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Ne vous laissez plus « marcher sur les pieds » grâce à la formule des « 3 phrases »

Cette formule enrichit la méthode « je » en lui donnant plus d’ampleur et de pertinence. Au lieu de faire un long discours moralisateur ou d’exploser de colère lorsque quelqu’un adopte un comportement qui ne vous convient pas, vous lui exprimez votre désappointement en gardant votre calme et en clarifiant brièvement la cause de cette émotion. Les 3 phrases à compléter sont :

– Lorsque tu fais ou vous faites…. (ceci ou cela)
– Je me sens…. (émotion)
– Parce que…. (raisons objectives ou subjectives)

Partons d’une situation typique où l’application de la formule s’avère utile. Vous aviez pris rendez-vous à 11 heures du matin, avec un intervenant sur un projet important que vous pilotez. Cet intervenant, appelons le Thierry, vous avait promis, deux jours avant, qu’il serait à l’heure. Vous avez par ailleurs un autre rendez-vous avec un client important à 13 heures. Il est prévu deux autres réunions de deux heures avec Thierry dans la quinzaine qui suit.

11hO5, Thierry n’est pas là

11h10, toujours pas là et ne préviens pas sur le téléphone portable

11h12, vous ressentez une palette d’émotions : peur qu’il lui soit arrivé un accident, colère en pensant qu’il ne tient pas sa parole, inquiétude liée au temps perdu et au rendez-vous impératif avec le client que vous ne pouvez pas rater…

11h15, Thierry arrive, arborant un large sourire, et vous dit : « désolé pour mon retard. »

Pour appliquer la formule des trois phrases, commencez par vous ralentir ; respiration, débit de la voix, gestes. La colère qui monte en vous a tendance à vous accélérer. Prévenez l’autre que vous allez lui dire quelque chose d’important pour vous. Gardez à l’esprit que vous visez une évolution de ses comportements futurs tout en maintenant vos liens de coopération. La formule des trois phrases n’a pas de sens si votre intention est d’agresser l’autre, de le dévaloriser ou de jouer un rôle de victime afin d’obtenir sa pitié ou le culpabiliser. Cette formule étant une confrontation coopérative, votre visage et votre regard sont posés. Un sourire saboterait la puissance et la pertinence de votre message.Lancez-vous !

« Bonjour, je vais te dire quelque chose qui est important pour moi :

1- Lorsque tu arrives avec 15 mn de retard

2- Je suis énervé

3- Parce que j’ai un rendez-vous avec un client à 13 heures

Comme nous avons encore deux réunions à tenir, préviens moi, ou le cas échéant changeons l’heure de notre rendez-vous d’un commun accord »

Puis laissez un temps de silence pour laisser l’autre s’exprimer s’il en a envie.

Cette formule poursuit deux finalités. Tout d’abord, exprimer votre émotion au lieu de l’intérioriser, et obtenir un changement de comportement de l’autre dans le futur. La formule produit probablement les effets voulus, mais pas à coup sûr. Au mieux, l’autre vous dit : « ok, excuses moi, je ferai attention les prochaines fois », il peut donner une vraie ou fausse excuse : « le RER était en panne », il peut aussi vous agresser : « je n’en ai rien à faire de tes états d’âmes ! » Dans ce dernier cas, vous pouvez reconsidérer votre relation ou tenter une autre formule des 3 phrases : « Lorsque tu me dis que tu n’en a rien à faire de mes états d’âmes, je suis triste, parce que je souhaite que nous continuions à coopérer sur ce projet ». S’il vous dit : « ok, excuses moi », votre deuxième essai fut fructueux. Si sa réponse est « et alors, je m’en moque ! » rompez, car celui qui assume la rupture prend le pouvoir.

La formule des 3 phrases est appropriée pour tous les évènements inopinés ou surprenants qui génèrent de la colère en vous. Elle s’applique « à chaud », au plus près de l’évènement. Par exemple, un collègue, vous dit en public, en réunion : « tu es vraiment déplaisant ! » vous lui répondez lentement et posément : « lorsque tu me dis en public que je suis déplaisant, cela m’ennuie, parce que c’est un jugement de valeur sur ma personne. En revanche si j’ai commis une maladresse à ton égard, on peut en parler. »

Si vous êtes habitué à inhiber votre colère ou à l’exacerber, cette formule, au demeurant simple intellectuellement, est difficile à mettre en œuvre. Elle ne se réduit pas au vocabulaire et à la syntaxe. Elle est une manière d’être, un état d’esprit face à l’adversité.

Blog.pourseformer.fr

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