lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéLes limites du marché informel en Afrique

Les limites du marché informel en Afrique

Les éco­no­mies afri­caines se ca­rac­té­risent par la forte dua­li­té du mar­ché de l’em­ploi: le mar­ché du tra­vail for­mel et le mar­ché du tra­vail in­for­mel. Tou­te­fois cette co­exis­tence l’éco­no­mie for­melle et in­for­melle pré­sente plu­sieurs avan­tages mais aussi des in­con­vé­nients.

L’éco­no­mie in­for­melle en­globe 72 pour cent des em­plois en Afrique sub­sa­ha­rienne, selon le Bu­reau in­ter­na­tio­nal du tra­vail (BIT). L’in­ca­pa­ci­té des éco­no­mies à créer le nombre d’em­plois né­ces­saires pour ab­sor­ber la main-​d’œuvre, consti­tue l’une des causes de l’ex­pan­sion de l’éco­no­mie non-​for­melle.

Le sec­teur in­for­mel s’ins­crit comme un vé­ri­table poids de l’éco­no­mie

Ce sec­teur est ca­rac­té­ri­sé par de graves dif­fi­cul­tés de pro­tec­tion so­ciale, de mau­vaises condi­tions de tra­vail et de pré­ca­ri­té de l’em­ploi. Il offre tou­te­fois à de nom­breuses fa­milles en Afrique, la pos­si­bi­li­té d’as­su­rer leur mi­ni­mum vital en cas de dé­té­rio­ra­tion des condi­tions de tra­vail.

Les pays afri­cains ont des dé­fi­ni­tions dif­fé­rentes du mar­ché in­for­mel, c’est pour­quoi il s’avère dif­fi­cile d’éva­luer son am­pleur. Le sec­teur in­for­mel pour­rait être dé­fi­nit comme l’en­semble d’unité de pro­duc­tion, de ser­vices et de com­merce, ayant un mode de ges­tion qui n’est pas celui du sec­teur mo­derne (en par­ti­cu­lier, l’ab­sence de comp­ta­bi­li­té nor­ma­li­sée).

Une en­tre­prise ap­par­tient au sec­teur in­for­mel, si elle est ca­rac­té­ri­sée par une or­ga­ni­sa­tion tra­di­tion­nelle du tra­vail, no­tam­ment parce qu’elle em­ploie des ap­pren­tis.

Le mar­ché in­for­mel, une constante afri­caine

Ce mar­ché réunit la qua­si-​to­ta­li­té des at­tri­buts d’un mar­ché concur­ren­tiel. On re­trouve le sec­teur in­for­mel à tous les de­grés de l’échelle. Ainsi au Ca­me­roun, le sys­tème d’ap­pren­tis­sage consiste en une for­ma­tion sur le tas au sein d’une en­tre­prise.

En Tu­ni­sie, le sec­teur in­for­mel consti­tue un champ d’in­té­rêt pour les re­cherches em­pi­riques qui es­sayent de dé­ter­mi­ner les com­por­te­ments et la ra­tio­na­li­té des agents opé­rant dans ce sec­teur.

En Afrique du Sud, l’ac­cent est mis sur le sys­tème édu­ca­tif. L’ob­jec­tif est d’amé­lio­rer la qua­li­té des écoles, une étape in­dis­pen­sable pour ré­duire les in­éga­li­tés et ainsi per­mettre l’en­trée sur le mar­ché for­mel dans les bonnes condi­tions.

Le mar­ché du tra­vail à sa propre dy­na­mique

Les mar­chés du tra­vail contem­po­rains sont de­ve­nus plus seg­men­tés que ja­mais, pro­dui­sant de nou­velles dy­na­miques. Il faut aussi prendre en compte que le nombre de femmes qui ont in­té­gré le mar­ché for­mel du tra­vail a subi une forte ex­pan­sion pen­dant les deux der­nières dé­cen­nies. L’his­toire, l’éco­no­mie, la dé­mo­gra­phie et la so­cio­lo­gie de cette pré­sence et de ce rôle gran­dis­sants dans les mar­chés du tra­vail vont dans le bons sens.

En outre l’Afrique est par­ve­nue de nos jours, à équi­li­brer son po­ten­tiel éco­no­mique et à ac­croître son ni­veau de pro­duc­tion grâce au phé­no­mène de mon­dia­li­sa­tion et à sa force dans le mar­ché du tra­vail. Pour ac­croître ces po­ten­tiels, il faut veiller à ré­duire la part de cette éco­no­mie pa­ral­lèle, qui nuit de par sa na­ture, à la fis­ca­li­té et à la crois­sance.

L’ob­jec­tif des gou­ver­ne­ments afri­cains est donc de mettre en place des stra­té­gies et pro­grammes pour ap­puyer le sec­teur in­for­mel et fa­ci­li­ter sa tran­si­tion vers l’éco­no­mie for­melle.

Source : Afrique Avenir

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular