On les attendait depuis un bon moment. Au cours de la semaine dernière, le ministre du commerce et le DG de la SONABHY ont animé chacun un point de presse. Il s’agissait de donner des explications sur la disponibilité, les prix et la qualité des produits de grande consommation. A la SONABHY, la rencontre a eu lieu le mardi 24 août alors que le ministre du commerce s’est lui expliqué deux jours après. Ce dernier était entouré encore du DG de la SONABHY, des responsables de sociétés de production (Diamond cement) et de sociétés de distribution comme Marinat Market, Sodisucre, Scimas, du DG des impots, de la Ligue des Consommateurs et des responsables techniques du ministère. Pour le premier responsable de la SONABHY, Jean Hubert Yaméogo, il était question de dire pourquoi le gaz domestique manquait, surtout à Ouagadougou. Pour ce qui concerne le ministre en charge du commerce, Léonce Koné, qui était pratiquement à son premier face à face avec les médias burkinabè, c’est un point plus large sur la situation des produits de grande consommation qui a été fait. Voici synthétisé les explications sorties de ces deux rendez-vous de communication et aussi ce qu’il faut dire sur la situation.
Pour le gaz, ça coince au Benin
Selon le DG de la SONABHY, le Burkina s’est retrouvé à cours de stock de gaz. La raison est que son principal et presqu’unique fournisseur en ce moment, dont le dépôt est basé au port de Cotonou, n’est pas à mesure pour l’instant de lui livrer ce produit. La SONABHY a été prise de cours parce que n’ayant pas été prévenue bien avant. C’est une lettre datée du 3 août 2010 par le ministre délégué béninois ayant la tutelle du port qui a informé sur la situation. Des travaux sont effectivement en cours sur le port de Cotonou. Et il a été rapporté que les vibrations qu’ils produisent mettent en péril la sécurité au niveau de la sphère de stockage de Gaz Butane de Benin. Cette situation a obligé à la suspension de toute activité par cette sphère. Selon la correspondante de RFI au Benin qui intervenait le mercredi 25 août dernier sur la radio, sur place à Cotonou, les populations sont aussi confrontées au manque de gaz. Cela a contraint certaines personnes à retourner pour l’instant au bois de chauffe ou à s’acheter un réchaud à pétrole. C’est pratiquement tous les pays limitrophes du Burkina qui sont pénalisés par les travaux au port de Cotonou.
La SONABHY tente de rassurer pour le gaz.
Pour le DG de la SONABHY, le port de Cotonou était devenu pratiquement le principal lieu d’approvisionnement du Burkina, après l’éclatement de la crise en Côte d’Ivoire. Tous les besoins de notre pays qui avoisinent les 30 000 tonnes en 2010 sont ainsi couverts. Lorsque la situation s’est présentée, la réaction de la SONABHY a été d’envoyer des camions au Ghana et en Côte d’Ivoire. Le Ghana est le point d’approvisionnement vers lequel tous les autres pays se sont également tournés ; rendant ainsi les choses plus compliquées à ce niveau. Cependant, en Côte d’Ivoire où le Burkina a un certain privilège, le retour des camions chargés de gaz devraient être plus acceléré. Jean Hubert Yaméogo s’est pourtant refuser d’annoncer une date fixe sur le retour du gaz car, dit-il, il y a plusieurs impondérables. Il faut rappeler que la SONABHY a un monopole de droit que lui a concédé l’Etat burkinabè pour l’importation du gaz. La question fondamentale qu’il se faut se poser aujourd’hui, c’est si ce monopole est avantageux pour le consommateur. Nous n’avons pas toujours bénéficié des faibles coûts que la concurrence entraine dans d’autres pays.
La SONABHY tente de rassurer pour le gaz.
