Renforcer la libre circulation des personnes et des biens, le droit de résidence et d’établissement dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). C’est à cette fin que le comité national de suivi sensibilise, du 2 au 5 avril 2012, des opérateurs économiques, transporteurs, commerçants, des représentants d’organisations de la société civile, des agents de l’Etat… aux textes communautaires. « En tant qu’acteurs de terrain, cet atelier vous offre l’occasion, non seulement d’avoir une meilleure connaissance de ces textes, mais aussi et surtout, d’engager des réflexions interactives sur les entraves à leur mise en œuvre dans notre pays », a relevé le ministre délégué à la Coopération régionale, Vincent Zakané. Il a cité à cet effet, le 14e rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) qui montre que les tracasseries routières sur les axes inter-Etats de l’Afrique de l’Ouest font perdre aux Etats, plusieurs milliards de FCFA. « Il vous revient donc de vous investir dans la mise en œuvre effective des textes de la CEDEAO et de l’UEMOA sur la libre circulation des personnes et des biens », a ajouté Vincent Zakané.
En outre, ces acteurs de terrain, directement impliqués dans la mise en œuvre de la libre circulation des personnes et des biens, auront l’opportunité de jeter un regard critique sur les conditions d’application des textes et de proposer des mesures concrètes à même de rendre effectives ces mesures. Le ministre Zakané a rappelé l’importance de la libre circulation, maillon essentiel de tout processus d’intégration. « La zone de libre échange accroît les échanges intercommunautaires et renforce la coopération entre les Etats membres, tout en développant la solidarité entre les différents peuples de l’espace communautaire », a dit le ministre délégué à la Coopération régionale.
Il a rappelé les textes adoptés par la CEDEAO et l’UEMOA, en la matière, depuis 1979. Plus récemment, les deux organisations sous-régionales se sont dotées d’une nouvelle vision 2020 qui fait de l’intégration des peuples ouest-africains, la clé de voûte de l’intégration régionale et de la libre circulation des personnes et des biens, la pierre angulaire de l’édifice communautaire. Grâce à l’application de ces textes, des progrès importants ont été réalisés dans le processus d’intégration sous-régionale, faisant de l’Afrique de l’Ouest, un des espaces les mieux intégrés en Afrique. Parmi ces progrès, on relève particulièrement « la suppression des visas d’entrée » dans les pays membres, pour les ressortissants ouest-africains, « la mise en place d’un carnet de voyage CEDEAO, la mise en circulation d’un passeport CEDEAO dans la plupart des Etats membres et l’institution d’une citoyenneté ouest-africaine ».
Toutefois, divers entraves demeurent, au nombre desquelles : les contrôles intempestifs sur les différents corridors des deux espaces communautaires, les tracasseries, les perceptions illicites, les fraudes et autres pratiques anormales. Autant de freins à la réalisation de ce « chantier communautaire, vieux de plus de trente ans ». Les organisateurs de l’atelier ont foi que si ces entraves s’expliquent en partie par l’appât du gain facile, elles sont aussi et surtout, le produit de la méconnaissance des textes communautaires par les principaux acteurs chargés du contrôle, de même que les usagers des routes communautaires.
Bachirou NANA | Sidwaya.bf




