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Lutte contre la corruption : Les actions-phares du ministère de l’Economie et des Finances

A tort ou à raison, l’opinion publique nationale a tendance à considérer le ministère de l’Economie et des Finances comme le haut lieu de la corruption au Burkina. En témoigne le dernier rapport du Réseau national de lutte anti- corruption (REN-LAC) dans lequel certaines de ses structures sont pointées du doigt. Cependant, plusieurs actions sont entreprises à travers le département en vue de renforcer la lutte et dissuader les éventuels faussaires.

Le phénomène de la corruption au sein du ministère de l’Economie et des Finances est en effet étroitement lié aux missions qui lui sont assignées. Avec la collecte des ressources, le paiement des dépenses et la gestion des marchés publics entre autres, les agents ont souvent face à eux des interlocuteurs qui sont prêts à tout, y compris bien entendu la corruption afin d’échapper aux différentes taxes qui leur sont imposées. Conscient de cette situation de vulnérabilité dans laquelle peuvent se retrouver les agents, les premiers responsables du ministère mènent au quotidien des actions dont l’objectif est d’une part, de prévenir le phénomène et d’autre part, de sanctionner ceux qui se seraient rendus coupables de faits de corruption et assimilés.
Ainsi, différentes structures du ministère sont engagées dans ce combat effréné contre le phénomène qui a un impact certain sur l’économie nationale au détriment du développement du pays. Compte tenu de son importance, la mise en place de nouveaux outils visant à améliorer l’efficacité et la transparence de la gestion des Finances Publiques a été réaffirmée dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) qui a servi de repère pour la mise en place de la Politique Sectorielle de l’Economie et des Finances (POSEF), dont l’axe 6 est consacré à la bonne gestion des finances publiques et à la lutte contre le faux, la fraude et la corruption.

Le combat contre la corruption se mène donc à côté de celui contre le faux et la fraude qui du reste, vont généralement de pair et produisent des effets similaires dans la gestion des finances publiques. Les structures spécialisées ont été mises en place au sein du département et sont engagées dans ce combat qu’il faut nécessairement gagner. Il y a la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF), la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), la Brigade Mixte de Contrôle Impôts-Douane (BMC), la Direction des Enquêtes Douanières (DED), la Direction des Vérifications et des Enquêtes de la Direction Générale des Impôts.

Ces structures mènent chacune des actions particulières entre autres les enquêtes, les investigations sur le phénomène de la corruption, le traitement d’informations économiques et financières ou sur le faux et la fraude, la traque des faussaires, la vérification, le contrôle de la comptabilité afin que puissent être appliquées les mesures répressives juridiques en vigueur au Burkina Faso.

A côté de ces structures dites spécialisées, existent également d’autres qui exercent dans le domaine du contrôle et de l’audit des personnes et des structures chargées de la gestion financière et comptable des budgets de l’Etat et de ses démembrements tels les EPE, les sociétés d’Etat, les projets et programmes. Ce sont l’Inspection Générale des Finances (IGF), la Direction Générale du Contrôle Financier, l’Inspection Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique et des 12 Inspections des postes comptables placées auprès des Trésoreries Régionales, l’Inspection Générale des Impôts, l’Inspection Générale des Douanes, l’Inspection Générale du Budget. Il s’agit pour celles-ci d’assurer le bon fonctionnement des services, de la bonne gestion des deniers publics et du suivi du patrimoine de l’Etat. Là également, ceux qui se seraient rendus coupables de cas avérés de malversations financières, de corruption ou autres actes contraires à l’éthique financière répondront de leurs actes conformément aux dispositions en vigueur.

Ainsi, l’action conjuguée des différentes structures du MEF impliquées dans la lutte contre le faux, la fraude et la corruption a permis d’atteindre durant les deux dernières années des résultats substantiels au titre de l’application de la réglementation financière et comptable et de la réglementation douanière et fiscale, du contrôle de la réglementation des professions, du contrôle de la qualité des produits et des services, de l’authenticité des actes administratifs et des transactions financières.

L’opérationnalisation des guichets de renseignement en 2010 au sein du ministère de l’Economie et des Finances et au niveau des régies financières permettent sans conteste de réduire et de façon significative les actes de corruption en évitant le contact direct entre les agents et les usagers.

Les actions concertées de tout le système de lutte anti- corruption produisent de résultats fort appréciables qu’il convient de reconnaître. Cependant, la garde ne doit être baissée  ; elle doit au contraire être renforcée, tant que le phénomène demeure.

La lutte contre la corruption, le faux, la fraude et le blanchiment, préoccupe donc au plus haut niveau les responsables du MEF qui en font leur cheval de bataille quotidienne. D’où la mise en place d’un réseau dense, d’organes opérationnels et de veille, afin d’intervenir efficacement, à tous les niveaux, pour s’assurer de la bonne gestion des finances publiques et pour lutter contre la corruption.

Célestin BAKOUAN

DCPM/ Ministère de l’Economie et des Finances

Sidwaya

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