La demande de liquidité des banques de l’Uemoa pourraient atteindre un niveau élevé en 2012, année au cours de laquelle il y aura d’importants besoins de financement des importations. La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) prend les devants en baissant ses taux d’intérêt directeurs.
La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a décidé de maintenir ses taux d’intérêt directeurs à leur niveau actuel pour permettre un financement efficace des économies des pays de l’Uemoa, dans un environnement mondial difficile, caractérisé par un ralentissement de la croissance. Afin d’éviter le risque de voir la demande de liquidité des banques se maintenir à un niveau élevé, le Comité de politique monétaire (Cpm) va maintenir les taux d’intérêt directeurs de la Bceao à leur niveau actuel, annonce l’institution monétaire dans un communiqué, à l’issue de la réunion d’hier, à Dakar. Le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres et le taux d’intérêt des opérations sur le guichet de prêt marginal restent respectivement fixés à 3,25 % et 4,25%, annonce le Cpm. Le Comité revoit aussi à la baisse le coefficient des réserves obligataires, qui passe de 7 à 5 % pour l’ensemble des banques des pays de l’Uemoa. La décision entre en vigueur le 16 mars prochain. L’objectif est de desserrer les contraintes sur la liquidité des banques et de conforter les conditions d’un financement approprié de l’économie, explique le communiqué.
La liquidité bancaire a enregistré une « baisse sensible » depuis le deuxième semestre 2011. « Outre les facteurs conjoncturels, cette évolution résulte de changements structurels qui s’opèrent dans les économies de l’Union, induisant d’importants besoins de financement des importations aux fins de la réalisation des investissements privés et publics en cours », note le Cpm dans son communiqué. Il en résulte une tension sur les taux d’intérêt du marché monétaire. La demande de liquidité des banques pourrait se maintenir à un niveau élevé, au vu de l’ampleur des ressources nécessaires pour la couverture des besoins de financement exprimés par les Etats pour cette année, ajoute-t-on. L’environnement international en 2012, qui sera marqué par un ralentissement de la croissance mondiale, sera peu propice aux Etats membres de l’Uemoa. Ce facteur et les contreperformances de la dernière campagne agricole « font planer des incertitudes sur la réalisation des prévisions de croissance pour l’année 2012, qui pourraient se révéler en retrait par rapport au taux de 6,4 % initialement prévu», estime le Cpm.
Malick CISS
Le Soleil




