Les taux d’intérêt débiteurs des pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) se sont maintenus à un niveau relativement élevé au cours de ces trois dernières années, note le rapport de la Commission de l’organisation économique sous régionale couvrant la période 2008-2010 et dont APA a obtenu copie ce mardi à Ouagadougou.
A l’échelle régionale, le taux moyen s’est établi à 7,87% en 2008 et 8,27% en 2009, contre 7,62% en 2007, précise le document.
Cette hausse d’ensemble des taux d’intérêt débiteurs semble refléter l’augmentation des besoins de liquidité des entreprises liée notamment à la baisse des recettes d’exportation et l’accroissement des risques de défaut de paiement dans le contexte de crise financière et économique internationale.
Les niveaux des taux d’intérêt sont restés différents d’un pays à l’autre entre 2008 et 2010.
La place de Dakar a enregistré le taux d’intérêt moyen le plus bas sur la période sous revue (7,30%), suivie de celle d’Abidjan (7,55%).
Les taux les plus élevés ont été notés à Niamey (11,38%), à Cotonou (11,34%) et à Bissau (10,75%).
Les taux sont ressortis à 9,28% à Ouagadougou, 9,58% à Bamako et 9,79% à Lomé.
Quant au taux de rémunération des dépôts, il est resté quasiment stable depuis 2008, année au cours de laquelle il s’est nettement accru.
Le taux moyen créditeur est passé de 4,78% en 2007 à 5,08% en 2008 et est ressorti à 5,11% en 2009 et 5,12% en 2010.
Les taux créditeurs les plus élevés sont observés au Burkina et en Côte d’Ivoire, avec des taux moyens respectifs de 5,42% et 5,24% entre 2008 et 2010.
Parallèlement à la hausse des taux d’intérêt, le flux des crédits bancaires mis en place s’est amplifié au cours des dernières années.
Les crédits mis en place en 2010 ont atteint 5.578,2 milliards de francs CFA, soit un accroissement annuel de 10,2%, après 10,4% en 2009.
De l’avis de la commission, cette évolution pourrait refléter les besoins importants de liquidité des entreprises, dans le contexte de la crise financière et économique internationale.
« Dans l’ensemble, les frais de tenue de compte, les commissions de mouvement de compte et les conditions d’ouverture de compte n’ont pas connu de changements majeurs entre 2008 et 2010.
Toutefois, la plupart des banques ne prélèvent plus de commissions de mouvement de compte ou de frais liés à l’utilisation de carte de retrait.
Les montants exigés à l’ouverture de comptes bancaires ont également varié en fonction des banques, sans connaître à l’échelle régionale, de modifications majeures », indique la Bceao dans ledit rapport.
Au sujet des ‘’comptes dormants’’, qui sont des comptes n’ayant fait l’objet d’aucune intervention depuis une durée généralement longue de la part de leur titulaire et de leur ayant droit malgré les tentatives de contact effectuée par les organismes financiers dépositaires.
La Bceao ressent un besoin pressant de mettre en place cette règlementation en vue d’assurer la sécurité juridique de tous les acteurs.
Ceci se justifie au regard des soldes des comptes concernés. En effet, selon les statistiques de l’institution, en 2006 plus de 774 689 comptes dormants, dont 56 267 au Bénin, ont été recensés au sein de l’Union.
Ils représentent des avoirs estimés à 61 milliards de francs CFA dont 3,1 milliards de francs CFA pour le Bénin.
TT/of/APA




