Connue aussi sous l’appellation « ?Ile de la paix? », l’ong belge qui est déjà présente au Burkina dans la promotion du niébé veut étendre son intervention à la riziculture. Pour ce faire, elle a fait faire une étude prospective de filière pour connaître les meilleures pratiques en vigueur dans le pays.
L’étude prospective intitulée « ? Etude filière riz du Burkina? » a été restituée le 2 mars dernier à Ouagadougou. L’ONG VECO qui a commandité cette étude veut trouver la meilleure porte d’entrée possible pour la promotion de la production du riz au Burkina Faso.
Le contexte national est favorable. Le Burkina Faso dispose d’un potentiel d’environ 500?000 ha de bas-fonds aménageables dont à peine 10% sont exploités et plus de 200?000 ha irrigables très faiblement mis en valeur. A peine 5% sont actuellement aménagés.
Du point de vue politique, il y a un réel engagement en faveur de la promotion de la production du riz. Depuis la crise alimentaire de 2008, le gouvernement burkinabè a mis en place des mesures incitatives qui ont produit des résultats extraordinaires. Les résultats sont quasi miraculeux. La production du riz a fait un bond de 200% de 2008 à 2009. Pour cette campagne 2010 la dynamique de soutien gouvernemental a occasionné une nouvelle évolution de la production de 9% environ. La production du paddy est aujourd’hui de plus de 213?000 tonnes contre à peine 100?000 tonnes en 2007. Il y a encore des marges de progression si la mobilisation ne faiblit pas.
VECO veut soutenir cette dynamique selon sa philosophie d’intervention basée sur la valorisation des agriculteurs familiaux pour leur permettre de vivre dignement de leur travail, dans le cadre d’une agriculture respectueuse de l’environnement.
L’étude filière qu’elle a commandité pour lui servir de porte d’entrée a inventorié les meilleures pratiques suivantes en matière de production du riz (les meilleures pratiques sont celles qui concourent à une augmentation de gain (productivité, revenu monétaire).
Ce sont : La pratique de la mise en place d’un fonds de roulement, la mise en place d’un système de producteurs semenciers, le compostage en tas de la paille de riz, la promotion d’un système d’irrigation d’appoint dans les bas-fonds, la promotion des technologies et des équipements post-récolte et l’organisation des étuveuses (expérience de Bama et du Bénin) et la promotion du tri-conditionnement-emballage (expérience PRP et Bagré).
VECO dispose donc désormais d’un outil pour réussir son intervention en faveur de la production du riz au Burkina. Tirant leçon de son intervention au Bénin dans la production du riz, VECO, selon certaines indiscrétions voudrait soutenir encore plus les associations des étuveuses, un maillon essentiel dans la valorisation et la promotion de la production du riz. Le représentant de l’ONG, dont le siège est à Cotonou au Bénin, le Burkinabè Amidou Diallo a promis que des décisions seront prises incessamment
Newton Ahmed Barry
La production du riz au Burkina en quelques chiffres
La production nationale de riz couvre à peine 30 % des besoins de la population. Paradoxalement, le Burkina dispose d’un potentiel immense non encore exploité dans le domaine de la riziculture?: environ 500?000 ha de bas-fonds aménageables dont moins de 10% sont aujourd’hui aménagés et plus de 233 500 ha irrigables dont moins de 5 % sont actuellement mis en valeur. Le pays a recours annuellement à des importations de riz?; celles-ci ont pratiquement triplé en l’espace de 10 ans, passant de 137 185 tonnes en 1998 à 305 180 tonnes en 2006 pour des valeurs respectives de 26,8 milliards à plus de 37,8 milliards de F CFA. On estime qu’à l’horizon 2015, ces importations pourraient atteindre 400 000 tonnes, pour une valeur de plus de 130 milliards de F CFA (MAHRH, 2009a). En 2010 le gouvernement a subventionné la production du riz pour environ 10 milliards de francs CFA.
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