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L’industrie allemande veut prospecter les gisements de terres rares

L’initiative de l’industrie allemande pourrait paraître décalée. Pourquoi tant d’empressement à développer la prospection des terres rares hors de Chine, alors que leur prix s’est effondré depuis six mois, malgré le quota chinois ? La bulle qui avait grossi autour de ces 17 métaux – non pas rares mais dont la Chine était quasiment devenu le seul producteur au monde – a éclaté l’été dernier. La demande en terres rares, utilisées mélangées dans la sidérurgie et la fonderie, ou séparées dans l’industrie du verre et l’électronique, a fini par être découragée par les prix alors que la crise ralentissait l’activité. Finalement la Chine n’aura même pas vendu la moitié de son quota de l’an dernier !

Pourtant, Pékin a récidivé cette année. Mais en créant trois quotas différents : pour les terres rares légères, semi-légères et lourdes, avec un quota extrêmement réduit pour ces dernières. Volonté délibérée de la Chine puisque ces terres rares lourdes, telles que l’europium et le néodyme, sont les plus recherchées pour fabriquer les lasers ou les aimants hyperpuissants des éoliennes et des moteurs de véhicules hybrides – autrement dit les industries d’avenir. Des industries vertes où l’Allemagne, mais aussi les Etats-Unis et le Japon ne veulent pas perdre leur avance. La Chine, elle, cherche à acquérir leurs technologies, en échange de ses terres rares lourdes, dont elle resserre les exports.

On comprend mieux dans ce contexte l’offensive de l’industrie allemande, qui vient de créer une entreprise habilitée à investir dans de nouveaux gisements de terres rares hors de Chine. Les ressources sont vastes sur la planète : aux Etats-Unis l’extraction a redémarré, on songe à la lancer en Russie, au Kazakhstan, mais aussi en Finlande et jusqu’en Saxe allemande. Le problème, c’est la rentabilité des projets. « Quelle part de terres lourdes ou légères on trouvera à l’arrivée, c’est un peu la loterie », commente notre expert. Sans compter les craintes légitimes des populations vis-à-vis des résidus radioactifs des co-produits des terres rares, que sont le thorium et l’uranium. C’est ce qui a déjà retardé la mise en route des projets de l’australien Lynas en Malaisie et au Malawi.

RFI

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