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Marché des fruits et légumes de Bobo

Nous avons applaudi à tout rompre, lorsque l’Etat a investi près de 500 millions de F CFA pour sortir de terre le joyau dénommé avec fierté, « Marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso », à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. C’est une première au Pays des hommes intègres et même dans la sous-région, avons-nous entendu dire. Car pour une fois, l’occasion a été donnée aux producteurs de fruits et de légumes, aux commerçants, de se prévaloir, de valoriser leur travail et de bénéficier vraiment des « fruits » de leur labeur. Mais, une année après l’inauguration de ce joyau, force est de constater que le problème de la conservation des produits maraîchers frais et des vergers se pose toujours. En effet, à la fin des travaux, c’est la commune de Bobo-Dioulasso qui est chargée de gérer les infrastructures marchandes, pour l’organisation pratique des commerçants et groupements, et la mise en route de l’activité. Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que le marché des fruits et légumes n’est plus que l’ombre de lui-même. Une de ses entrées laisse voir des tas d’immondices survolées à longueur de journée, par une flopée de mouches et dégageant une odeur nauséabonde qui chasse le client qui s’y hasarde.

Les commerçants occupant la devanture, vivent dans cet environnement malsain, exposés à toutes sortes de maladie. Ils pointent du doigt la commune, à qui ils reprochent de négliger ce lieu où il n’y a ni bac à ordures, ni service d’enlèvement de détritus. C’est vrai que leurs griefs contre les autorités peuvent se justifier.

Cependant, il ne faut pas se voiler la face et attendre que tout nous tombe du ciel, surtout en ces temps de vie chère et de difficultés de mobilisation des recettes. Le plus difficile est de changer la mentalité des premiers bénéficiaires, les vendeurs. En attendant que la commune ne vienne les relayer, les commerçants peuvent par exemple, prendre les devants et nettoyer les lieux pour s’assurer un cadre de travail sain, viable et fiable. Cela encouragera sans doute, les responsables de la commune à s’y intéresser et à leur apporter de l’aide. Quant à la conservation des fruits et autres produits périssables, l’aménagement de chambres froides et d’abri appropriés est indispensable. Par ailleurs, les autorités gagneraient à revoir les prix de location des hangars à la baisse, afin de permettre au plus grand nombre d’occuper les lieux, et non laisser cet endroit vide, sans âme qui vive ! Les occupantes de « Léguéma lôgô » qui encombrent depuis belle lurette, la rue passant derrière le stade municipal, n’attendent que ce geste pour intégrer ce cadre qui convient mieux à leur activité.

En tout état de cause, la commune qui a mis en place un comité de gestion du marché des fruits et légumes, doit s’investir pour en faciliter l’accès aux acteurs de la filière, afin de faire des recettes. Progressivement, le marché des fruits et légumes redeviendra un lieu sûr et reprendra vie.

Issa SOMA

Sidwaya

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