Pour le DG de la SONABHY, le port de Cotonou était devenu pratiquement le principal lieu d’approvisionnement du Burkina, après l’éclatement de la crise en Côte d’Ivoire. Tous les besoins de notre pays qui avoisinent les 30 000 tonnes en 2010 sont ainsi couverts. Lorsque la situation s’est présentée, la réaction de la SONABHY a été d’envoyer des camions au Ghana et en Côte d’Ivoire. Le Ghana est le point d’approvisionnement vers lequel tous les autres pays se sont également tournés ; rendant ainsi les choses plus compliquées à ce niveau. Cependant, en Côte d’Ivoire où le Burkina a un certain privilège, le retour des camions chargés de gaz devraient être plus acceléré. Jean Hubert Yaméogo s’est pourtant refuser d’annoncer une date fixe sur le retour du gaz car, dit-il, il y a plusieurs impondérables. Il faut rappeler que la SONABHY a un monopole de droit que lui a concédé l’Etat burkinabè pour l’importation du gaz. La question fondamentale qu’il se faut se poser aujourd’hui, c’est si ce monopole est avantageux pour le consommateur. Nous n’avons pas toujours bénéficié des faibles coûts que la concurrence entraine dans d’autres pays.
Et l’essence ??!!
Depuis le 11 août dernier, le consommateur s’est retrouvé face à une nette augmentation du prix de l’essence. Le prix du super 91 à la pompe a été majoré de 40 F. C’est un coup violent qui a été assené à l’entame du mois de Ramadan et à une période où la population, à travers la Coalition contre la vie chère rejette la TDC. Un élement de la surimposition des citoyens. A ce sujet, il y a aussi la double TVA sur les prêts bancaires. L’explication donnée par le ministre du Commerce lors de la rencontre du jeudi 26 août dernier sur la hausse du prix des hydrocarbures est exactement celle à quoi on s’attendait. L’explication est que « depuis le mois de fevrier 2010 le cours du baril du pétrole et celui du dollar ont connu des hausses fortes et constantes ». Toujours selon l’explication du ministre, depuis le mois de février donc, il y avait un écart entre le prix réel en fonction du marché et le prix pratiqué à la pompe au Burkina. Et entre fevrier 2010 et juillet 2010, l’Etat a dû supporter cet écart en déboursant le montant 6 500 000 F CFA. La chanson est connue. Seulement, elle n’est pas du tout gaie pour le consommateur déjà aux prises avec la cherté de la vie. Il faut se rappeler que dès le 1er janvier 2010, on avait obtenu une baisse du prix de l’essence de l’ordre de 10 F CFA. L’explication officielle était la volonté du gouvernement et la baisse des cours au mois de décembre précédant. Voilà qu’on nous dit que dès le lendemain de cette baisse, à partir de février, les cours mondiaux du pétrole et du dollar ont subitement recommencé à monter. Et qu’il faut aujourd’hui augmenter le prix de l’essence de jusqu’à 40 F. Il sera intéressant que l’Etat, qui a aussi le devoir de protéger le consommateur, nous dise combien il paie aujourd’hui pour supporter le coût de l’essence après cette hausse des prix. Nous osons croire que ce n’est pas O F. Il appartient aussi à l’Etat, dans ce contexte très difficile pour les Burkinabè, d’accpeter de supporter une part. C’est pourquoi cette somme de 6 500 000 F CFA qu’elle brandit doit être rangée dans la part qu’il devait normalement supporter. Cet effort doit être maintenu. Dans tous les cas, il va falloir trouver une solution pour donner du souffle à la population. La vie est vraiment chère.
Il a aussi été question du ciment
Ce que l’on a retenu, c’est qu’il y a du ciment : celui fabriqué au Burkina et celui de l’importation. Il est ressorti que des efforts sont entrain d’être faits pour que la production nationale arrive, à l’orée 2012, à satifaire la consommation. Une unité de production est en cours d’ouverture vers Banfora à cet effet. La volonté affichée est de pouvoir également baisser le prix avec la nouvelle unité de production.
