lundi, octobre 5, 2026
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L’industrie japonaise contrainte de tourner au ralenti

Confronté aux dégâts du séisme et du tsunami, aux coupures d’électricité et à des difficultés chez des sous-traitants, l’appareil industriel nippon prévoit plusieurs jours de perturbations.

Trois jours après le très violent séisme survenu dans le nord-est de l’île de Honshu, suivi d’un tsunami dévastateur dans la région côtière de Sendai, à 300 kilomètres au nord de Tokyo, des pans entiers de l’industrie nippone étaient paralysés hier. Aux dégâts directs causés par le tremblement de terre et, surtout, le tsunami, se sont ajoutées les conséquences des coupures de courant tournantes décidées en urgence dans la région de Tokyo pour faire face à la pénurie d’électricité induite par la fermeture de 11 réacteurs nucléaires. Ces délestages touchaient aussi bien les entreprises, au premier rang desquelles la métallurgie, grosse consommatrice d’électricité, que leurs salariés : ces derniers avaient hier le plus grand mal à se déplacer dans l’aire métropolitaine de Tokyo, du fait d’une très forte chute du trafic ferroviaire.

Face à cette accumulation de contraintes, auxquelles s’ajoutent les difficultés de production de nombreux sous-traitants présents dans le nord-est du Japon, l’industrie automobile nippone, habituée à travailler en flux tendus, a dû se résigner à arrêter sa production pour plusieurs jours. Toyota, le leader mondial du secteur, a ainsi fermé hier ses 12 usines dans l’Archipel jusqu’à au moins demain mercredi. Ces trois jours d’arrêt représentent une réduction de production de 40.000 véhicules au total et, selon une estimation de Goldman Sachs, une perte quotidienne de 6 milliards de yens (53 millions d’euros).
L’auto chute à la Bourse de Tokyo

Ses concurrents Nissan -dont 2.300 véhicules ont été endommagés par le tsunami -, Honda, Mazda ou Mitsubishi Motors ont pris des mesures similaires, Honda décidant même l’arrêt de toutes ses usines pour au moins une semaine, à l’exception d’un centre de production de deux-roues situé dans l’île méridionale de Kyushu, qui devrait rouvrir demain.

Dans ces conditions, les titres des groupes automobiles japonais ont fortement chuté hier à la Bourse de Tokyo : -7,9 % pour Toyota, -9,5 % pour Nissan (et – 6,32 % à Paris pour son actionnaire Renault, pénalisé en outre par l’affaire de présumé espionnage), ou encore -12 % pour Mitsubishi Motors.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’industrie électronique est elle aussi désorganisée (lire ci-dessous). Elle connaît en outre une contrainte supplémentaire : certaines de ses usines risquent de ne pas pouvoir redémarrer à très brève échéance, du fait des délais nécessaires pour vérifier l’état de machines travaillant avec une précision extrême. « En cas de fort séisme, les usines japonaises sont tenues d’attendre le feu vert d’experts industriels, qui s’assurent que les bâtiments et l’appareil productif sont bien en état de redémarrer, explique Patrick Chardin, le directeur général de Sharp France. Il y a parfois des dégâts qui ne sont pas immédiatement visibles, il faut toujours être très prudent. »
Inquiétudes en Allemagne

Mondialisation oblige, la désorganisation de l’appareil industriel nippon pourrait bien, en cas de lent redémarrage, faire ressentir ses effets dans d’autres pays. Gros acheteur de composants japonais, le secteur allemand de la machine-outil s’inquiète d’ores et déjà d’une possible contraction des importations en provenance du Japon qui pourrait handicaper le cycle de production en Allemagne, soulignait hier Ralph Wiechers, l’économiste de la fédération allemande de la machine-outil.

M. A., C. B. et J.-P. L., Les Echos

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