La conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a publié un rapport le 11 juillet faisant état des avancées et des reculs du développement industriel de l’Afrique et présente ses recommandations. Le Secours Catholique table sur le développement d’une industrie au service de l’agriculture.
La Cnuced a rendu public le 11 juillet son dernier rapport sur le développement économique de l’Afrique, et plus particulièrement sur son développement industriel. « L’Afrique a besoin d’une nouvelle politique industrielle pour induire une mutation économique qui permettra de lutter contre la pauvreté », a affirmé Norbert Lebale, responsable de la section Afrique de la Cnuced, lors de la présentation du rapport à Paris.
Le secteur industriel africain reste faible
Toutefois ce dernier rappelle que le secteur de l’industrie « demeure modeste sur le continent africain. » Il ne représente que 10 % de l’économie africaine contre 13 % en 2000. Par ailleurs, la part de l’Afrique dans la production manufacturée mondiale est très faible (1 % de l’exportation des produits manufacturés). « L’Afrique perd du terrain et dépend de l’importation de produits manufacturés », avertit Norbert Lebale. La Cnuced constate également que les résultats des politiques industrielles africaines mises en place dans les années 1970 varient considérablement d’un pays à l’autre. « Nous avons classé les pays selon leur part industrielle dans la production du pays et selon la croissance de la production industrielle entre 1990 et 2010, explique Norbert Lebale. Certains pays sont “en avance” mais de nombreux pays accumulent un retard voire même sont encore en phase initiale d’industrialisation. »
Des politiques industrielles en accord avec l’environnement mondial
La Cnuced recommande donc de ne pas définir une politique unique pour tous les pays africains mais de tenir compte du niveau d’industrialisation de chaque pays. Par ailleurs, chaque stratégie d’industrialisation doit prendre en compte le nouvel environnement mondial. « Le changement des règles du système commercial multilatéral, la question du changement climatique, la prise en compte de la chaîne des valeurs et la question de l’équilibre macroéconomique sont des points essentiels à intégrer dans les stratégies d’industrialisation des pays africains », assure Norbert Lebale.
L’industrialisation ne doit pas se faire au détriment de l’agriculture
Pour renforcer la sécurité alimentaire, il faut intégrer le développement agricole dans le programme de développement de l’Afrique, note la Cnuced dans son rapport. En outre, compte tenu de la structure actuelle du patrimoine de la région et de son niveau de développement, il est évident que le secteur agricole continuera d’être, à court et moyen terme, une source majeure de revenus, d’emplois et de devises. « L’industrialisation de l’Afrique ne doit pas se faire aux dépens de la production agricole », avertit Norbert Lebale.
Une industrie au service de l’agriculture
« L’Afrique de l’Ouest compte très peu d’industries, explique Marianne Le Gall Diongue, chargée de projet au Secours Catholique sur cette zone. Il faudrait avant tout développer dans la région une industrie qui soit favorable à l’agriculture, c’est-à-dire qu’elle apporterait une valeur ajoutée aux produits agricoles. » Le Secours Catholique permet déjà, à petite échelle, à des agriculteurs africains de transformer leurs produits agricoles afin de les valoriser (presse à l’huile, moulin à mil, etc.)
« L’industrialisation de l’Afrique est indispensable pour endiguer la pauvreté. Pour se développer, l’agriculture a besoin de l’industrialisation et donc de réglementations douanières, d’infrastructures, d’intrants et de réformes foncières », explique Jacqueline de Bourgoing, chargée de projet Afrique. Le Secours Catholique prône donc une industrialisation au service de l’agriculture pour répondre à l’insécurité alimentaire et au lent développement économique de l’Afrique.
Clémence Richard
Secours-catholique.org




