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Misère des déflatés

L’Etat se moque-t-il de ses employés ?

Cette semaine, nous avons reçu à notre rédaction des représentants des ex travailleurs du Centre national d’équipement agricole (CNEA). Tout le monde s’en rappelle, la société est soumise à liquidation depuis sept ans. Les déflatés comme on les surnomme couramment, ont pu percevoir leurs droits conventionnels. Il leur reste les droits négociés après vente des biens de la société. Selon leur version, tout a été encadré pour les en priver quoique la légalité de la chose ne souffre d’aucun débat.

En tout cas, les sommes dues sont importantes : prime d’ancienneté de mai 1992 au 23/07/2003 ; 198 131 412 FCFA ; incidence de la prime sur les droits conventionnels (indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis, indemnité compensatrice de congé payé) pour 39 633 537 FCFA ; reliquat de salaires dû à certains agents : 2 545 412 FCFA ; frais de transport retour des travailleurs affectés 480 000 FCFA

Indemnité de départ à tous les travailleurs : 303 260 880 FCFA ; visite médicale de fin de contrat pour tous les ex-travailleurs pour 6 700 000 FCFA ; paiement du don de l’œuvre suisse d’entraide ouvrière a tous les ex-travailleurs 12 000 000 FCFA. Le montant total des réclamations s’élèvent à donc à environ 556 151 428 FCFA.

Ces travailleurs se sentent délaissés et menés en bateau par des avocats et des juges qui finissent, semble-t-il, par les larguer et les narguer.

Cet exemple des employés du CNEA rappelle tant d’autres cas où des employés sont à couteaux tirés avec notamment l’Etat. Dans la presse, les adresses aux personnalités politiques et religieuses pour implorer leur intercession sont légion. Et quand vous rencontrer ces « ex », les échanges se déroulent la plupart du temps dans l’amertume et les larmes. Les contractuels de la Direction générale des routes sont un autre bel exemple. On a l’impression que l’Etat en particulier se fixe des règles qu’il ne veut jamais appliquer ou le fait à son gré. Pour ne pas avoir à s’expliquer ses représentants se muent dans un silence total.

Bref, cela sent d’énormes injustices à l’égard des travailleurs dans nos sociétés. Des spécialistes du droit de travail nous ont relevé les récurrents manquements aux textes non seulement de la part de l’Etat mais aussi, il ne faut le négliger, de la part également des employés. Il est vrai, les textes qui règlementent le monde du travail sont à améliorer, mais il reste que le minimum qui existe, nous ne sommes pas capables, employés comme employeurs, de nous les approprier et de les appliquer. Il reste également à savoir si nous voulons réellement respecter les lois que nous nous fixons.

Le problème ici est que nous mettons des enfants et des familles entières dans la détresse par ce qu’on pourrait appeler notre laxisme, notre méchanceté, notre brigandage . Dieu seul sait par exemple le nombre de personnes qui meurent, qui souffrent et qui perdent l’espoir dans ce brigandage.

A notre humble avis, il est important que l’Etat, bien que tout puissant, accepte jouer le jeu et respecte les règles fixées en matière de travail. Il est important aussi que les employés connaissent leurs droits et les réclament quand ils sont menacés et dans les règles de l’art. C’est la seule façon d’éviter les situations dramatiques dans lesquelles se trouvent des familles, des milliers de familles.

Source : Journal bendre.net

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