En Afrique, de nombreuses activités économiques se déroulent dans le secteur informel. De nombreux ménages ont des économies, mais le problème est qu’elles sont conservées sous des formes non financières. Ainsi le bétail, les bijoux sont autant de biens qui servent de valeur refuge pour bon nombre d’Africains… L’épargne n’est donc pas disponible pour nourrir des investissements qui créeraient de nouvelles richesses sur le continent.
Aujourd’hui, de nombreux acteurs financiers du continent cherchent à accéder à cette épargne et propose l’introduction de nouveaux produits ou instruments financiers qui répondent aux besoins d’épargne des ménages africains.
Une épargne à mobiliser
Le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) notait dans son rapport 2004 qu’au Rwanda environ un demi-million de comptes d’épargne avec livret, dont le montant moyen était de 57 dollars, avaient mis près de 40 millions de dollars en circulation en 2001. Le FENU expliquait d’ailleurs que la circulation appropriée de ces fonds sous forme de produits de crédit pourrait avoir un effet démultiplicateur important pour l’économie du Rwanda.
Afin de mettre en place les préconisations de la FENU, les acteurs de la finance africaine développent des produits financiers qui autorisent de petites transactions à intervalles fréquents afin d’encourager les ménages à passer au système bancaire conventionnel.
Des états impliqués dans la mobilisation de l’épargne africaine
Afin de développer l’épargne et la finance africaine, nombre de gouvernements et de banques changent la manière dont ils opèrent. Au Nigeria, les réformes de 2004 ont limité la participation de l’Etat dans les banques et introduit une plus forte concurrence. Après rachats et fusions, les banques survivantes ont été obligées de faire des efforts pour attirer la clientèle et la conserver. Le nombre de banques a diminué mais elles sont plus solides et le nombre de succursales s’est accru de plus de 600. Ceci a permis aux banques du Nigeria de pénétrer le marché d’autres pays de la région et d’offrir de nouveaux produits et services.
Au Ghana, après la libéralisation du secteur bancaire, la United Bank of Africa a introduit un compte “zéro dépôt” qui permet d’ouvrir un compte sans déposer d’argent dans un premier temps. Initiative plus originale: la Barclays Bank Ghana a commencé à travailler avec les prêteurs traditionnels en 2006 connus sous le nom d’agents susu qui déposent l’épargne collective de leurs mandants à la banque ; ceux-ci rétribuent l’agent et peuvent solliciter des facilités d’emprunt par son intermédiaire. Dans ce système, un groupe fait une contribution régulière à un fonds commun détenu par un agent percepteur susu. A la différence des banquiers traditionnels, les percepteurs susu passent à l’étal ou à la maison de leurs clients pour recueillir leur contribution. Il n’y a pratiquement pas de formalités pour le client. L’activité de ces agents percepteurs est fondée sur les rapports personnels, la confiance et différentes formes de garantie. Le Ghana compte environ 5 000 de ces percepteurs qui ont plus de 2 millions de clients et la banque Barclays collabore aujourd’hui avec 100 de ces intermédiaires.
Les nouvelles technologies développent l’accès des plus pauvres aux services financiers
Bien que peu d’Africains aient un compte en banque, selon l’Union internationale des télécommunications près de 80 millions ont un téléphone cellulaire et les services bancaires par téléphone mobile explosent sur le continent. Ils sont ainsi devenus très populaires dans des pays aussi différents que l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, la Zambie ou le Kenya.
Au-delà des nouvelles technologies, les politiques qui aident les pays africains à améliorer la mobilisation et l’utilisation de leurs ressources profitent aux économies nationales. D’autres experts ont souligné que si les pays africains mettaient sur pied des fonds d’investissement à long terme, les entreprises africaines pourraient contribuer à la réalisation du Nouveau partenariat de développement pour l’Afrique (NEPAD), le plan de développement à long terme de l’Union africaine.
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