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L’importance du rôle des citoyens dans la lutte contre la corruption

Pour que la lutte contre corruption soit efficace, la société civile, notamment les organisations à but non lucratif et les militants individuels, doit exiger des pouvoirs publics la transparence et l’intégrité, ont déclaré les hôtes d’une conférence internationale tenue à Bangkok.

Les succès des organisations du secteur associatif, formelles et informelles, ont fait l’objet d’une analyse détaillée lors de la Conférence internationale contre la corruption qui s’est ouverte le 10 novembre à Bangkok. Organisée conjointement par Transparence International (TI), une organisation mondiale de lutte contre la corruption, et le gouvernement de la Thaïlande, cette manifestation a rassemblé plus de 1.000 militants, experts, enseignants, chercheurs, journalistes et fonctionnaires de l’État du monde entier.

Au cours de la décennie écoulée, les négociations menées par les autorités gouvernementales ont abouti à la formulation et à l’adoption de conventions régionales et internationales, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption et la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales, sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques. « Mais les démarches orientées du sommet vers la base ont leurs limites », a noté Huguette Labelle, présidente de Transparence International.

En l’absence d’une implication active de la société civile, a-t-elle dit, ces accords risquent fort de ne pas être appliqués très rigoureusement dans de nombreux pays. Les groupes non gouvernementaux peuvent faire pression en faveur de la transparence, surveiller l’application des lois contre la corruption et sensibiliser le public à l’importance de la bonne gouvernance.

Importance d’un soutien orienté de la base vers le sommet

De nombreux pays se sont dotés d’organismes officiels de lutte contre la corruption, mais selon les experts participant à un débat sur le sujet, peu se sont montrés disposés à affronter véritablement les défis. Le succès de ces organismes, disent les experts, dépend des pouvoirs qui leur sont conférés, de la détermination et de l’intégrité de leur personnel, de leurs ressources et de leur indépendance.

Les organismes anti-corruption les plus efficaces obtiennent le soutien de la population et des organisations non gouvernementales pour vaincre les résistances que leur opposent certains groupes puissants qui se sentent menacés par les activités de lutte contre la corruption.

C’est ainsi, par exemple, que la Commission d’éradication de la corruption de l’Indonésie, établie en 2002 et doté de larges pouvoirs d’enquête et de poursuites judiciaires, a obtenu des taux de condamnation élevés dans des affaires de pots-de-vin et de corruption en rapport avec les marchés publics et le budget de l’État. Mais en s’en prenant à des hauts fonctionnaires et à de grands entrepreneurs, elle s’est fait de puissants ennemis qui ont essayé, en 2009, de ternir sa réputation. Les pressions exercées par les fonctionnaires et les entrepreneurs corrompus ne se sont atténuées qu’après que des manifestations eurent été organisées dans plusieurs villes et qu’une campagne publique sur Facebook fut venue à la défense de la Commission. « Grâce à la société civile, nous pouvons continuer d’œuvrer à notre mission », a déclaré Mochammad Jasin, vice-président de la Commission.

Lutter contre la corruption exige du courage, a noté Mme Labelle, et il est des pays où cela peut être extrêmement dangereux. Certains militants anti-corruption en vue ont été assassinés, harcelés ou poursuivis en justice sous de fausses accusations. La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton, dans son message vidéo adressé aux participants à la conférence, a dit avoir rencontré « des citoyens qui craignaient pour leur vie (…) menacés par les autorités gouvernementales et les forces armées de leur propre pays ». Mais elle a précisé que le travail des militants de la lutte contre la corruption faisait une différence dans l’existence de leurs compatriotes. Et, a-t-elle ajouté, « les États-Unis sont vos partenaires dans cette lutte ».

Par Andrzej Zwaniecki,

Source : America.Gov

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