Depuis quelques jours, le hall du complexe de l’hôtel Ngor Diarama accueille dans son enceinte des espaces d’expressions artistiques et d’exposition des tissus africains visant à valoriser le « Made in Africa ». C’est la richesse africaine. L’exposition est ouverte au public, dans le cadre des activités de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman).
Six mannequins habillés en tenue traditionnelle dont Linguère, en bustier avec des perles, entre autres, sont exposés à l’entrée du complexe de l’hôtel Ngor Diarama. L’exposition met en valeur la richesse et l’identité africaines. Svelte, une robe de sirène en couleur rose, un collier en vert, c’est un des mannequins exposés qui attire notre attention. Il porte la signature du défunt mannequin Katoucha Niane.
L’exposition, mais aussi des conférences, des défilés de mode sont ouverts au public. C’est dans le programme du 3ème Festival mondial des arts nègres. Meulfa (voile), wax, laine, écorce, rafia, madras indien, des rouleaux de coton tissé en bande, des bobines de coton filé, des tuniques en cuir et des perles sont exposés par l’anthropologue Anne Grosfilley Boly. Ses tissus exposés reflètent la richesse purement africaine. La symbiose de la culture africaine fait la meilleure originalité artistique sénégalaise ou africaine, que le continent africain peut accrocher à sa richesse culturelle.
Le wax, un tissu africain, qui est une étoffe fabriquée en Europe, a une particularité du paysage vestimentaire en Afrique de l’ouest. Selon l’anthropologue d’origine française, les artisanats africains ne doivent plus dépendre des produits de l’extérieur. Toutes les matières de base viennent du continent africain dont le coton, la percale, le bogolan, entre autres matières. L’Afrique étant un grand producteur, le textile doit en bénéficier dans ce domaine, surtout que le textile est l’une des richesses culturelles de l’Afrique et de la Diaspora. En Afrique de l’ouest, l’artisanat dépend également et totalement de l’industrie. C’est le cas des tisserands et des teinturiers. Ils travaillent avec du fil et du bazin industriel. Aussi, ils sont toujours à la recherche de l’approvisionnement en matières premières pour assurer une bonne production.
Selon Anne Grosfilley Boly, «L’Afrique de l’ouest a des atouts dans le secteur du textile qui est dans une tendance mondiale. Notamment le bogolan qui est une étoffe réalisée en coton filé à la main. » Et d’indiquer que « Le bogolan correspond aux besoins des artisanats », avant de donner la liste des produits : «Des pigments naturels à base d’argile, des plantes d’écorces, des feuilles de galamées, ce sont des produits d’Afrique très recherchés dans le monde entier . Quant au Kikoy, c’est un tissage porté par les pêcheurs et le Kenya le produit pour le marché occidental. Il sert à fabriquer des tarios, des serviettes éponges pour la piscine », a-t-elle-révélé.
L’exposante, anthropologue est cependant optimiste lorsqu’elle dit que l’Afrique a de l’avenir. « Ça marche très fort et l’avenir du textile africain est bel et bien en Afrique, mais aussi au-delà. Alors, je suis optimiste », a-t-elle confié.
Anne Grosfilley Boly va plus loin en soutenant que les africains sont « complexés » à porter les produits de leurs origines. Selon elle, l’Afrique n’a pas besoin de copier des modèles français. Elle a des qualités propres pour réussir. « Le seul problème c’est la distribution », conclut-elle.
Il faut faire remarquer que dans le cadre de cette exposition, les interlocuteurs se sont plutôt faits rares. D’autres exposants dont les produits étaient bien visibles, ont brillé par leur absence.
Par Awa Diouf,
Source : sudonline.sn




