lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualité"Pour une économie plus humaine", de Muhammad Yunus : l'économie humaine

« Pour une économie plus humaine », de Muhammad Yunus : l’économie humaine

La tempête judiciaire dans laquelle est plongé le Prix Nobel de la paix 2006 et inventeur du microcrédit, Muhammad Yunus, connaît de nouveaux rebondissements. Une enquête du Bangladesh, dont les résultats ont été rendus publics lundi 25 avril, a d’abord blanchi la Grameen Bank – organisme de microcrédit créé au début des années 1980 – et son fondateur du soupçon de détournement d’argent.

Il est toutefois reproché à la banque de s’être transformée en un « énorme conglomérat » ayant « violé à maintes reprises ses propres législations ». Le fondateur, évincé de la direction au mois de mars, ne semble donc pas totalement sorti d’affaires.

Ces déclarations interviennent quelques jours après la sortie en France de son dernier ouvrage, et alors qu’il est actuellement en Europe. Intitulé Pour une économie plus humaine – Construire le social-business, son dernier ouvrage aurait toutefois pu s’appeler : « Social business, mode d’emploi ».

Le social business, qu’est-ce que c’est ? Un social business, ce n’est ni de l’entrepreneuriat social, ni une fondation, ni un organisme caritatif… Ce n’est pas non plus une entreprise « traditionnelle », dont le but supérieur serait de maximiser le profit. Le social business, c’est une entreprise dont le seul objectif est de « résoudre un problème social ». Il ne verse pas de dividendes et les bénéfices créés sont entièrement réintégrés dans l’activité. C’est le premier des sept principes qui le définissent. L’auteur est formel : « La notion de bénéfice financier individuel n’a pas sa place ici. »

En s’adressant directement à son lecteur, le professeur d’économie essaie de convaincre tout un chacun que le social business est à sa portée et que, pour cela, il suffit de regarder autour de soi.

Dans son « manuel pratique », comme le définit dans la préface Maria Nowak, présidente des Amis de Grameen et fondatrice de l’Association pour le droit à l’initiative économique, Muhammad Yunus donne autant de conseils que possible pour permettre au lecteur de parvenir à monter un social business. Choix de l’idée, public concerné, réalisation d’un business plan, recherche d’investisseurs…

Fin de la pauvreté

Pour illustrer son propos, il ponctue son exposé pratique d’exemples. Muhammad Yunus retrace l’aventure de social businesses emblématiques, notamment portés par des multinationales. A travers l’exemple du joint-venture Danone-Grameen en 2007, il évoque les difficultés que peuvent rencontrer à leurs débuts ces entreprises pas comme les autres.

Fruit d’une rencontre avec Franck Riboud, PDG du groupe agroalimentaire, le rapprochement a débouché sur la création d’un yaourt enrichi en nutriments, destiné aux enfants du Bangladesh. Il cite aussi le joint-venture entre l’ONG Cure 2 Children et le Grameen Healthcare Trust, destiné à soigner la thalassémie, une maladie génétique. Ou encore le projet Grameen Veolia Water, permettant de distribuer de l’eau potable à un village au Bangladesh.

L’auteur de Vers un nouveau capitalisme (JC Lattès, 2008) n’en est pas à sa première tentative pour sensibiliser le public à sa préoccupation numéro un : la fin de la pauvreté. Il va même jusqu’à imaginer, une fois son objectif atteint, la création d’un musée où « les jeunes gens découvriraient non seulement ce qu’était la pauvreté, mais aussi l’histoire du mécanisme qui a joué un rôle-clé dans son abolition : le « social business » ».

Lemonde

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular