De plus en plus les pays en développement éprouvent des difficultés pour accéder aux marchés extérieurs du fait de nombreux obstacles, dont les barrières tarifaires et non tarifaires, érigés par les grandes puissances pour protéger leur économie. Pour faciliter l’accès de leurs produits aux marchés extérieurs, un certain nombre de mesures sont préconisées, dont l’antidumping, les mesures compensatoires contre les subventions et des mesures de sauvegarde.
Si les Etats à faible revenu peinent à faire accéder leurs produits aux marchés mondiaux et à faire face au volume impressionnant des importations de produits étrangers qui causent beaucoup de dommages à leurs économies nationales, les pays du Nord ont, quant à eux, mis en place des mécanismes appropriés visant à protéger leur marché contre certaines pratiques déloyales. Ces mécanismes sont appelés, le plus souvent, mesures correctives commerciales à savoir : les mesures antidumping, les mesures compensatoires contre les subventions et les mesures de sauvegarde. Toutes ces trois mesures sont l’exception aux principes de libre échange prôné par l’Omc.
« La maîtrise des règles et procédures antidumping est d’importance pour les Etats membres de l’Union, car l’expérience au plan international en matière de protection et de défense commerciales, tend à montrer que les mesures antidumping sont celles auxquelles ont souvent recours de nombreux gouvernements pour protéger leurs industries contre les pratiques commerciales illicites de pays tiers », estime le directeur de Cabinet du ministre du Commerce, Ismaïla Diop. Il intervenait au cours d’une rencontre organisée à Dakar par l’Omc et la Commission de l’Uemoa, par l’intermédiaire du Département du marché régional du commerce, de la concurrence et de la coopération. « Ce qui est certain est que si l’on n’arrive pas à disposer d’un appareil de production compétitif, il est évident qu’on continuera toujours à se plaindre de l’arrivée massive de produits étrangers, et la meilleure façon de sortir de cette situation, c’est de voir aujourd’hui, à l’interne, comment améliorer les conditions de mise à marché de nos produits », préconise le directeur de la concurrence au sein de la Commission de l’Uemoa Amadou Dieng.
Mettre l’accent sur les capacités de production
M. Dieng insiste sur le fait qu’il faut jouer sur les facteurs de production qui sont déterminants, mais également sur le développement de la culture de la consommation pour lutter contre le dumping. Selon ce dernier, les pays en développement doivent se défendre parce qu’il y a des instruments de défense commerciale qui sont là, mais aussi ils doivent mettre l’accent sur leurs capacités de production. « Il ne faudrait pas oublier que ceux qui nous envoient aujourd’hui des produits, sont passés par des étapes pour être forts.
Ils ont d’abord développé leurs capacités de production », rappelle-t-il, soulignant qu’il appartient à ces pays de faire les mêmes efforts ou bien de faire plus d’efforts que les pays développés afin d’arriver au même niveau qu’eux.
Il estime également qu’il faut encourager les échanges intracommunautaires qui, de plus en plus, se développent et augmentent. Mais le rythme aurait pu être plus accéléré si l’on arrivait effectivement à lever certaines entraves aussi bien d’ordre physique que d’ordre administratif dans la circulation de biens à l’intérieur de la zone. « Plus on va augmenter la part des échanges intracommunautaires sur le commerce extérieur de nos pays, plus on sera assuré que l’agression des produits tiers sera moins forte, et là, on n’aura plus besoin d’utiliser ces instruments de défense commerciale que sauf s’il y a des pratiques illicites qu’on peut rencontrer par-ci et par-là, et ce sera vraiment de façon ponctuelle », nous confie-t-il.
Par Mamadou SY
Le Soleil




