Dans la matinée du mardi 19 avril 2011, les agents de l’Office national des télécommunications (ONATEL) à Ouagadougou ont observé un sit-in dans l’enceinte de la direction générale. Cette manifestation avait pour but de faire relever le retard dans le paiement des salaires ainsi que la revue de leur plate- forme revendicative d’il y a de cela deux ans. Les agents des différentes sections de la direction générale de l’entreprise se sont mobilisés pour manifester ainsi leur ras-le-bol.
« Nous voulons, par cette manifestation, exprimer notre ras-le-bol à l’endroit de la direction générale pour le mépris à notre égard. » C’est en ces termes que le Secrétaire général (SG) du Syndicat national des travailleurs de la télécommunication (SYNATEL) et président du comité des délégués du personnel de l’ONATEL, Souleymane Sow, s’est exprimé pour justifier le regroupement. Visiblement, la mobilisation autour de l’objectif du sit-in des agents de l’ONATEL dénote de l’importance des revendications. Selon le SG du SYNATEL, Souleymane Sow, ce sit-in du 19 avril 2011 n’est pas le premier du genre. Depuis fin 2008 et en début 2009, une crise est née au sein de l’entreprise. Celle-ci a donné lieu à un sit-in de 12 jours. Des négociations ont eu lieu avec l’intervention du gouvernement et des promesses ont été faites par la direction générale.
Des salaires tardivement payés
Mais jusqu’à l’heure, il n’y a pas eu de résultats concrets, aucune promesse n’a été tenue, a affirmé le SG du SYNATEL. S’agissant du sit-in du 19 avril 2011, Souleymane Sow notifie que la raison principale est le retard dans le paiement des salaires. Normalement, les agents doivent percevoir leurs salaires mensuels chaque quinze du mois suivant. Force est de constater que les agents attendent jusqu’au vingt du mois pour entrer en possession de leur dû, a soutenu Souleymane Sow. « Les travailleurs n’admettent pas ce retard », selon leur porte-parole. Si les revendications se limitaient à la question des salaires, les camarades auraient pu ne pas sortir pour le sit-in, renchérit ce dernier. Mais en plus du retard observé dans le paiement des salaires, les employés remarquent un mépris de la part de la direction générale à leur égard. Depuis deux ans, la plate- forme revendicative des employés a été remise à la direction générale et est restée sans suite favorable. Selon le personnel, une rencontre, prévue le 15 avril dernier, a été reportée deux fois au regard de la situation nationale. Il espère de ce fait l’effectivité de la rencontre avec la direction générale, afin d’examiner la plate-forme revendicative le 19 avril 2011. Pour la suite, le SG a laissé entendre que les activités de la journée reprendront leur cours normal. Cependant, il poursuit en disant que les travailleurs prendront toutes les dispositions légales pour que leurs droits soient respectés, si jamais la direction prenait des mesures dilatoires pour gagner du temps. Pour la présidente du comité des femmes, Pauline Nikièma/ Sawadogo, en plus des principaux points de revendication, « les tanties n’ont plus rien dans les sacs pour nourrir les enfants. » Poursuivant, elle fait savoir que cette situation est née depuis l’arrivée des Marocains En fin de matinée, le responsable du département communication institutionnelle fait savoir que les négociations sont en cours entre les délégués syndicaux et la direction générale. Toute chose qui ne lui permet pas d’afficher une position officielle, aucune décision n’ayant encore été prise. Pour lui, le plus important, c’est la tenue des pourparlers.
La paie au 15 est une habitude
Pour la direction générale de l’ONATEL-SA, représentée par le Chef de département des ressources humaines, Soungalo Traoré, la paie au 15 est une habitude au sein du service. Mais avec la situation nationale qui a prévalu le week-end, le délai n’a pas pu être honoré. Selon toujours Soungalo Traoré, des dispositions ont été prises pour rendre effective cette paie, le 18 avril 2011. Malgré tous ces efforts déployés, un cas de force majeure s’est malheureusement présenté, à savoir, la fermeture des banques, a poursuivi Soungalo Traoré. Le sit-in ayant été une manifestation spontanée, la direction en a été surprise. Au cours de la journée, une rencontre a eu lieu entre la direction générale et les employés afin de trouver un terrain d’entente. Le Chef de département des ressources humaines soutient qu’aucun rapport ne peut par contre être établi entre ladite rencontre et le sit-in. Il note par ailleurs qu’il est arrivé que les collaborateurs soient payés avant le 15 du mois, et tout cela pour tenir compte des besoins des collaborateurs selon les moments. Des retards de deux ou trois jours ont souvent été observés ces derniers temps, a laissé entendre le chef de département des ressources humaines, Soungalo Traoré, et ce, pour des raisons de modernisation des outils, avec la mise place d’un nouveau logiciel de gestion appelé système d’information des ressources humaines. Il dit avoir été compris par les collaborateurs après les avoir rencontrés.
Germaine KERE et Aimé NABALOUM
Lepays




