« Ce n’était pas les poussins qui avaient un problème, c’est la manière de les introduire sur le territoire national », explique Marcel Nagalo, Directeur général des services vétérinaires, lors du point de presse qui a eu lieu le lundi 26 mars. Pour lui, les poussins ont été introduits frauduleusement sur le territoire national sans aucun respect des procédures et de la réglementation en matière d’importations de produits animaux et d’animaux au Burkina. Marcel Nagalo rappelle que ces règles ont été édictées en vue de protéger la santé du cheptel burkinabè, des produits alimentaires et par conséquent, de la santé des Burkinabè puisque ces aliments sont destinés à leur consommation.
A la question de savoir s’il n’y avait pas d’options autres que l’incinération des poussins, le DG explique que « ce n’était pas de gaieté de cœur » que ces gallinacés ont été passés sur la braise de cette fâcheuse manière. « Il y a des procédures, dit-il. Si les poussins avaient été saisis à la frontière, on allait procéder à la mise en quarantaine afin de faire des analyses pour voir s’ils n’étaient pas malades. Mais les poussins étaient déjà sur le territoire burkinabè et les règles en la matière prévoient la destruction. Le doute doit profiter à l’élevage du Burkina ». De plus, à cause de la fameuse grippe aviaire, des mesures sanitaires d’interdiction d’échanges de volailles et de produits dérivés entre le Ghana et le Burkina existent, même si actuellement une démarche de reprise de ces échanges est en cours, notamment l’approvisionnement en poussins d’un jour. A souligner que cette démarche a abouti entre le Burkina et la Côte d’Ivoire, mais les échanges restent soumis à une autorisation d’importer et un certificat vétérinaire international du pays d’origine.
Une réglementation à respecter
Les différents collaborateurs qui accompagnaient le DG ont abondé dans le même sens, soutenant qu’ils ont agi dans l’intérêt du Burkina et des consommateurs et conformément aux textes en vigueur. Ils ont d’ailleurs invité les opérateurs économiques à prendre connaissance de cette réglementation qui conditionne les exportations et les importations d’animaux et de produits animaux au Burkina.
A propos, ces réglementations s’articulent autour d’un dispositif législatif (ZATU n°AN VII-13/FP-PRES du 22 novembre 1989 portant Code de la santé animale et ses Kiti et arrêtés d’application), d’une documentation à la charge des opérateurs économiques (autorisation d’importation ou d’exportation, certificat vétérinaire international) et de procédures d’inspection et de contrôle (documentaire, examens, identification, examens cliniques) effectués aux postes frontaliers par les services vétérinaires. Les différentes sanctions en cas d’inobservation de cette réglementation sont la consigne ou la mise en quarantaine des produits et animaux, leur refoulement, la saisie et la destruction sur place. C’est ce qui est arrivé aux poussins de Dakola. Pour ne pas arriver à cette extrême situation, Marcel Nagalo a invité les opérateurs économiques à respecter la réglementation « afin de protéger nos animaux contre les maladies transmissibles et d’assurer la sécurité sanitaire des aliments et partant assurer la santé des consommateurs que nous sommes ».
Abdou ZOURE | Lepays.bf




