagnant-gagnant. Le ministre n’a pas non plus manqué de rassurer les acteurs de l’accompagnement de l’Etat pour l’atteinte des ambitions qui sont : produire 700 000 tonnes de production de niébé contre 626 113 tonnes en 2010/2011. Pour rappel, les prévisions de la campagne 2010/2011 prévoyaient 480 847 tonnes, soit une production de 30% supérieure aux prévisions.
Clémentine Dabiré/Binso, chef du département Productions végétales et responsable du laboratoire entomologie
« Le niébé a de l’avenir »
« Dans la recherche sur le niébé, nous nous sommes rendu compte que tous les cultivateurs, sur le territoire national, produisent du niébé. C’est aussi une plante qui rend bien, est facile à cultiver et très sollicitée à l’international. Par ailleurs, elle est riche en protéine et apporte des matières minérales aux consommateurs. La conséquence, c’est que, dans les villages, si nous voyons que les enfants ne sont pas malnutris, c’est parce qu’ils consomment, entre autres, le niébé car la viande n’est pas disponible. C’est donc une culture qui a de l’avenir si on intensifie sa production. Ainsi, sa production et sa commercialisation contribueront à l’autosuffisance alimentaire et apporteront un peu de revenus aux producteurs. C’est la raison qui nous a poussés à faire la promotion de cette culture. »
Les objectifs du forum
Le forum vise à réunir les différents acteurs impliqués dans la production et la commercialisation du niébé, afin de susciter une réflexion sur les pratiques de mise en oeuvre des actions à entreprendre. Le forum permettra d’atteindre les objectifs suivants :
– identifier toutes formes d’entraves susceptibles de compromettre la commercialisation du niébé ;
– valider un schéma de commercialisation approprié (identification des débouchés) ;
– mettre les différents acteurs d’accord et de manière consensuelle sur un prix plancher aux producteurs pour la commercialisation du niébé ;
– définir les quantités et les modalités d’achat du niébé par la SONAGESS ;
– poser les bases d’une mise en place d’une interprofession de la filière niébé ;
– informer et sensibiliser aussi bien les acteurs que les consommateurs autour de la question du niébé.
Source : les termes de référence
Germaine KERE
Lepays