Que celui qui veut du sucre aille à Marina Market ou à Scimas !
Du point fait par le ministre du Commerce sur la situation du sucre en cette période, il ressort globalement que l’approvisionnement en sucre n’a pas de difficulté particulière. Le sucre est suffisamment disponible chez les commerçants et des commandes sont en cours depuis l’extérieur. Cependant le prix de cette denrée connait une hausse en ce moment. Comme réaction du gouverneent pour faire face à ce paradoxe, le ministre dit avoir trouvé une entente avec les distributeurs Marina Market et Scimas pour baisser les prix. Des responsables de ces deux sociétes étaient d’ailleurs présents au point de presse, comme pour dire que c’est vrai. Sur les prix du sucre qui varient actuelement entre 650 à750 F/ kg dans les boutiques et entre 750 à 900 F/ kg dans les grandes surfaces, l’accord trouvé permet de les stabiliser à 750 F. Mais l’accord concerne seulement Marina Market et Scimas. Selon le ministre Koné, cette disposition va entrainer les prix à la baisse chez les autres vendeurs. On peut en rire, sinon pleurer. Déjà, on se demande combien de Burkinabè, des 4 coins de notre pays, viendront se ravitailler à Marina Market ou à Scimas ? Ensuite, on sait que cette mesure ne pourra en aucun cas pousser les autres commerçants à baisser leur prix. Enfin, même si cet accord arrivait à avoir un effet, il ne compte plus pour la période de pic de consommation du sucre pendant le mois de Ramadan.
La Ligue des Consommateurs est presque satisfaite
Parmi les invités du ministre de commerce, présents au point de presse du 26 août, il y avait la Ligue des Consommateurs. Elle était représentée par Da Daniel Hien. Pour rappel, la Ligue est une organisation de la société civile censée défendre les interêts des consommateurs. Des dires du ministre du commerce, la Ligue des Consommateurs a été associée aux reflexions qui se mènent sur les questions liés aux produits de grande consommation. Nous avons particulièrement posé la question au répresentant de la Ligue de savoir si elle était satisfaite des dispositions prises par le gouvernement. Daniel Hien a répondu en disant qu’il ne peut pas dire qu’ils sont satisfaits à 100% mais la ligue salue la démarche associative du gouvernement. Il a ajouté que la Ligue a toujours rappelé au gouvernement que « gouverner, c’est prévoir ». Et monsieur Da Hien Daniel de finir sa réponse en annonçant le projet de la Ligue de mettre en place, pour très bientôt, des boutiques de vente de produits à des prix raisonnables pour les consommateurs. Ce sera dans le cadre d’une coopérative des consommateurs. Avec ces propos du répresentant de la Ligue, on peut dire qu’elle est pratiquement d’accord avec le gouvernement. Etant donné qu’elle a répresenté les consommateurs, voire tous les consommateurs, aux reflexions officielles, c’est par ricochet tous les consommateurs qui sont d’accord. Ce n’est pas le ministre qui dira le contraire, lui qui ne souhaite que ça. Que pouvons-nous dire alors si tous les consommateurs sont satisfaits ??!! Attendons de voir ! Cependant, nous proposons qu’à l’avenir, ce ne soit plus seulement la Ligue des Consommateurs qui répesente les consommateurs aux reflexions lancées par le gouvernement. La Ligue n’est pas la seule organisation de défense des consommateurs. Il faut également écouter les trois autres associations que sont l’OCB, Vigi-Consommateurs et l’ACB. Pour cela, celles-ci devraient pouvoir aussi bénéficier de la subvention, à l’image de ce que reçoit la Ligue pour mener ses activtés. Une subvention qui serait de 15 millions. Ce n’est que de cette manière que le ministre sera sûr d’avoir recueilli le point de vue général des consommateurs. Ce qui nous évitera des surprises au moment où on croit maitriser la situation.
Source : independant.bf




